Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘souple’

Les doigts (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



à la limite de l’arc
(vibration immobile de l’attente)
le souffle
dont commence le tremblement

spasme de la tension rompue
prolongé
par la corde brûlante
de la respiration

l’air
dans l’émiettement du cri
vers l’unique cible
de la chute

les doigts
détendus du poème
caressant le bois souple du langage

(Werner Lambersy)


Illustration: Rodin

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Retouche à l’attente (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Retouche à l’attente

D’aussi lente et souple veille,
mais soudain bondi, que le tigre
je t’ai, nuage, sous la patte

le poème s’élève
sans plus de hâte
que sous moi la montagne

(Daniel Boulanger)


Illustration

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CHAMP DE MAÏS (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
CHAMP DE MAÏS

Assis dans le mais… j’attends. Mais quoi ? Serait-ce
Le cri de la corneille et le si bel instant
Où la mésange, par son chant,
Fait en sorte qu’il cesse ?

J’aime le tendre azur du soir au souffle frais.
J’en suis tout entouré. Doucement, il m’assaille.
Je pense à toi. C’est un délice. Et je voudrais…
Ceindre ta souple taille.

A présent, je suis seul. Le soleil vient de fuir.
La terre, sous mes pieds, commence à refroidir.
Survolant la sente muette
Ulule la chouette.

Le soleil vient de fuir et j’attends mais en vain.
Je t’attends. Viendras-tu? Reverrai-je tes charmes?
Je pleure sur mon coeur. Tombent de mon chagrin
Quelques secrètes larmes.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Cette souple armure (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Dongmin Lai reclining-nude-ii

Ne dites pas de soie cette souple armure
où la femme semble se couler comme ruisseaux réunis par amitié de muscles longs,
entre deux langues d’herbe verte.

(Salah Stétié)

Illustration: Dongmin Lai

 

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


Réussite_Malinowsky

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.
Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.
Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,
Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.
Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

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Là où pour toujours sommeille le mystèr (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Là où pour toujours sommeille le mystère,
Il est des champs étrangers.
Je ne suis qu’un hôte de hasard sur tes
Montagnes, ô terre.

Vastes forêts et eaux,
Souple puissance des ailes.
Mais tes ans et tes siècles
Voilent la course des astres.

Je ne t’ai pas embrassée.
Mon sort ne t’est pas lié.
Du couchant à l’orient,
Pour moi s’ouvre un nouveau chemin.

Je suis destiné à
Voler dans les ténèbres muettes.
À l’heure de l’adieu
Je ne laisserai rien à personne.

Au-delà de ton monde, depuis les hauteurs
Étoilées, dans cette quiétude où dort l’orage,
J’allumerai au-dessus des gouffres deux lunes
Comme deux regards qui ne se coucheront pas.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Final (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



 


    
Final

De même quand la vie laissée derrière
revient légère, à peine dans le pas
fugace de l’air, du nuage, du verre
qui au soleil irise son vide courbe,

de même, grissaille au lever du jour
ou ombre d’un oiseau sur le plafond,
et moins qu’image, que souvenir, survol
du baiser sur la bouche déjà oubliée,

j’assiste à ta naissance de l’absence,
auréole des jeux d’eau où tu t’amuses
avec l’enfance souple des reflets,

et à nouveau se hisse dans ce désert
ta dure essence qui me livre, amour,
à la vaine espérance du miroir.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Hölderlin (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Hölderlin

Les nuages sont des créatures d’eau et d’herbe
Qui montent sans violence par les gradins
De la forêt prodigieuse et évitent, souples,
L’excès redoutable de l’espace
Et sa dure résistance imprévisible.
Une joie légère les lance
Comme des jupons, des anémones ou des geysers,
Ils se poursuivent plus hauts que la topaze
Inébranlable du temps.
Les saules au sol les répètent ;
Des cavalcades d’oiseaux délibèrent
Comme de profondes choses solitaires.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Ne passez pas le temps à mentir à la mort (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2018



 

Antoine Wiertz   Deux-jeunes-filles-La-Belle-Rosine-1847-Antoine-Wiertz

Ne passez pas le temps à mentir à la mort
c’est un jeu décevant
Ne passez pas vos jours à vous passer de vie
Ne passez pas l’amour à vous passer de temps
Ne passez pas le temps à attendre la nuit
ni les neiges d’antan
Car votre mort en vous se moque de vos pièges
et se glisse au serré du plus tendre baiser
remonte à la surface et plus vive que liège
plus souple que l’osier
s’empare de ce coeur qui se croyait léger
l’alourdit le surprend le presse et le défait
et fait de ce vivant de vivre soulagé
un mort très stupéfait.

(Claude Roy)

Illustration: Antoine Wiertz 

 

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Septembre matinal (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
septembre matinal se glisse
dans les chambres souple et jubilant
c’est partout dehors soudain
la moindre des choses déclare
avec une pieuse aisance
à la lumière son amour
le miroir ouvre grands ses yeux rajeunis
un vase avoue les couleurs à jamais
le bois lucidement s’étire

ailleurs le vent prend l’herbe
des steppes en pitié la console et lui offre
les secrets des lointains qu’il sait seulement fuir
l’aube plus loin d’une caresse sûre
réveille la féline fourrure de la mer
indécise entre rire et gronder

la main géante du sommeil
garde encore ta présence nue
et je n’ose te regarder plus
que ces troncs d’arbre aussi purs que des cris
par les vagues patiemment polis
et rejetés par elles sur le sable
pour révéler ce que seront les corps

notre nudité ne surgit
que d’un fourreau d’irréparables gestes
elle n’est vue que du seul bout des doigts
s’évanouit s’ils se taisent
finisterre des promesses
où la nuit vient d’un coup d’ailes
happer nos mots aventurés
entre gémir et murmurer

sous l’ogive des bras qui se tendent
tes paupières se lèvent
il fait moins clair déjà j’entends
croître l’ombre qui coule dans tes veines
comme nos voix sont rauques dans le cristal de l’aube
les étoiles se sont éteintes
et d’autres qui n’ont plus de nom
brûlent en nous désormais jusqu’au soir

de quelques pas soyeux
tu vas auprès de la fenêtre
septembre un peu s’affole
au bord de ton nu contrejour
en de lointaines alpes je le sais
un ruisseau joue sur les pierres
ondule et danse vif
on pourrait presque entendre son murmure

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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