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Poésie

Posts Tagged ‘souffle’

Puis allant et venant (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



 

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Puis allant et venant, qui rôde
hors nous dans la lumière, quel souffle
avivant quoi, perdant
trace, cherchant ?
— Musette du soleil rouge.

(Pascal Commère)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Pourquoi si peu de musique (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



Les feuilles au souffle confus,
Le vent noir les fait frissonner
Et l’hirondelle frémissante
Trace un cercle dans le ciel sombre.

La ténèbre qui s’épaissit
Discute en mon coeur doucement
(Mon tendre coeur agonisant)
Avec le rayon qui s’éteint.

Sur la forêt qu’enveloppe le soir
Paraît une lune de cuivre.
Mais pourquoi si peu de musique
Quand il fait un si grand silence ?

(Ossip Mandelstam)

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Le souffle (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Que je dorme
M’assoupisse veille

Une chose me relie
A l’ensemble

Tant que je respire
Je ne suis coupé
De rien

Une maille à l’envers
Une maille a l’endroit

Le souffle tricote
L’univers

(Werner Lambersy)

Illustration: Francois Schlesser.

 

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Dans les bois (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



 

Dans les bois

D’autres, – des innocents ou bien des lymphatiques, –
Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
D’autres s’y sentent pris – rêveurs – d’effrois mystiques.

Ils sont heureux! Pour moi, nerveux, et qu’un remords
Épouvantable et vague affole sans relâche,
Par les forêts je tremble à la façon d’un lâche
Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l’onde,
D’où tombe un noir silence avec une ombre encor
Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
Me remplit d’une horreur triviale et profonde.

Surtout les soirs d’été: la rougeur du couchant
Se fond dans le gris bleu des brumes qu’elle teinte
D’incendie et de sang; et l’angélus qui tinte
Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
Et repasse, toujours plus fort, dans l’épaisseur
Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
Et s’éparpille, ainsi qu’un miasme, dans l’espace.

La nuit vient. Le hibou s’envole. C’est l’instant
Où l’on songe aux récits des aïeules naïves…
Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
Font un bruit d’assassins postés se concertant.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

Margarita Sikorskaia - Tutt'Art@ (18)

EUSSE-JE ailleurs trouvé l’amour? — le jour s’endort
A l’occident, reviens : ne t’ai-je pas menée
Où flotte le parfum suave d’un rêve mort,
Ó Berthe, ô ma Gretchen, ô ma douce Renée?

… Tes grands yeux, et ta natte ingénue, et ta voix
Rieuse et musicale en naïves répliques,
Et ta candeur céleste alors que tu m’expliques
Les pourquoi fabuleux des choses que tu vois…

Heure unique d’amour inconsciente et chaste,
Crépuscule brûlant d’un radieux été; —
Oh! l’Idylle candide et tendre que c’était,
Malgré que soit venu cet autre soir néfaste.

Assis à tes genoux, dans l’ombre où se noyait
Ta forme, j’écoutais ta voix, comme en extase :
Chaque contour naïf me semblait une phrase;
Les mots inespérés et fous, que m’envoyait

Le souffle printanier de ta lèvre mutine,
Paraissaient onduler à l’entour de ton corps :
Pour moi, couleurs et sons se confondaient, alors,
En l’ivresse d’aimer une femme enfantine…

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

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Ton regard me défie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



Ton regard me défie.
Le souffle de l’embrun
Caresse ton sein brun
Que mon chant glorifie.

L’étreinte ratifie
L’entente entre nous.
Je t’honore à genoux
Et je te déifie.

A toi je le confie
Mon grand péché mortel
Et sur son bel autel
L’amour nous sanctifie

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: André Masson

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Un dur labeur le souffle (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pas un soleil l’oiseau
Pas une femme l’amour
pas une plage le jour
Pas une voile la vie.
Que des mots les mots,

Le ciel pas un palais
Pas un songe les yeux
Ni l’ami un bonheur
Ni l’enfant un royaume.

Un dur labeur le souffle.

(Georges-Emmanuel Clancier)

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Pourquoi tarder? (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pourquoi tarder? Dans le pin l’écureuil
de sa queue en torche frappe l’écorce.
Le croissant de lune descend et sa corne
au soleil s’émousse. I1 fait jour.

Un souffle, et la fumée indolente tressaille,
elle se défend au point qui t’enclôt.
Rien ne finit, tout s’achève lorsque, foudre,
tu quittes le nuage.

***

Perché tardi? Nel pino lo scoiattolo
batte la coda a torcia sulla scorza.
La mezzaluna scende col suo picco
nel sole che la smorza. E giorno fatto.

A un soffio il pigro fumo trasalisce,
si difende nel punto che ti chiude.
Nulla finisce, o tutto, se tu fôlgore
lasci la nube.

(Eugenio Montale)

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Lorsque parait la lune citadine (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Lorsque parait la lune citadine sur les places
Et la ville assoupie s’en illumine lentement,
Et la nuit s’épaissit, pleine de cuivre et de mélancolie,
Et la cire mélodieuse au temps cruel fait place;

Et le coucou gémit au sommet de sa tour de pierre,
Et la blême moissonneuse, en ce monde sans souffle descendue,
Fait bruire doucement les énormes aiguilles d’ombres
Et répand la paille jaune sur le plancher de bois…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Alina Maksimenko

 

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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