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Poésie

Posts Tagged ‘sourdre’

Eau vive (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Eau vive
Qui sourd d’une veine profonde
De sous les tombes,
De sous les racines du chagrin —
Flux de musique :
D’où vient où va
La joie,
Dont nul ne connaît la source?

***

Water of life
That wells from some deep vein
Beneath the graves,
Beneath the roots of sorrow
Music its flow:
Whence comes whither goes
Joy, whose source none knows?

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Ouvre-toi, paume du soir (Pascal Riou)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018




Ouvre-toi, paume du soir, laisse
sourdre la douleur
le voyage inachevable et l’impossible séjour.

Ainsi, l’été, va la bouche
au ruisselet prodigue.

(Pascal Riou)

 

 

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L’eau obscure sourd de l’amphore (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



 

Nathalie-Josse-Amphore-07---2006

L’eau obscure sourd de l’amphore
pure sueur scintillante.
Ainsi les astres, cristaux du temps
qui perle.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Nathalie Josse

 

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À la lisière de la forêt (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Henri Rousseau dit le douanier-rousseau
    
À la lisière de la forêt, – les fleurs de rêve tintent, éclatent, éclairent, –
la fille à lèvre d’orange, les genoux croisés dans le clair déluge qui sourd des prés,
nudité qu’ombrent, traversent et habillent les arcs-en-ciel, la flore, la mer.

(Arthur Rimbaud)

 

Recueil: Illuminations
Traduction:
Editions:

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Eveil au seuil d’une fontaine (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Eveil au seuil d’une fontaine

Ô ! spacieux loisir
Fontaine intacte
Devant moi déroulée
À l’heure
Où quittant du sommeil
La pénétrante nuit
Dense forêt
Des songes inattendus
Je reprends mes yeux ouverts et lucides
Mes actes coutumiers et sans surprises
Premiers reflets en l’eau vierge du matin.

La nuit a tout effacé mes anciennes traces,
Sur l’eau égale
S’étend
La surface plane
À perte de vue.
D’une eau inconnue.
Et je sens dans mes doigts
À la racine de mon poignet
Dans tout le bras
Jusqu’à l’attache de l’épaule
Sourdre un geste
Qui se crée
Et dont j’ignore encore
L’enchantement profond.

(Anne Hébert)

Illustration

 

 

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En descendant l’escalier d’une maison (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



 

en descendant l’escalier d’une maison
de pierre
j’ai entendu sourdre du sous-sol
l’ancien
le continu
l’avenir
et j’étais
en suspens
les lèvres étaient immenses

(Arthur Bidegain)

Illustration: Escher

 

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Gravitation (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
Gravitation

Sous le grand âge du printemps
L’eau sourd en gouttes de regret

Des bouquets sonores exultent
Poudroyants

Mais la demeure saigne
Et sa fissure

Nous avions construit ici notre logis
Sur un escarpement de pierres heureuses.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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J’inventerai pour toi (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018




    
J’inventerai pour toi d’autres paroles
Singulières, des mots étranges, rien ne suffit.
Je leur ajouterai des brassées d’images.

Ne joue pas dans la fuite. Explore le silence,
Pénètre au plus secret de toi, remonte loin,
Plus loin, jusqu’à l’obscur où la parole sourd,
Cachée dans les feuillages.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien ne s’annonce (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Illustration: Ravary Roussot
    
rien ne s’annonce
mon silence est muet
mais je demeure en attente
prêt à capter ce qui va sourdre

soudain des mots
surgissent s’assemblent
et lentement
au profond de la nuit
les murs s’élèvent

une maison basse et retirée
où chantonne
en permanence le vivifiant
murmure de la source

où celui qui s’est perdu
pourra venir se rejoindre
retrouver son visage
renouer avec son sang

Apaisement

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Brume (Giovanni Pascoli)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Brume

Tu caches les choses lointaines,
toi brume impalpable et blafarde,
fumée qui semble sourdre encore,
vers l’aube,
des éclairs nocturnes où croulent
des amas de ciel !

Toi cache les choses lointaines,
cache-moi tout ce qui est mort !
Que je voie seulement la haie
d’entour,
le murger dont les trous sont pleins
de valérianes.

Cache bien les choses lointaines :
les choses sont ivres de pleur !
Que je voie mes arbres fruitiers,
les deux,
qui donnent leur douceur de miel
pour ma tranche de pain.

Cache bien les choses lointaines
qui veulent que j’aime et que j’aille !
Que je ne voie là que ce blanc
de route,
qu’un jour je devrai prendre, au las
tintement des cloches…

Oui, cache les choses lointaines,
cache-les, vole-les au vol
du cœur ! Que je voie le cyprès
là, seul,
rien que les entours, près d’ici
où sommeille mon chien.

***

Nebbia

Nascondi le cose lontane,
tu nebbia impalpabile e scialba,
tu fumo che ancora rampolli,
su l’alba,
da’ lampi notturni e da’ crolli
d’aeree frane !

Nascondi le cose lontane,
nascondimi quello ch’è morto!
Ch’io veda soltanto la siepe
dell’orto,
la mura ch’ha piene le crepe
di valeriane.

Nascondi le cose lontane:
le cose son ebbre di pianto!
Ch’io veda i due peschi, i due meli,
soltanto,
che dànno i soavi lor mieli
pel nero mio pane.

Nascondi le cose lontane
che vogliono ch’ami e che vada!
Ch’io veda là solo quel bianco
di strada,
che un giorno ho da fare tra stanco
don don di campane…

Nascondi le cose lontane,
nascondile, involale al volo
del cuore! Ch’io veda il cipresso
là, solo,
qui, solo quest’orto, cui presso
sonnecchia il mio cane.

(Giovanni Pascoli)

 

Recueil: Canti di Castelvecchio
Traduction: Jean-Charles Vegliante

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