Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘souffler’

Je ne vois rien (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2019




    

Je ne vois rien. Je suis
Dedans. Qui n’a pas de limites.
Informel informulé.
Et ceci qui se gonfle et souffle
N’est pas poème.

(Jean Tortel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu cherches ne cherche pas (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



Giampaolo Ghisetti -  (35)

Tu cherches ne cherche pas
si le vent souffle j’offre ma poitrine
et s’il y a un grand amour dans mes yeux
je le cache dans mes paupières chevelues

tu cherches ne cherche pas
si le vent poussait dans le bon sens
il collerait mon corps au tien
mais le vent passe et ignore
et nous passons

si tu veux nous danserons nus sous des voiles
dans la prairie de ton château
si le vent souffle dans le bon sens
il plaquera les voiles sur nos corps

alors tu ne chercheras plus
mais il faut que le vent souffle
dans le bon sens

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pendant que vostre main docte … (Rémy Belleau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Lauri Blank _1

Pendant que vostre main docte …

Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.

(Rémy Belleau)

Illustration: Lauri Blank

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Souffle sur moi aussi, vent (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Amir Or
    
Souffle sur moi aussi, vent,
apprends-moi à bercer
les mots grâce à mon esprit

(Amir Or)

 

Recueil: Entre ici et là
Traduction: Michel Eckhard Elial
Editions: ÉRÈS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE

Errant dans mon sommeil par cette galerie
Où de nuit et de jour sourit Mona Lisa,
Sur la bouche, soudain, de l’image chérie
D’un spontané transport ma bouche se posa.

Sa joue à mon toucher se fit tiède et fleurie;
A son front vint un feu, son regard s’attisa;
Un fin pleur remouilla sa paupière tarie;
Sa lèvre reprit musc, soufflant : « Dolce cosa!

« Ah! depuis cinq cents ans que, muette figure,
Je restais là figée en ma sèche peinture,
Sans que nul pour ma chair fit plus qu’un froid passant!

« Mais, en retour, prends-moi, toi qui crus à ma vie! »
Elle m’ouvrait les bras, à son cadre ravie.
L’étoffe s’abaissait sur son sein frémissant.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mettre ma vie en pages (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019




    
Mettre ma vie en pages
Est-ce bien raisonnable

Récurer
Calembours et calembredaines

Étendre mes rêves
Encore humides

Trouer à mains nues
Les poches de tristesse

Découdre les plaies

Sans gants ni masque
Souffler sur les cadavres

Donner à lire
Ma destinée
Dans les détours de mes viscères

Peut-être vaut-il mieux
Faire la coquette

À l’envi répétant
Que je suis vieille
Malade et moche

Et pauvre aussi

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vent (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019




Le vent

Le vent du printemps
Souffle tout le temps.
Avec lui, il apporte
Une musique avant-coureuse d’été,
Un tourbillon de papillons,
De sensations tièdes,
Des ondées fraîches et pures
Et des pluies de fleurs…
Il transporte l’air chaud
Qui vient de loin,
Et qui rappelle les oiseaux,
Les insectes, les abeilles,
Toutes ces merveilles de la nature
Qui finit son sommeil…
Il réveille en nos cœurs
La beauté, la gaité…

Le vent du printemps,
Il souffle tout le temps,
Il met dans nos vies
Un air de folie…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Temps passé et Temps futur (Thomas Stearns Eliot)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (89)

Temps passé et Temps futur
Permettent à peine d’être conscient.
Être conscient, ce n’est pas être inscrit dans le temps.
Et pourtant
Et pourtant, c’est seulement á l’intérieur
du temps que le moment dans le jardin des roses
Que le moment sous la tonnelle où battait la pluie
Que le moment dans l’église où soufflait le vent et où retombait la fumée
Peuvent être remémorés; enchevêtrés dans le passé et le futur.
C’est seulement dans le temps que peut être conquis le temps.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

LA FIN DU POÈME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019



Illustration
    
LA FIN DU POÈME

C’est la fin du poème.
Épaisseur et transparence, lumière et misère — les jeux sont faits.

On avait commencé par la rime pour enfants.
On avait cherché des ondes de choc dans d’autres rythmes.
On avait gardé le silence, ensuite murmuré :
on cherchait a se rapprocher du bruit que fait le coeur
quand on s’endort ou du battement des portes quand le vent souffle.

On croyait dire et on voulait se taire.
Ou faire semblant de rire.
On voulait surtout sortir de son corps, se répandre partout,
grandir comme une ombre sur la montagne, sans se perdre, sans rien perdre.

Mais on avait compté sans la dispersion souveraine.
Comment feindre et même oublier, quand nos débris sont jetés aux bêtes de l’espace,
— qui sont, comme chacun sait, plus petites encore que tout ce qu’il est possible de concevoir.
Le vertige secoue les miettes après le banquet.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :