Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘soupirer’

Qu’est-ce que l’amour ? (Jean Baptiste Joseph Willart de Grécourt)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




    
Qu’est-ce que l’amour ?

C’est ce lutin qui fait qu’on ne dort pas,
Qu’on ne vit qu’à demi, qu’à toute heure on soupire,
Qui, dès le grand matin, tourne en hâte nos pas
Vers un objet qui fait notre martyre ;

C’est ce charmant accord qui nous force d’aimer,
C’est ce je-ne-sais-quoi qu’on ne peut exprimer :
En un mot, c’est ce feu toujours insatiable
Qui nous dévore et nous suit en tout lieu.

Plusieurs disent que c’est un dieu,
Pour moi je crois que c’est un diable.

(Jean Baptiste Joseph Willart de Grécourt)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A UNE CHANTEUSE (Fan Zhongyan)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
A UNE CHANTEUSE
Sur l’air de « Laver de la soie au ruisseau  »
— Yan Shu

Une coupe de vin,
une chanson nouvelle,
le pavillon est le même
et aussi beau le temps.

Quand reviendras-tu
voir le soleil au couchant ?
Je soupire en vain
sur la tombée des fleurs belles ;

Les hirondelles
semblent de vieilles connaissances.
J’erre dans mon jardin
saturé de fragrance.

(Fan Zhongyan)

***

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ICI ET LÀ-BAS (Pittau & Gervais)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Pittau & Gervais
    
ICI ET LÀ-BAS

Ici
il fait plein soleil
Là-bas
C’est la nuit complète

Ici
Je me suis endormi
Là-bas
Il s’est réveillé

Ici
Je frissonne de froid
Là-bas
Il soupire de chaleur

Ici
Je pense à là-bas
Et là-bas
Il pense à ici

(Pittau & Gervais)

 

Recueil: Un dragon dans la tête
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A l’Orient (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



 

Jeanie Tomanek august [1280x768]

A l’Orient
une aube doit monter
un soir avant
la fixe éternité.
Enfin sera
exaucé le désir
de l’âme qui
ne voit pas et soupire.

(Guido Gezelle)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Et même si (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022




Et même si je savais tes propos mot à mot?
Et si tu savais que je les savais, parlerais-tu?
Et même si je savais tes propos mot à mot,
Et tandis que tu vas les répétant, j’ai dit,
« Vois, il y eut celle qui inclinait sa jolie tête de lumière
Et soupirait comme toi, dans ses propos dorés. »
Ou, comme nos rires savent se mêler,
Comme les lèvres écrasées se dégagent par caprice,
Et même si mes pensées à mi-chemin se retournaient
Se chuchotaient: « Le joli mort
Doit connaître de tels instants, pensif parmi les herbes,
La manière dont les blancs cornouillers murmuraient au-dessus au-dessus de nos têtes,
Les jours de joie et de lumière! »

(Ezra Pound)

Illustration: Albert Herter

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu peux soupirer après l’inconnu… (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022



Carlos Schwabe   la Mort_du_fossoyeur. wikijpg [1280x768]

Tu peux soupirer après l’inconnu, mais ne te l’imagines jamais
Parce que tu ne pourras jamais t’imaginer l’inconnu
Parce que imaginer veut dire se souvenir
Tu ne te souviendras jamais de l’inconnu
parce que l’inconnu n’a jamais été dans ton âme
il n’a jamais fait partie intégrante du toi
parce que toi tu n’as jamais fait parti de l’inconnu
tu es en dehors de l’inconnu
tu es le temps, pleinement et seulement le temps
et l’inconnu est en dehors du temps, en dehors de toi
sois toi-même, sois le temps
et prends conscience pleinement et videment
qu’il n’y a rien dans le temps, donc en toi,
rien, sauf la vieillesse, les souvenirs et les rêves
et en ce moment viendra le nouveau, le jeune,
l’incomparable, l’inconnu
il viendra sans le vouloir
sans hasard mais en même temps
merveilleusement inopinément

(Edward Stachura)

Illustration: Carlos Schwabe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

STANCES GALANTES (Molière)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022




    
STANCES GALANTES

Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c’est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l’amoureux empire
Le mal n’est pas si grand que l’on le fait,
Et, lorsqu’on aime et que le coeur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.

Le mal d’aimer, c’est de vouloir le taire :
Pour l’éviter, parlez en ma faveur.
Amour le veut, n’en faites point mystère.
Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !

Peut-on souffrir une plus douce peine ?
Peut-on subir une plus douce loi ?
Qu’étant des coeurs la douce souveraine,
Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;

Rendez-vous donc, ô divine Amarante !
Soumettez-vous aux volontés d’Amour ;
Aimez pendant que vous êtes charmante,
Car le temps passe et n’a point de retour.

