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Poésie

Posts Tagged ‘souiller’

LUNE ET MER (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019



Illustration: Oscar Bento
    
LUNE ET MER
Pour Oscar Bento

Virginale

comme si jamais un homme
n’y avait laissé ses traces:
la lune
qui reflète sa beauté
dans le miroir bleu azur de la mer,
en apparence immaculée,
non souillée pour toujours
de déchets et d’ordures
voracité des hommes.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 599
Traduction:
Editions: POINT

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LAURA (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Agost Benkhard
    
LAURA

Heureusement, elle est partie. Maintenant elle sera
tout à fait et encore plus qu’elle ne le pense
mienne. Maintenant elle se tiendra de nouveau
nue, épanouie et sans vergogne,
devant mes yeux fermés.

Et, lourd de ses parfums, je refais passer
rapidement son sourire et me focalise
sur ses cuisses généreuses, sa peau
neige doucement sur mon grand écran,
déjà, elle prend de la voix, elle cajole,
elle jure, et puis, dernière image,
j’empoigne ses hanches et l’enneige à nouveau.

Heureusement, elle est partie. Mais moi,
je suis son chien, j’agite la queue quand
elle vient. Encore plus qu’elle ne le pense.

***

LAURA

Gelukkig, ze is weg. Nu zal ze
helemaal en meer nog dan ze denkt
de mijne zijn. Nu zal ze nogmaals,
naakt en vol en onbeschaamd,
voor mijn gesloten ogen staan.

En zwanger van haar geuren speel ik
snel haar glimlach af en spits
me op haar gulle dijen, haar huid
sneeuwt zachtjes op mijn witte doek,
ze krijgt al stem, ze fleemt,
ze vloekt, en dan, de laatste still,
yang ik haar schoot en sneeuw haar uit.

Gelukkig, ze is weg. Maar ik,
ik ben haar bond, ik kwispel als
zij komt. Meer nog dan ze denkt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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ELLE TOUJOURS (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019



Illustration
    
ELLE TOUJOURS

Là, elle vient d’un brouillard de gens :
la bien-aimée. Une insouciance
qui, le temps d’une passion, conduit aux soucis,
parce qu’elle n’est pas seule et quand,
l’été, elle passe sous les fenêtres ouvertes
et perçoit inopinément la voix d’un garçon,
quand un refrain entendu dans la rue
l’enfonce dans les draps chauds d’amours
oubliées : elle n’est pas seule.

Moi, on ne m’entendra pas. Mon regard souille
les vitrines, boit le bonheur poissard
dans les yeux des filles, lèche tout au long lèvres,
bottes, mollets… Ah, ce seul coup d’oeil chaud
dans lequel je conçois mon existence.

Là, elle va dans un brouillard de gens.

***

ZIJ ALTIJD

Daar komt ze uit een mist van mensen:
de geliefde. Een zorgeloosheid
die een hartstocht lang tot zorgen leidt,
want zij is niet alleen, en ais
zij zomers onder open ramen loopt
en onverhoopt een jongensstem verneemt,
als een op straat gehoord refrain
haar in de warme lakens van vergeten
liefdes drijfit: ze is niet alleen.

Mij hoor je niet. Mijn blik besmeurt
de winkelruiten, drinkt Bargoens geluk
uit meisjesogen, likt langs lippen,
laarzen, kuiten… Ach, die ene warme
oogopslag waarin ik mijn bestaan uitdenk.

Daar gaat ze in een mist van mensen.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Ô insensé (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ô insensé, qui essaies de te porter sur tes propres épaules!
Ô mendiant, qui viens mendier à ta propre porte!
Dépose tes fardeaux entre les mains de celui qui peut tout porter,
et jamais ne jette un regard de regret en arrière.
Ton désir éteint la flamme de la lampe aussitôt que l’atteint son souffle.
Il est profane et ses mains sont souillées; n’accepte aucun don qu’il te tende.
Mais cela seulement que t’offrira l’amour sacré.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Ne cherchez pas (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019



Illustration: Fidel Garcia
    
Ne cherchez pas, ne
cherchez plus, sous
quels arcs-en-ciel,
vous trembliez d’amour,

non, ne cherchez
plus rien, les
étoiles ont filé
avec vos souvenirs,

vous ne reverrez pas
les sommets familiers
qui préparèrent vos
espoirs — tout votre

être s’enlise, dans
un présent plus lourd
que les neiges souillées
par des pas importuns.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’abîme n’admet pas l’ordre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
L’abîme n’admet pas l’ordre,
le désordre non plus.
Et nous savons que tout est un abîme.

Pourtant,
le jeu de la feuille et du vent
s’achève toujours à l’endroit le plus exact.
Et aucune feuille ne souille
le lieu où elle tombe.

Il se peut qu’une feuille ordonne
ou peut-être désordonne
une autre face de l’univers.

***

El abismo no admite el orden,
pero tampoco el desorden.
Y sabemos que todo es un abismo.

Sin embargo,
el juego de la hoja y el viento
siempre acaba en el sitio más exacto.
Y ninguna hoja ensucia
el lugar donde cae.

Quizá una hoja ordene
o tal vez desordene
otra faz del universo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Exil doré (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Duy Huynh -   (26)

Exil doré

J’ai retiré mon âme au manoir du Silence ;
J’ai fait derrière moi sonner les gonds d’airain.
Nul ne viendra troubler ma solitude immense,
Nul ne viendra souiller mon vierge souterrain !

Les rumeurs de la vie expirent à ma porte :
Mon parc est sans ramage et mon mur sans échos.
J’ai ravagé les nids que le printemps m’apporte,
Et, de mon lourd donjon, j’ai chassé les corbeaux.

Nulle clarté d’emprunt n’illumine mes salles,
Ni lustres aux plafonds, ni torches aux piliers ;
Seuls, les rayons du jour, bondissant sur les dalles,
Ruissellent à travers mes larges escaliers.

Puis, la Nuit lentement accroche ses pans d’ombre
Aux chapiteaux massifs des pilastres géants ;
Le manoir, tout entier, dans les ténèbres sombre,
Partout on voit s’ouvrir des abîmes béants.

J’aime mes murs déserts comme un rustre ses landes ;
J’y savoure, à l’écart, la douceur du relais,
Les Heures, le front ceint de fleurs et de guirlandes,
Y tissent mon destin d’allégresse et de paix.

Et je ne suis pas seul dans ce palais féerique,
Bien que nul importun n’y pénètre jamais,
Car le Rêve y déploie, étrange et magnifique,
Sa verte frondaison en superbes forêts.

(Jean Royère)

Illustration: Duy Huynh

 

 

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REQUIESCAT (Oscar Wilde)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018



REQUIESCAT

Va doucement, elle est là
Sous la neige qui gîte,
Et peut entendre, parle bas,
Pousser les marguerites.

Ses clairs cheveux d’or
Ternis de rouille,
Elle si jeune et belle encor,
Que la poussière souille.

Blanche comme neige et comme lys pure
Elle ne savait même pas
Qu’elle était femme tant lui furent
Douces les années qu’elle passa.

Planche de bois, dalle de pierre,
Corset d’un trou,
Ma douleur est solitaire,
Elle dort dessous.

Silence, silence, elle ne peut entendre
Le son des lyres ou des sonnets,
C’est avec elle sur ma vie que je vais tendre
Ce voile de terre abandonné.

***

REQUIESCAT

Tread lightly, she is near
Under the snow,
Speak gently, size can hear
The daisies grow.

All her bright golden hair
Tarnished with rust,
She that was young and fair
Fallen to dust.

Lily-like, white as snow,
She hardly knew
She was a woman, so
Sweetly she grew.

Coffin-board, heavy stone,
Lie on her breast,
I vex my heart alone,
She is at rest.

Peace, peace, she cannot hear
Lyre or sonnet,
All my life’s buried here,
Heap earth upon it.

(Oscar Wilde)

 

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Esprit des airs (Alexàndra Galanou)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2018



 

Illustration: Bing Wright
    
Esprit des airs

Le blanc du silence absolu
souillé soudain
par la goutte de pluie.

Alors l’orage est arrivé
dans un bruissement de rideau,
s’étalant dans les chuchotements

du bois séculaire,
éteignant la lampe
et atteignant
le murmure en spirale
de l’escalier.

Le crac dans le miroir
nul ne l’a entendu
avant le matin.

***

(Alexàndra Galanou)

 

Recueil: Dans les recoins des mots
Traduction:
Editions: Circé

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Un Coeur qui remet à plus tard (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018


cle-coeur

Ce n’est pas une Maladie qui souille celui qui est Noble,
Ni un Coup.
Ni la Crainte d’une Querelle à venir,
Mais un Coeur qui remet à plus tard –

***

Not Sickness stains the Brave,
Nor any Dart,
Nor Doubt of Scene to come,
But an adjourning Heart –

(Emily Dickinson)

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