Et quelle main votive
pourrait nous ouvrir la contrée
aux contours indécis
mais vrais de ce qui commence.
où de tes pas sourd la lumière
des jours qui s’éloignent de
nous?
(Jean-Vincent Verdonnet)
Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022
Et quelle main votive
pourrait nous ouvrir la contrée
aux contours indécis
mais vrais de ce qui commence.
où de tes pas sourd la lumière
des jours qui s’éloignent de
nous?
(Jean-Vincent Verdonnet)
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Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022
J’aime les encres
Encres furtives
Des ciels changeants
Encres fautives
Des jours indigents
Encres de brume
Ou de clarté
Encres d’amertume
Aux cris des cités
Ah pourvu mon ami
Qu’à la pointe de la plume
Sourde une perle de rosée
Avant d’être goutte de sang
Vous mes encres providentielles
Rayons de toutes couleurs
Ouvrez-moi la chanson
La chanson grise la chanson rose
Encre d’écolier encre rouge et noire
S’il est encore un espoir
Je le cueillerai
Tout au fond de l’encrier
(Claude Haller)
Posted in poésie | Tagué: (Claude Haller), amertume, ami, écolier, brume, changer, chanson, ciel, cité, clarté, couleur, cri, cueillir, encre, encrier, espoir, fautif, fond, furtif, goutte, gris, indigent, jour, noir, ouvrir, perle, plume, pointe, providentiel, rayon, rosée, rose, rouge, sang, sourdre | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022
D’après des tablettes
retrouvées dans une tombe de la Grande-Grèce
Sur le seuil de la porte noire,
À droite, au pied d’un peuplier,
Coule l’eau qui fait oublier.
À gauche sourd l’eau de Mémoire;
Cristal glacé, froide liqueur,
L’eau de Mémoire est dans mon coeur.
La joie et la peine y vont boire;
Des sages siègent sur son bord;
Je leur dirai : « Je crains la mort.
« Je suis fils de la terre noire,
« Mais aussi du ciel étoilé;
« Ouvrez-moi la porte de gloire!
(Marguerite Yourcenar)
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Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2022
jours vides
interminables
écrasés d’ennui
rien ne se propose
de ce qui pourrait
m’apporter
ce dont l’attente
me consume
une région de ténèbres
où tout m’est retiré
de ce qui habituellement
me fait vivre
certes le temps va
mais si lentement si lentement
et chaque seconde
ronge lancine accable
ce qui me fait
défaut
je l’ignore
le ne le connais
que par cе besoin
que j’en ai un âpre désir
une torturante
nostalgie
alors
replié dans mes limbes
sourd et aveugle
à ce qui me hèle
voué souvent
à des heures
lasses et cendreuses
j’attends
j’attends
que sourde
la lumière
que meure
le temps
que jaillisse l’eau
dont j’ai soif
(Charles Juliet)
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Posted by arbrealettres sur 20 février 2021
Illustration: Tamara Lunginovic
jours vides
interminables
écrasés d’ennui
rien ne se propose
de ce qui pourrait
m’apporter
ce dont l’attente
me consume
une région de ténèbres
où tout m’est retiré
de ce qui habituellement
me fait vivre
certes le temps va
mais si lentement
si lentement
et chaque seconde
ronge lancine accable
ce qui me fait
défaut
je l’ignore
je ne le connais
que par ce besoin
que j’en ai
un âpre désir
une torturante
nostalgie
alors
replié dans mes limbes
sourd et aveugle
à ce qui me hèle
voué souvent
à des heures
lasses et cendreuses
j’attends
j’attends
que sourde
la lumière
que meure
le temps
que jaillisse l’eau
dont j’ai soif
(Charles Juliet)
Posted in poésie | Tagué: (Charles Juliet), accabler, apporter, attendre, attente, aveuglé, âpre, écraser, besoin, cendreux, connaître, consumer, désir, eau, ennui, habituel, héler, heure, ignorer, interminable, jaillir, jour, lanciner, las, lent, limbes, lumière, mourir, nostalgie, région, replier, retirer, rien, ronger, se proposer, seconde, soif, sourd, sourdre, ténèbres, temps, torturer, vide, vivre, vouer | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021
MANGO
Je m’appelle Mango et le soir tombe sur la lagune d’Ébrié.
Il n’y a que le bruit de ma pagaie dans l’eau à peine mouvante.
Et mon frère, derrière moi, qui essaie de me rejoindre,
Déjà confondu dans la mer des ombres, et détaché de ma solitude.
Je suis Mango, le pêcheur de carpes et je vais vers ma femme,
Vers mes enfants,
Vers ma paillote. Qui m’attendent.
Quelle est mon attente ?
Les jours sont pareils, pareilles sont les nuits, pareils les visages de ma vie.
Quelle est mon attente ?
L’obscurité déjà m’enveloppe, et je ne suis plus qu’une silhouette,
Sur la lagune d’Ébrié,
Sous le ciel encore mauve avant de s’éteindre dans mon coeur au sang noir.
Je n’étais plus Mango, tantôt, au milieu de la lagune d’Ébrié,
Mais l’air humide et lourd qui couvrait mon corps nu ;
Mais l’eau qui me portait ;
J’étais tout et l’infini de mes paysages,
J’étais la forêt et la savane.
Je n’étais plus Mango, mais le chant qui sourd au fond de moi,
Âme de toutes les âmes,
Respiration secrète du fromager et du feu flamboyant.
J’étais terre et eau, et la sève de l’arbre enraciné dans la vérité de ma nature.
Maintenant, je m’approche de la rive obscure,
Et je retournerai parmi vous, mes amis :
Vous me demanderez qui je suis ?
Je serai le matin où je vous ai quittés et la nuit de mon retour.
Je serai le lieu entre deux pôles et vêtu d’univers,
Ma voix montera des origines avec le murmure des sources.
J’ai peu du poids que je porte en moi :
C’est le poids de ma vérité et le poids du monde.
Je suis Mango, le pêcheur de la lagune d’Ébrié, et vous ne me reconnaîtrez pas.
(Adrien Jens)
Posted in poésie | Tagué: (Adrien Jens), air, aller, ami, arbre, attendre, attente, âme, bruit, carpe, chant, ciel, coeur, confondre, corps, couvrir, détacher, eau, enfant, enraciner, envelopper, essayer, femme, feu, flamboyer, fond, forêt, frère, fromager, humide, infini, jour, lagune, lieu, lourd, matin, mauve, mer, monde, monter, mouvant, murmuré, nature, noir, nu, nuit, obscur, obscurité, ombre, origine, pagaie, paillote, pareil, paysage, pêcheur, pôle, poids, porter, quitter, reconnaître, rejoindre, respiration, retour, retourner, rive, s'appeler, s'approcher, s'éteindre, sang, savane, sève, se demander, secret, silhouette, soir, solitude, source, sourdre, terre, tomber, univers, vérité, vêtir, vie, visage, voix | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 19 août 2020
Illustration
RONDEAU DE LA CHAIR TROP LOURDE
Toujours ce poids qui t’attache à la terre,
Ce pied de plomb tirant sur le genou,
Et cette tête à ton tronc peu légère,
Mal emmanchée à ton douloureux cou;
Toujours le fiel dans cette bouche amère,
Des yeux piquants l’âcre larme qui sourd,
La cire épaisse au creux du tympan sourd;
Du gros cerveau que la tempe resserre
Toujours ce poids!
Toujours ces dents dont l’ivoire s’altère,
Ce crin hirsute en guerre avec le pou,
Toujours ce ventre enflant en demi-sphère
La pommaison de son grotesque chou.
A sa grinçante et peineuse charnière
Toujours ce bras qui pend débile et gourd,
Cette main moite où toute crasse accourt;
Du sang, de l’os, du muscle et du viscère
Toujours ce poids!
Nul réconfort au fond de ta misère
Que de presser un être encor plus mou,
Encor plus creux : tel lard en souricière,
Offrant l’appât de son funeste trou.
Lors sans bonnet sur ton occiput glabre,
Sans gant le carpe et le fémur sans bas,
En toute paix par les luneux sabbats
Tu branleras le tarse au bal macabre.
Courage encor!
(André Berry)
Posted in poésie | Tagué: (André Berry), accourir, amer, appât, attacher, âcre, épais, être, bal, bas, bonnet, bouche, branler, bras, carpe, cerveau, chair, charnière, chou, ciré, cou, courage, crasse, creux, crin, débile, dent, douloureux, emmancher, enfler, fémur, fiel, funeste, gant, genou, glabre, gourd, grincer, grotesque, guerre, hirsute, ivoire, lard, larme, léger, lourd, luneux, macabre, main, misère, moite, mou, muscle, occiput, offrir, os, paix, peineux, pendre, pied, piquer, plomb, poids, pommaison, pou, presser, réconfort, rondeau, s'altérer, sabbat, sang, se resserrer, sourdre, souricière, sphère, tarse, tête, tempe, terre, tirer, toujours, tronc, trou, tympan, ventre, viscère, yeux | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 31 août 2019
Crépuscule d’automne
Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs
J’entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :
Car voici venir l’heure où dans des lueurs brèves
Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,
L’automnal requiem des soleils et des sèves.
Comme au fond d’une nef qui vient de s’assombrir
L’on ouït des frissons de frêles banderolles,
Et le long des buissons qui perdent leurs corolles
La maladive odeur des fleurs qui vont mourir
S’évapore en remous de subtiles paroles.
Sous la lune allumée au nocturne horizon
L’âme de l’angelus en la brume chantonne :
L’écho tinte au lointain comme un glas monotone
Et l’air rêve aux frimas de la froide saison
A l’heure où meurt l’amour, à l’heure où meurt l’automne !
(Stuart Merrill)
Posted in poésie | Tagué: (Stuart Merrill), amour, automne, écho, étouffé, bois, brève, bretonne, brume, buisson, choeur, corolle, crépuscule, ensorceleur, entendre, fleur, frimas, frisson, glas, lueur, monotone, mourir, nef, odeur, parole, pleur, rêve, remous, requiem, s'assombrir, saison, sanglot, sève, soleil, souffle, sourdre, subtile, tinter, vent | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018
Eau vive
Qui sourd d’une veine profonde
De sous les tombes,
De sous les racines du chagrin —
Flux de musique :
D’où vient où va
La joie,
Dont nul ne connaît la source?
***
Water of life
That wells from some deep vein
Beneath the graves,
Beneath the roots of sorrow
Music its flow:
Whence comes whither goes
Joy, whose source none knows?
(Kathleen Raine)
Posted in méditations, poésie | Tagué: (Kathleen Raine), chagrin, connaître, eau vive, flux, joie, musique, racine, source, sourdre, tombe, veine | Leave a Comment »
Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018
Ouvre-toi, paume du soir, laisse
sourdre la douleur
le voyage inachevable et l’impossible séjour.
Ainsi, l’été, va la bouche
au ruisselet prodigue.
(Pascal Riou)
Posted in poésie | Tagué: (Pascal Riou), été, bouche, douleur, laisser, paume, prodigue, ruisselet, s'ouvrir, séjour, sourdre, voyage | Leave a Comment »