(Molière)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quel enfant toi! (Ying Chen)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2022



 

Quel enfant toi!
Je soupire, et il dit
Mais quelle maman!

(Ying Chen)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

L’ANGE (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2022




    
L’ANGE

Un ange, à minuit, volait dans les cieux,
Chantant un chant délicieux.
Les astres, la lune, ensemble, écoutaient
Ce chant rayonnant de beauté.

Il chantait la joie où les esprits purs
Vivent dans le céleste azur.
Il parlait de Dieu, sa louange était
Toute extase et sincérité.

Il portait une âme exquise en ses bras.
Sur terre elle s’enténébra.
Et l’écho du chant dans le jeune esprit
Demeura sans mots, mais compris.

Et longtemps sur terre il s’étiola,
Soupirant après l’Au-Delà.
Et ne purent jamais nos sons durs et tranchants
Remplacer le céleste chant.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Fleuve, lune et fleurs printanières (Zhang Ruoxu)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration: Koho Shoda 

    

Fleuve, lune et fleurs printanières

Au printemps le fleuve déborde, s’unissant à la mer,
De l’océan, la lune monte avec la marée;
Scintillante, suivant les flots sur dix mille lis,
La lune glisse omniprésente le long du fleuve au printemps.

Le courant serpente entre les prairies parfumées,
Les arbres fleuris deviennent neigeux sous les rayons argentés;
Dans l’air qui semble condensé, se meut le givre
Qui voile les rives sablonneuses, à peine distinctes.

Ciel et fleuve, sans l ‘ombre d ‘une poussière, forment un camaïeu pur,
Au-dessus duquel brille une lune solitaire dans le firmament infini;
Qui fut le premier à contempler la lune au bord du fleuve?
Et quand pour la première fois, la lune a-t-elle éclairé la nuit?

La vie se perpétue, génération après génération,
Fleuve et lune paraissent immuables, année après année.
Innombrables sont les hommes qui s’en sont allés sous cette lune,
Seul demeure le grand Yangtsé charriant ses eaux précipitées.

Autant me semble, éloigné ce flocon de nuage qui va s’effilochant,
Autant est triste l’homme sur la rive aux érables verts;
Cette nuit-dans quelle maison, pense-t-on au voyageur sur l ‘eau
Sous cette lune qui s’attriste d’éclairer en solitaire le pavillon vide?

Elle s’y attarde, comme accrochée par dessus son toit,
Et pénètre le boudoir habité par une âme esseulée.
Elle se présente, insistante, à la fenêtre au rideau tiré,
Indélébile sur la planche où tomberont les coups du battoir.

A cette heure, à défaut de nouvelle, nous regardons la même lune,
Mais je voudrais être un de ces rayons qui te caresse…
Que l ‘oie sauvage porte mon message aussi loin que la lune!
Que les ondes nées des ébats des poissons composent mon courrier!

La nuit précédente, un rêve, où les pétales tombaient sur l’étang;
La mi-printemps déjà passée, et toi, malheureuse, tu ne me reviens pas…
Avec les eaux du fleuve, le printemps touche presque à sa fin,
A l’ouest, près de l ‘étang, la lune est sur son déclin;

Elle va bientôt se coucher au fond de la mer brumeuse,
Mais longue est la route, avant que les fleuves, Xiao et Xiang se rejoignent:
Combien sont-ils, ceux qui rentrent au clair de lune, cette nuit-là?
A la lune déclinée, les arbres du fleuve soupirent, mélancoliques.

***

春江潮水连海平,
海上明月共潮升。
滟滟随波千万里,
何处春江无月明!

江流宛转绕芳甸,
月照花林皆似霰;
空里流霜不觉飞,
汀上白沙看不见。

江天一色无纤尘,
皎皎空中孤月轮 。
江畔何人初见月?
江月何年初照人?

人生代代无穷已,
江月年年只相似;
不知江月照何人,
但见长江送流水。

白云一片去悠悠,
青枫浦上不胜愁。
谁家今夜扁舟子?
何处相思明月楼?

可怜楼上月徘徊,
应照离人妆镜台。
玉户帘中卷不去,
捣衣砧上拂还来。

此时相望不相闻,
愿逐月华流照君。
鸿雁长飞光不度,
鱼龙潜跃水成文。

昨夜闲潭梦落花,
可怜春半不还家。
江水流春去欲尽,
江潭落月复西斜。

斜月沉沉藏海雾,
碣石潇湘无限路。
不知乘月几人归,
落月摇情满江树。

(Zhang Ruoxu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :