Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sourcil’

Passons (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Bill Viola    e

Passons

Je vois des crampes
des frères qui rampent
des théories
désossées.
Des rivières sans fond
des ciels sans poissons
il est tard
passons…

Je vois des rétines
des sourcils pleins d’épines
des serments passagers.
Des armées de sans noms
qui réclament les bas-fonds
comme laisser-
passer
passons…

Passons sur les champs qui s’agitent
tapis sans-gêne addicts
aux réformes intrinsèques
aux conflits entre insectes.
Clients ?
Fidèles ?
Qui sait… ?

Je vois des mendiants
nus
sur le sol pétrifié.
Comme l’écran se vide
je vais l’imiter.

Passons sur le fond
des images sans son
me suffisent
pour rêver.

(Balbino)

Illustration: Bill Viola

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

EMAIN LA TERRE DES FEES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



bran [800x600]

EMAIN LA TERRE DES FEES

Voici une branche pommier d’Emain
que je t’apporte, semblable aux autres ;
elle a des rameaux d’argent blanc
et des sourcils de cristal avec des fleurs.

C’est en une île lointaine,
tout autour brillent les chevaux de mer
dans leur course avec l’écume des vagues ;
quatre piliers supportent cette île,

des piliers de bronze la supportent,
brillant à travers des siècles de beauté,
jolie terre à travers les siècles du monde
où maintes fleurs jaillissent.

Parmi les fleurs est un vieil arbre
où les oiseaux chantent les heures
en grande harmonie car ils savent
chanter ensemble à chaque heure du jour.

Des splendeurs de toute couleur brillent
dans la plaine aux jolies voix,
la joie rayonne et on écoute
des musiques dans la plaine de la Nuée d’Argent.

Inconnues sont la douleur et la traîtrise,
ni chagrin, ni deuil, ni mort,
ni maladie, ni faiblesse,
voilà le signe d’Emain.

Beauté d’une terre merveilleuse
dont tous les aspects sont aimables,
en un étrange pays
où la brume est incomparable.

Il y a trois fois cinquante îles lointaines
dans l’océan vers le couchant,
plus grande qu’Erin deux fois
est chacune d’elles ou trois fois.

C’est la terre de bonté
où pleuvent les cristaux et les pierres de dragon,
la mer jette la vague contre terre,
les cheveux de cristal de sa crinière.

Des chariots d’or dans la plaine de la mer
s’élèvent avec le flot vers le soleil,
il y a des chariots d’argent dans la plaine des Jeux
et des chariots de bronze sans défaut.

Des coursiers d’or jaune sont sur la rive,
d’autres encore de couleur pourpre,
d’autres avec de la laine sur le dos,
de la couleur du ciel tout bleu.

Au lever du soleil viendra
un bel homme illuminant les plaines,
il chevauche l’étendue battue des flots,
il remue la mer jusqu’à ce qu’elle soit de sang.

Une armée viendra par la mer claire,
vers la terre elle navigue,
les rameurs s’élancent vers les rochers
d’où s’élèvent cent refrains.

C’est un jour d’éternel beau temps
qui verse de l’argent sur les terres,
une falaise blanche bordant la mer
qui reçoit la chaleur du soleil.

Là sont le bonheur et la santé
sur la terre où résonnent les rires,
en la très calme terre, en toute saison,
est la joie qui dure toujours.

Emain, étonnante en face de la mer,
qu’elle soit proche, qu’elle soit lointaine,
où sont des milliers de femmes étranges
que la mer claire entoure.

La Navigation de Bran, fils de Febal.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VISITE MATINALE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Goyo Hashiguchi
    
VISITE MATINALE
Inconnu

La belle princesse Ko-Koué, qui possède le cœur du maître, va lui rendre hommage.
Dès l’aube, elle monte à cheval, et entre, au palais, par la Porte d’Or.
Elle dédaigne toute espèce de fards,
sachant bien qu’ils ne pourraient que ternir, les nuances exquises de son teint.

Mais, d’un pinceau léger, elle dessine ses sourcils.
Seuls, les papillons des vers à soie,
ont des cornes d’une courbe aussi délicate…
et c’est ainsi, qu’elle se présente devant sa Majesté.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

OÙ EST MA BELLE ? (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



OÙ EST MA BELLE ?

Rare, cette beauté sans égale
Ebranle le coeur du pays entier
Aurai-je l’occasion de la revoir
parmi les fleurs ?
Arqués, ses sourcils ressemblent
A la crête des montagnes lointaines
Dans la douleur ma pensée s’envole vers elle

Derrière le paravent vert au phénix doré
Je regrette mon rêve interrompu
Les rideaux fermes
Le salon désert
Aucun chemin ne dessert les cieux émeraude
Impossible d’y envoyer mon message
Dans notre ancienne chambre
M’envahit une tristesse indescriptible

(Wei Zhuang)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nul geste d’amitié (Jorge Carrera Andrade)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Nul geste d’amitié chez l’oiseau, le nuage,
le toit grégaire dont se froncent les sourcils.
Un moine vert et muet habite dans chaque arbre
et un ciel sans pupilles regarde le monde.

(Jorge Carrera Andrade)

Illustration: Alexandre Calame

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nul geste d’amitié chez l’oiseau (Jorge Carrera Andrade)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



 

Nul geste d’amitié chez l’oiseau, le nuage,
le toit grégaire dont se froncent les sourcils.
Un moine vert et muet habite dans chaque arbre
et un ciel sans pupilles regarde le monde.

(Jorge Carrera Andrade)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le signe (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018




    
Le signe

Та voix sous la Grande Ourse qui tournait lente dans le
ciel, la netteté de ta voix. Les silences de ta voix malgré
l’urgence.

Et maintenant les cheminées de la centrale, leurs
colonnes de vapeur blanche qui vont chercher très haut
les respirations de l’azur. Maintenant une fois, deux fois
cet admirable signe de tes sourcils qui n’est qu’à toi.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Émerveillement (Oktay Rifat)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



 

Émerveillement

Que c’est beau ! Les cheveux ne dépassent pas la nuque,
Ils finissent à notre front ;
Les cils un par un
Les sourcils effilés !
Que c’est beau le visage de l’homme,
Os de la pommette, et dix doigts !
Ah, notre monde ! Toutes ces saisons,
Les nuages, le peuplier effilé,
Et Istanbul !

(Oktay Rifat)

Illustration: Keniz

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LA FLEUR DE PÊCHER (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

LA FLEUR DE PÊCHER

J’ai cueilli une fleur de pêcher,
et je l’ai offerte à ma bien-aimée,
dont la bouche est aussi petite et aussi rose.

J’ai pris, dans son nid,
une hirondelle aux ailes noires,
et je l’ai offerte à ma bien-aimée,
dont les sourcils ressemblent
aux ailes de l’hirondelle.

Le lendemain, la fleur de pêcher était fanée,
et l’hirondelle avait fui par la fenêtre
qui donne sur la Montagne Bleue.

Mais, la bouche de ma bien-aimée était toujours rose,
et ses sourcils noirs ne s’étaient pas envolés.

(La Flûte de Jade)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SONIA (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

SONIA

Soir qui revient aux vieux jardins;
Vie de Sonia, bleu du silence.
Les vols lointains des migrateurs;
Arbre nu, automne et silence.

Tournesol tendrement penché
Sur Sonia et sa blanche vie.
Plaie sanglante, jamais montrée,
Éveille en les chambres la vie

Où résonne le bleu des cloches;
Pas de Sonia, tendre silence.
Bête qui meurt salue et passe,
Arbre nu, automne et silence.

Soleil de jours anciens rayonne
Sur Sonia et ses blancs sourcils,
Neige qui humecte ses joues,
Et le fourré de ses sourcils.

(Georg Trakl)

Illustration: Sonia Verdu

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :