Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘soupirer’

Noël (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Noël

Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité
des paons blancs tristement
parcourent les cours
où l’eau retient le ciel d’étoiles
où la lune s’écoule des seaux
au frisson hésitant du vent.

Le bruit des attelages secoue les granges infinies
les verrous glissent sans bruit
et les portes soupirent
libérant l’ombre des chevaux

Pâles avec une lenteur de songe
du ciel tombent
les pétales des routes de minuit

Qui donc pose aux marguerites de l’hiver
la question d’amour ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    

Pour toi le désespoir n’a pas lieu d’être
Tant que la nuit les étoiles brûlent —
Tant que le soir répand sa rosée muette
Ou que le soleil dore le matin —

Le désespoir n’a pas lieu d’être — les larmes
Dussent-elles couler comme un fleuve —
Tes années les plus chères sont-elles pas
Pour toujours autour de ton cœur ?

On pleure — tu pleures — C’est la règle —
Les vents soupirent avec tes soupirs
Et l’hiver épanche son chagrin en neige
Où les feuilles d’automne gisent

Pourtant elles revivent — et de leur destin
Ton destin est inséparable
Alors, homme, avance sinon jubilant
Du moins jamais le coeur brisé —

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vent je l’entends qui soupire (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
Le vent je l’entends qui soupire
L’automne n’a pas plus triste accent,
Au sol les feuilles mortes gisent
Aussi serrées que fleurs du printemps —

Cette nuit sombre m’a invitée
À vagabonder au loin.
Des sentiments anciens sur moi fondent
Comme vautours cernant leur proie —

Tendres ils furent jadis, et chéris,
Mais froids et sans joie à présent —
Que leur ombre tenace n’a-t-elle péri
Quand leur lumière a fui mon front !

On dirait la vieillesse qui feint
La souplesse de l’enfant,
Mon âme faussée durcie quand elle se plie
À leurs fantaisies sauvages

Pourtant je pourrais avec les plaisirs d’hier,
Du malheur d’hier obtenir l’oubli —
Afin que par la mort de mes plus chers trésors
Meurent mes plus mortels soucis

Oh alors l’aube d’un nouveau jour
Poindrait peut-être là-haut —
Un autre été dorerait ma joue,
Mon âme, un autre amour —

***

The wind I hear it sighing
With Autumn’s saddest sound,
Withered leaves as thick are lying
As spring flowers on the ground —

This dark night has won me
To wander far away.
Old feelings gather fast upon me
Like vultures round their prey —

Kind were they once, and cherished,
But cold and cheerless now —
I would their lingering shades had perished
When their light left my brow

Tis like old age pretending
The softness of a child,
My altered hardened spirit bending
To meet their fancies wild

Yet could I with past pleasures,
Past woe’s oblivion buy —
That by the death of my dearest treasures
My deadliest pains might die

O then another daybreak
Might haply dawn above —
Another summer gild my cheek,
My soul, another love —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je ne pleurerai pas (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




Illustration: Edvard Munch
    
Je ne pleurerai pas de voir que tu me quittes
Ici il n’y a rien d’enchanteur,
Et doublement m’affligera le sombre monde
Tant qu’y souffre ton coeur —

Je ne pleurerai pas — car la splendeur de l’été
Toujours doit finir en ténèbre
Et le conte le plus heureux, à terme
Se clôt avec la tombe —

Et puis je suis lasse de la détresse
Qu’engendrent les hivers grandissants
Ecoeurée de voir l’esprit se languir
Dans le pur désespoir des ans —

Si donc une larme à l’heure de ta mort
Vient par hasard à m’échapper
C’est seulement que mon âme soupire
D’aller près de toi reposer —

***

I’ll not weep that thou art going to leave me
There’s nothing lovely here,
And doubly will the dark world grieve me
While thy heart suffers there —

I’ll not weep — because the summer’s glory
Must always end in gloom
And follow out the happiest story,
It closes with the tomb —

And I am weary of the anguish
Increasing winters bear —
I’m sick to see the spirit languish
Through years of dead despair —

So if a tear when thou art dying
Should haply fall from me
It is but that my soul is sighing
To go and rest with thee —

(Emily Brontë)

 

Recueil: Cahiers de Poèmes
Traduction: Claire Malroux
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017




    
IL DEVRAIT N’ÊTRE POINT DE DÉSESPOIR POUR TOI

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chères de tes années sont-elles pas
Autour de ton coeur à jamais?

Ceux-ci pleurent, tu pleures, il doit en être ainsi;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne.

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le coeur brisé.

***

THERE SHOULD BE NO DESPAIR FOR YOU

There should be no despair for you
While nightly stars are burning,
While evening sheds its silent dew,
Or sunshine gilds the morning.

There should be no despair, though tears
May flow down like a river:
Are not the best beloved of years
Around your heart forever?

They weep — you weep — it must be so;
Winds sigh as you are sighing;
And Winter pours its grief in snow
Where Autumn’s leaves are lying.

Yet they revive, and from their fate
Your fate cannot be parted,
Then journey onward, not elate,
But never broken-hearted.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE SOLEIL EST COUCHE, A PRÉSENT L’HERBE LONGUE (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 Illustration: Anne Brigaud  
    
LE SOLEIL EST COUCHE, A PRÉSENT L’HERBE LONGUE

Le soleil est couché, à présent l’herbe longue
Oscille, languissante, dans le vent du soir;
L’oiseau s’est envolé de cette pierre grise
Pour trouver quelque chaud recoin où se blottir.

Il n’est rien, dans tout le paysage désert,
Qui vienne frapper mon regard ou mon oreille,
Si ce n’est que le vent, là-bas,
Accourt en soupirant sur la mer de bruyères.

***

THE SUN HAS SET, AND THE LONG GRASS NOW

The sun has set, and the long grass now
Waves drearily in the evening wind;
And the wild bird has flown from that old grey stone,
In some warm nook a couch to find.

In all the lonely landscape round
1 see no sight and hear no sound,
Except the wind that far away
Comes sighing o’er the heathy sea.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DIS-MOI, DIS, SOURIANTE ENFANT (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
DIS-MOI, DIS, SOURIANTE ENFANT

Dis-moi, dis, souriante enfant,
Qu’est-ce, pour toi, que le passé?
« Un soir d’automne, doux et clément,
Où le vent soupire, endeuillé. »

Qu’est-ce, pour toi, que le présent?
« Un rameau vert chargé de fleurs
Où l’oiselet bande ses forces
Pour s’envoler dans les hauteurs. »

Et l’avenir, enfant bénie?
« La mer sous un soleil sans voiles,
La mer puissante, éblouissante
Qui, là-bas, rejoint l’infini. »

***

TELL ME, TELL ME, SMILING CHILD

Tell me, tell me, smiling child,
What the past is like to thee?
« An Autumn evening soft and mild
With a wind that sighs mournfully. »

Tell me, what is the present hour?
« A green and flowery spray
Where a young bird sits gathering its power
To mount and fly away. »

And what is the future, happy one?
« A sea beneath a cloudless sun;
A mighty, glorious, dazzling sea
Stretching into infinity. »

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A l’ombre d’un myrte (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2017




    
A l’ombre d’un myrte

Pourquoi te serai-je lié,
Ô mon myrte charmant ?
L’amour, le libre amour, ne peut être lié
A nul arbre planté en terre.

Ô que j’étais malade et las
Étendu sous mon myrte
Semblable à la bouse sur le sol
Lié à mon myrte.

Souvent mon myrte soupirait en vain,
A contempler ma lourde chaîne ;
Souvent mon père nous vit soupirer
Et rit de notre naïveté.

Ainsi je l’abattis et son sang
Colora les racines issues du myrte.
Mais le temps de la jeunesse a fui
Et des cheveux gris couvrent ma tête.

***

In a Myrtle Shade

Why I should I be bound to thee,
O my lovely Myrtle-tree?
Love, free Love, cannot be bound
To any tree that grows on ground.

O! how sick and weary I
Underneath my Myrtle lie;
Like to dung upon the ground,
Underneath my Myrtle bound.

Oft my Myrtle sigh’d in vain
To behold my heavy chain:
Oft my Father saw us sigh,
And laugh’d at our simplicity.

So I smote him, and his gore
Stain’d the roots my Myrtle bore.
But the time of youth is fled,
And grey hairs are on my head.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je m’assiérai… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Je m’assiérai…

Je m’assiérai au pied d’un chêne
Pour écouter la chute vaine
Des feuilles dans le soir mourant.

Rongeant la mousse et la bourdaine,
J’écouterai, qui les ravine,
L’eau s’écouler en soupirant;

S’éffacer aux combes baignées
D’ombre, le rythme des cognées
Qui trouble le bois endormi;

Sous la hache qui le dépèce
Le hêtre qui penche et s’affaisse
Et son cri lentement gémi,

Comme sorti d’une âme humaine.
J’écouterai craquer les faînes,
Et les glands avec un bruit doux

Tomber en frôlant l’herbe sèche,
Puis tout à coup la pie-grièche
Eclater de rire. Dessous

La mousse, dans son trou humide,
Le mulot rentrer et, fluide,
Aux rameaux pourris déchirant

Ses lambeaux, crépiter la brume.
Las! tout s’éteint et se consume….
O mon coeur, pèlerin errant,

Dépose ton bourdon, ta gourde
Et le manteau. Voici la tourbe
Où le ruisseau s’anéantit,

Dans la paix des choses qui meurent
Entre comme en une demeure,
Mulot sous la terre blotti.

Aux sources que la ronce obstrue
Et s’engourdissant sous la crue
Des feuilles rousses, mire-toi.

Pareil à ce méchant érable,
Toi que lasse l’insaisissable
Rêve, vers l’ombre courbe-toi.

Libéré surtout de toi-même,
Sois cet inconscient poëme:
Au creux des serpolets velus

L’eau de mystère et de silence
Et d’où nul sanglot ne s’élance,
L’eau qui dort et ne souffre plus.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pas un bruit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Pas un bruit…

Pas un bruit dans la coupe immense,
Sous les taillis pas un murmure,
De la tiédeur et du silence
S’écoulant au long des ramures.

L’air orageux lourdement plane,
Où la résine des mélèzes
Mêle son odeur, où se fane
La mousse, où s’étouffe et s’apaise

Le sanglotement des fontaines
Dont les méandres bleus se tordent
A l’ombre immobile des chênes.
La vaste paix monte et déborde,

S’épand en la nuit qui commence,
Calme ambiance que renforce,
Exhalant leurs sourdes fragrances,
Les troncs dénudés qu’on écorce.

Harmonieusement confus,
Déroule ses floraisons blanches
L’écho lointain d’un angélus
Mélangé aux fouillis des branches.

Et soudain la forêt s’étire,
Darde ses frondaisons flexibles;
La forêt tendrement soupire
Comme un coeur vers l’inaccessible.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :