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Poésie

Posts Tagged ‘sourdine’

Les paroles de l’eau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Les paroles de l’eau

La lumière était de plus en plus lumière
clarté pure et sèche froide avec douceur
pendant que nous montions le chemin des alpages
où les clochettes des vaches tintent nonchalamment
Nous avons pris ensuite le sentier de terre
qui longe la forêt de grands sapins noirs
noirs du noir bleuté d’un plumage de choucas

Tout le long de la route une eau secrète nous parle
visible un instant quand le léger ruisselet traverse
le sentier puis de nouveau cachée mais toujours s’enchantant
parole de fraîcheur patience murmurée
l’incessante la volubile l’eau qui avance à notre pas

Toi dans ma vie ma chantante en sourdine
rire caché dans l’herbe source ma continuelle

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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S’il vous plaît (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Cette nuit éveillés nous avons guetté d’une même oreille
la petite voix en sourdine qui montait de nulle part
« S’il vous plaît encore un peu de vivre »

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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A CORPS PERDU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Nikolay Butkovskiy 053

A CORPS PERDU

A corps perdu
Je me lie
A nos corps perdus

A ce corps
Qui nous annexe
Pour mieux nous perdre
Qui nous escorte
Pour nous trahir

A ce corps
Qui nous flatte
Puis nous brocarde
Qui nous comble
Puis nous détrousse

Je me rallie
A nos squelettes provisoires
A nos cinq sens
Aux accents du coeur
Aux voyages du sang

Je m’allie
A nos corps en perdition
A ces abris de chair
A ces gibiers du temps

Je me relie
A ce corps
Terreau de l’âme
Qui progresse en sourdine
Et furtivement se détruit

Je chemine
Avec ce qui vit
Et se dissipe
Avec ce qui périt
Et se perpétue

Avec ce qui succombe
Puis en d’autres corps
Survit.

(Andrée Chedid)

Illustration: Nikolay Butkovskiy

 

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AVÈNEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
AVÈNEMENT

Un souffle d’éternité
Investit nos paroles
Tandis que l’homme se hâte
De vivre et de mourir

Brève parade des saisons
Flux et reflux des ombres
Précarité du chant

Nos mots chancellent
Nos raisons s’égrènent
Nos sentiers s’épuisent
Nos rêves en sourdine
Récusent l’horizon

Nous cédons
Aux gouffres impassibles
En exil d’espérance
Nous rayons l’avenir

Pourtant
Ni corps Ni coeurs
N’ont dévoilé leurs arcanes

Un monde en germe
Nous invite
A d’autres semailles
D’autres labours
D’autres récits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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En sourdine (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 Joseph Noel Paton -« Hesperus »

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme les yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

(Paul Verlaine)

Illustration: Joseph Noel Paton

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Retouche aux noces d’or (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




    
retouche aux noces d’or

dans la haute après-midi d’arrière-saison
la petite gare avec ses rideaux blancs
attend le couple
qui n’a pas d’heures pas de mots
nul espoir nul hiver
mais l’enchantement d’un moment après l’autre

l’orchestre des tilleuls accompagne en sourdine
le duo des rails déserts

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Tout proches (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017




    
Tout proches
la terre et les objets familiers
Le corps est aux travaux du jour
met de l’ordre dans les chambres
tond l’herbe redresse les murs
s’enchante du temps qui passe
Toute seule cependant
lointaine sourdine
une tête fêlée
travaille à l’indicible

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Solutions d’automne (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Brent Funderburk 3

Solutions d’automne

Tout, paysage affligé de tuberculose,
Bâillonné de glaçons au rire des écluses,
Et la bise soufflant de sa pécore emphase
Sur le soleil qui s’agonise
En fichue braise…

Or, maint vent d’arpéger par bémols et par dièzes,
Tantôt en plainte d’un nerf qui se cicatrise,
Soudain en bafouillement fol à court de phrases,
Et puis en sourdines de ruse
Aux portes closes.

– Yeux de hasard, pleurez-vous ces ciels de turquoise
Ruisselant leurs midis aux nuques des faneuses,
Et le linge séchant en damiers aux pelouses,
Et les stagnantes grêles phrases
Des cornemuses ?

La chatte file son chapelet de recluse,
Voilant les lunes d’or de ses vieilles topazes ;
Que ton Delta de deuil m’emballe en ses ventouses !
Ah ! là, je m’y volatilise
Par les muqueuses !…

Puis cà s’apaise
Et s’apprivoise,
En larmes niaises,
Bien sans cause …

(Jules Laforgue)

Illustration: Brent Funderburk

 

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LES OBJETS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2016



LES OBJETS

Les objets polis par la paresse,
Ces enfants, ces horizons
Des larmes,
Des cinq heures qui sonnent,
La maison, le ciel, tout cela,
L’éclat des vitres, le coeur
En sourdine des nuages,
Très loin repose leur empreinte,
Comme l’étincelle endormie dans l’ouate.

Je vivrai, je pourrirai
Parmi ces reflets sales.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Douceur du soir (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2016



Douceur du soir ! Douceur qui fait qu’on s’habitue
A la sourdine, aux sons de viole assoupis;
L’amant entend songer l’amante qui s’est tue
Et leurs yeux sont ensemble aux dessins du tapis.

Et langoureusement la clarté se retire;
Douceur ! Ne plus se voir distincts ! N’être plus qu’un !
Silence ! deux senteurs en un même parfum :
Penser la même chose et ne pas se le dire.

(Georges Rodenbach)


Illustration: René Magritte

 

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