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Poésie

Posts Tagged ‘soulever’

Entre le désir et les fleurs (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021



Illustration: Pascal Renoux

    

Entre le désir et les fleurs les longues jeunes filles
mesurent l’opacité d’une pureté impure,
elles jouent le jeu -intense de la majesté et de l’usure,
jeunes filles soulevées par des lignes fluctuantes.

Vivre les jeunes filles dans la pudeur du noir,
les vivre noblement, les prendre
aux aisselles le plus rapidement jusqu’au centre,
le feu tourbillonnant dans leur ventre, pour les mériter.

Ô filles vivantes de la couleur du souffle même,
attachez-moi au mur, ou bien je tomberai parmi vous
dans le parfum délié de vos corps limpides.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Cheval prêt à s’élancer (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
Cheval prêt à s’élancer, à gravir,
mais toujours la terre et le silence
soulèvent la maison et le chemin, le
tronc et la croupe, des noms forts.

Cheval de parole et de terre,
vaste par son nom et par son être, il
court le temps d’un regard sur la plaine,
ou se cabre embrasé sur les maisons.

Cheval à la fureur contenue,
écume d’un hennissement sur le mur
le plus haut de la terre, oreille
de la nuit en forme de cheval
sur l’horizon.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LE VENT DU NORD (Shijiing)(Le Classique des vers)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
LE VENT DU NORD

Le vent du nord
chasse les tourbillons de neige.
Si tu m’aimes,
prends ma main,
et partons vite !
Pourquoi hésiter,
pourquoi s’attarder,
si le temps presse ?

Le vent du nord
soulève des bourrasques.
Si tu m’aimes,
prends ma main,
et partons vite ! Pourquoi hésiter,
pourquoi s attarder, si le temps presse ?

Rien n’est plus rusé
qu’un renard,
rien n’est plus noir
qu’une corneille. Si tu m’aimes,
prends ma main,
et partons vite ! Pourquoi hésiter,
pourquoi s’attarder, si le temps presse ?

(Shijiing)(Le Classique des vers)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Le monde et son mot de passe (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



Dis donc ce qui vient de toi.
Dis tout ce qui te soulève
Au-dessus des contingences.
Le monde attend d’être dit,
Et tu ne viens que pour dire.
Ce qui est dit t’est donné:

Le monde et son mot de passe.

(François Cheng)

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AUBE DE L’ESPOIR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2020



Illustration: Lucie Llong   
    
AUBE DE L’ESPOIR

La lumière de l’aube
efface les traces de la nuit
implacable le temps s’écoule
j’aimerais pourtant qu’il s’arrête
telle une photo fixée sur la lentille de la caméra
car aussi précieux que le fruit de l’arbre est l’amour
semblable à la lune qui s’élève la nuit
c’est ainsi que tu es, mon amour, quoi qu’il arrive
où que tu sois, je te garde en mon cœur
depuis que je t’aime mon monde a changé
parce que deux cœurs ont trouvé une maison de tendresse
des rayons de soleil jouent les cordes sensibles de l’amour
soulèvent l’aube de l’espoir.

***

日出之光

黎明
覆盖夜的痕迹
时间流逝
我的希望无法停止
像相机镜头固定的照片
像树上的果实,珍贵
像月亮晚空升起
所以,我的爱,无论发生什么
无论你在哪里,你都在我心中
你的出现,改变了我的世界
两颗流浪的心终于找到温柔之家
阳光照射在爱情的心弦上
点燃希望的曙光。

***

SUNRISE OF HOPE

The light of dawn
erases the traces of the night
relentlessly, time goes on flowing
although I wish it would stop
like a picture fixed by the camera’s lens
because as valuable like fruit in a tree is love
Like the moon ascending at night
so you are, my love, whatever happens
wherever you are, I keep you in my heart
since I am in love with you my world has changed
because two hearts found a home of tenderness
sunrays play on the heartstrings of love
lighting up the dawn of hope.

(Anna Keiko)

***

ZORII SPERANȚEI

Lumina zorilor
șterge urmele nopții
se scurge timpul nepăsător
deși eu aș vrea să-l opresc
fixat pe lentilă ca un clișeu de dor,
căci prețioasă ca rodul bogat e iubirea.
Asemenea lunii ce se-nalță în noapte
ești tu, dragostea mea, orice s-ar întâmpla
te port în inimă oriunde fiind,
de când te iubesc, alta e lumea mea,
în locașul tandreței două inimi încap
razele soarelui dau glas corzilor iubirii
spre zorii speranței cântec suind.

