Arbrealettres

Poésie

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Belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Belle

Belle,
pareil à l’eau qui sur la pierre fraîche
de la source
ouvre son grand éclair d’écume,
est ton sourire,
belle.

Belle,
aux fines mains, aux pieds déliés
comme un petit cheval d’argent,
fleur du monde, marchant,
je te vois moi,
belle.

Belle,
avec un nid de cuivre enchevêtré
dans la tête, un nid
d’une brune couleur de miel
où mon coeur brûle et se repose,
belle.

Belle,
aux yeux trop grands pour ton visage,
aux yeux trop grands pour la planète.
I1 y a des pays, des fleuves
dans tes yeux,
ma patrie se tient dans tes yeux,
je vagabonde à travers eux,
ils donnent sa clarté au monde
partout où s’avancent mes pas,
belle.

Belle,
tes seins sont pareils à deux pains
– terre froment et lune d’or -,
belle.

Belle,
ta taille
mon bras l’a faite comme un fleuve
mille années parcourant la douceur de ta chair,
belle.

Belle,
rien n’a le charme de tes hanches,
la terre en quelque lieu caché
a peut-être, elle,
la courbe de ton corps et son parfum,
en quelque lieu peut-être,
belle.

Belle, ma belle,
ta voix, ta peau, tes ongles,
belle, ma belle,
ton être, ta clarté, ton ombre,
belle,
tout cela est mien, belle,
tout cela, mienne, m’appartient,
lorsque tu marches ou te reposes,
lorsque tu chantes ou que tu dors,
lorsque tu souffres ou que tu rêves,
toujours,
lorsque tu es proche ou lointaine,
toujours,
ma belle, tu es mienne,
toujours.

(Pablo Neruda)

Illustration: Alexandre-Auguste Hirsch

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Indifférence (Danielou Rejenski)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Indifférence
Mon cœur est vide
et je ne souffre pas…
Quel est ce sentiment perfide
qui s’attache à mes pas?
Ces nuits sans rêves, ces jours sans foi,
pourquoi?
Pourquoi cette figuration de théâtre?
ce cœur qui calmement ne fait que battre
quand il devrait m’arracher des sanglots?
ce ton glacé pour dire «allô»,
leur « voulez-vous ce soir »
et mes «oui, pourquoi pas»,
sans espoir,
sans remords?
cette vie qui, pas à pas,
ressemble un peu plus à la mort?

Qu’espères-tu ma lyre?
Je n’ai rien à écrire.
On écrit son bonheur, sa souffrance,
on n’écrit pas l’indifférence…

(Danielou Rejenski)

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