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Poésie

Posts Tagged ‘souffler’

Qu’elle soit le feu (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



Qu’elle soit le feu

Que ma voix circule entre les mots,
qu’elle n’en fasse pas des idoles
mais les icônes de ce qui vient.
Qu’elle soit ce souffle comme toi
qui passe et qui jamais ne s’arrête,
qu’elle fasse entendre le silence
qui n’est pas l’envers de la parole
mais sa force. Qu’elle soit le feu
qui, comme toi, traverse la nuit.

(Jacques Ancet)


Illustration

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RIEN QU’UN ENCLOS (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2020



RIEN QU’UN ENCLOS

Rien qu’un enclos et les bergers
descendus, un à un, des cimes,
dans l’odeur chaude des toisons,
et voici que le jeu commence.
Nous sommes là, ceux de la terre,
à souffler dans les coquilles
nos songes nés entre les seins,
bêtes et gens, dans nos haleines,
à guetter le sens de la chair.
Nous sommes là, ceux de l’absence,
l’appel des autres dans nos voix ;
rien qu’une palme sur le ciel
où Dieu caché ne répond pas.

(Géo Libbrecht)

Illustration: Ernest Biéler

 

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RENAISSANCE (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



RENAISSANCE

Galerie de l’âme… L’âme enfant!
Sa claire lumière rieuse;
et la petite histoire,
et la joie de la vie nouvelle…

Ah! renaître à nouveau, parcourir le chemin,
en ayant retrouvé le sentier perdu!

Et de nouveau sentir dans notre main
cette palpitation de la bonne main
de notre mère… Et cheminer en rêves
par amour de la main qui nous mène.

*

Dans nos âmes tout est gouverné
par une main mystérieuse.
Incompréhensibles, muettes,
nous ne savons rien de nos âmes.

Les plus profondes paroles du sage
nous enseignent ce que nous disent
le sifflement du vent qui souffle,
ou le murmure des eaux qui coulent.

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Le Père Noël existe (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019




Le Père Noël existe

A Melbourne en décembre
on souffle on brûle
on fait des pâtés devant la mer on folâtre
nu et loin de l’âtre.
Les enfants lapons voudraient un Père Noël noir
C’est lassant la neige du bout au bout de l’an.
Ils ont écrit jusqu’en Afrique
et dans l’autre Amérique.
Mais les nègres gardent le leur
un gentleman de couleur
qu’ils appellent Saint-Béni
à Bogota
Colombie
au son des sambas.

Les Noëls de Paris
ont les yeux gris.
Les Noëls de ma vie
se font des cheveux gris.
Si j’avais su
je n’aurais pas grandi.
Serais resté petit.

(Armand Lanoux)


Illustration

C’est VRAI!! je l’ai VU!!  

cf: https://arbreaphotos.wordpress.com/2016/12/21/19122016-au-23122016-22-center-parcs-de-normandie-les-bois-francs-rando-aller-retour-vers-verneuil-sur-arve-25-kms/

Allez!!
POUR L’AMBIANCE! 🙂

 

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Au moment du départ (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



Illustration: Itō Shinsui
    
Au moment du départ
tous les voyageurs
soufflent une haleine blanche

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Quand se met à souffler ce vent d’automne (Kokinrokujô)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



Quand se met à souffler ce vent d’automne
qui nous glace le coeur
On jugererait qu’il est de ces choses
qui n’ont pas de couleur

(Kokinrokujô)


Illustration: Egon Schiele

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Du bon usage de la fatigue (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Hélène Hugon
    
Du bon usage de la fatigue

J’ouvre les yeux. Je lis un mot. Je songe. Je ferme
les yeux. J’écoute.

Je rouvre les yeux. Je lis un mot. Je me souviens. Je
songe. Je remonte en arrière. Je ferme les yeux. Quelle
heure est-il ? J’écoute. Le temps passe.

Je rouvre les yeux. Me lever. Je lis un mot. Je voudrais me lever.
Je me souviens. Je n’arrive pas à me lever.
Je songe. J’accumule peu à peu la volonté de me lever. Je
remonte en arrière. Encore un effort. Je ferme les yeux.
Pas trop d’effort ! Quelle heure est-il ? Je n’en peux plus.
J’écoute. Je soupire. Le temps passe. Je souffle.

Je rouvre les yeux. Attendez ! Me lever. Un instant.
Je lis un mot. Cette chaleur dans le dos. Je voudrais me
lever. Cette douleur dans les yeux. Je me souviens. Ce
frisson. Je n’arrive pas à me lever. Cette liquéfaction. Je
songe. Cet épaississement. J’accumule peu à peu la
volonté de me lever. Cet amincissement. Je remonte en
arrière. Je sombre. Encore un effort ! Je nage. Je ferme
les yeux. Je remonte. Pas trop d’effort ! Un peu de courage.
Quelle heure est-il ? Laissez-vous aller ! Je n’en
peux plus. Je ne peux pas encore. J’écoute. Laissez-moi
aller ! Je soupire. Laissez-moi me lever ! Le temps passe.
Le temps presse. Je souffle. J’ai réussi à me lever.

L’univers se retourne et s’aère dans nos lits défaits.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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PERSONNE NE VIENDRA (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Marc Chagall
    
PERSONNE NE VIENDRA

Dans les bougeoirs brûle la cire,
Calme maison.
Une main, les soufflant, renverse
Les lumignons.

Une autre main soudain s’approche
Les rallumant.
La mère porte un grand suaire
Pour vêtement.

Le père est assis, qui ne bouge
Et ne se plaint –
Mais ce qu’il a dit, quand il parle,
Nul n’en sait rien.

Quelqu’un surgit, et la seconde
Aussitôt sort –
Une autre bougie renversée,
S’éteint encore.

Par la fenêtre à demi close
Regarde alors
L’astre du matin, blanc et rouge,
Le clair d’aurore.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOTRE VILLE FLAMBE (Mordehaï Gebirtig)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
NOTRE VILLE FLAMBE

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
C’est notre ville, hélas, qui flambe,
Des vents cruels, des vents de haine
Soufflent, déchirent, se déchaînent
Les flammes sauvages s’étendent
Aux environs déjà tout flambe.

Et vous, vous êtes là, vous regardez
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe
C’est notre ville, hélas, qui flambe
Et les flammes carnassières
Dévorent notre ville entière
Et les vents de colère hurlent
Notre ville brûle.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Oh l’heure peut venir, hélas
Où notre ville et nous ensemble
Ne serons plus rien que des cendres,
Seuls resteront, comme après une guerre,
Des murs noircis, des murs déserts.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Il n’est de salut qu’en vous-mêmes,
Prenez les outils, éteignez le feu,
Éteignez-le de votre propre sang.
Vous le pouvez, alors prouvez-le !

Ne restez pas ainsi, frères, à regarder,
Les mains immobiles,
Frères, n’attendez pas, éteignez l’incendie
Qui brûle notre ville.

(Mordehaï Gebirtig)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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RÉCONFORTEZ (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
RÉCONFORTEZ

Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort,
Ne soyez pas le vent qui éteint la flammèche,
Attisez-la plutôt, car la nuit est poison!
Versez de l’huile encore, époussetez la mèche,
Car la nuit est venin et le sommeil est mort !
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort.

Faites son coeur plus ferme et plus fort son esprit!
L’on a vu s’embraser déjà plus d’une nuit
Être victorieux déjà plus d’un combat
Où le drapeau jamais de nos mains ne tomba!
Il se dresse – aussi fort que muraille de fer
Dans le chaos de mer dont bouillonnent les lames,
Ô faites fort mon peuple et soufflez sur sa flamme !

Ô faites fort mon peuple et qu’il ne s’affaiblisse !
Que les forces de vie radieuses jaillissent
En colonne de feu dans la nuit qui surgit!
La nuit chante, veillant le jour comme vigie !
Décochez, flèche d’or, son rayon lumineux
Pour saluer là-haut la colonne de feu!
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort,
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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