 

Recueil: ITHACA 576
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Chinois original / Anglais / Roumain Passionaria Ivanov /
Editions: POINT

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INTERMÈDE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
INTERMÈDE

Pendant que j’étais chez la fruitière
Il est entré une petite fille,
Un litre couché dans son bras
Et des sous pressés dans sa main :
– Trois sous de sel et un litre de bière.
Sa bouchette aux lèvres froncées
Avait grand sérieux et pensait :
Dépêchons-nous ! Que de soucis !
Sa bouchette aux lèvres froncées
N’empêchait pas mais accusait plutôt
Dans les joues fraîches, deux fossettes ;
Et son petit nez de bébé
Semblait railler sa gravité.
Mais son regard de grande dame…
Mais sa nuque entre ses deux nattes !
– De la bière à combien, mon enfant ?
– « À six sous. » Elle vérifia
Un à un les sous dans sa main
Donna son litre et attendit
Et fut toute tendue d’attente.
Y avait-il pas quelque part
Au pied d’un lit, dans une encoignure,
Une petite poupée de son
Qui grelottait sous des chiffons
Au fond d’une boîte en carton ?
Y avait-il pas au logis
Un petit frère touche-à-tout ?
Ou quelque dîner sur le feu ?
Mais soudain la bouche s’entr’ouvrit :
Les yeux, les yeux de grande dame
S’étaient tournés vers l’étagère
Où il y avait les bonbons.
C’est alors qu’en gagnant la porte
Je lui demandai : Comment t’appelles-tu ?
Elle sourit et dit : Alice.
– Alice, voici deux sous pour toi.

*

Après, je l’ai rencontrée dans la rue
Elle portait son litre et son sel.
Elle avait aussi un petit cornet…
Elle a rougi à mon sourire
Et elle m’a fait un si gracieux,
Un si noble salut de la tête,
Que j’ai soulevé mon képi.

Amiens, 1916.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans tous ces instants où je suis « touchée » (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020



    

Dans tous ces instants où je suis « touchée », Dieu est au rendez-vous.
Dieu ou comme vous préférez : cette mémoire haute qui m’habite !
L’écho du logion 77 de saint Thomas :
« Je suis partout. Quand tu vas pour couper du bois, je suis dans le bois.
Quand tu soulèves la pierre, je suis sous la pierre… »
Non pas : je suis le bois, je suis la pierre, mais chaque fois que tu es là,
vraiment là, absorbé dans la rencontre du monde créé, alors je suis là !
Là où tu es, dans la présence aiguë, je suis aussi. Être là ! Le secret.
Il n’y a rien d’autre. Il n’est pas d’autre chemin pour sortir des léthargies nauséabondes,
des demi-sommeils, des commentaires sans fin,
que de naître enfin à ce qui est.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Retouche à la matinale (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020


 


 

Alexander Bartashevich  802

retouche à la matinale

du livre sous l’édredon
monte encore l’appel de la chouette
laineuse et posée sur une ligne

adolescente aux longs cils

d’en bas traîne à venir
sévère mais soulevant sa robe
l’odeur du café

(Daniel Boulanger)

Illustration: Alexander Bartashevich 

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Pensée d’une nuit en voyage (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Nora Auric
    
Pensée d’une nuit en voyage

Rive aux herbes menues. Brise légère
Barque au mât vacillant, seule dans la nuit
S’ouvre la plaine aux étoiles qui descendent
Surgit la lune, soulevant les flots du fleuve

L’homme laisse-t-il un nom par ses seuls écrits?
Vieux et malade, que le mandarin s’efface !
Errant, errant, à quoi puis-je ressembler
– Une mouette des sables entre terre et ciel

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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A une beauté rencontrée en chemin (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




Illustration: Ogata Gekko
    
A une beauté rencontrée en chemin

Le cheval blanc, altier, foule les fleurs tombées
Ma cravache pendante frôle le carrosse aux cinq-nuages
De la dame. Soulevant le rideau de perles, d’un sourire
Elle montre, au loin, la maison rouge : « C’est là. »

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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