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Poésie

Posts Tagged ‘sourire’

SOURIRE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



 


    
SOURIRE

au lavomatic avec ses enfants
et ses sacs plastique
le linge qu’elle regarde
fixement
tourner dans la machine
avec tout ce qu’on ignore
qui tourne dans sa tête
qu’un sourire au plus petit
un instant
ne peut cacher

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral
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Un brin de vent (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
un brin de vent attendre la voix sourire
revivre un rien qu’elle tient dans la main

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée

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Que choisir sur le menu? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Que choisir sur le menu?

1
Je mange chaque midi
Dans un restaurant tranquille
Du lundi au samedi
Au plein coeur de notre ville
Toujours les mêmes visages
Des visages trop connus
Qui sourient car c’est l’usage
Et toujours même menu.

Refrain 1
Que choisir sur le menu?
Poule au riz?
Merlan frit?
Céleri?
Quart de brie ?
Que choisir sur le menu?
OEufs au plat
jambon gras
Je suis las
De tout ça
Que choisir sur le menu?
Aujourd’hui comme hier et demain
Donnez-moi un beefsteak aux pomm’s frit’s et du pain
Quart de vin calé noir
Après j’irai me promener sur le trottoir!

2
Mais hier, événement,
La porte a livré passage
À un visage charmant
Jambes fin’s et beau corsage.
Qui est-elle et que fait-elle?
Quelle est donc cette inconnu(e) ?
Elle est jeune et elle est belle.
Bah! regardons le menu.

Refrain 2
Que choisir sur le menu?
Poule au riz?
Merlan frit ?
Céleri?
Quart de brie?
Que choisir sur le menu?
Il me faut
Du nouveau
Du gâteau
Bon et beau
Que choisir sur le menu?
Aujourd’hui Honoré j’ai grand faim
Donnez-moi du foie gras — Donnez-moi du bon vin
Verr’ d’alcool café noir
Après j’irai me promener sur le trottoir!

3
Elle est sorti(e) derrièr’ moi,
Avec son joli sourire.
Je lui ai parlé ma foi
Sans trop savoir quoi lui dire.
Aujourd’hui tous deux ensemble
Au restaurant revenus,
La même carte me semble
Le plus savoureux menu.
Je choisis sur le menu
—Ce qu’ell’ veut
—C’est bien mieux
—J’ suis heureux
Comme un dieu

Refrain 3
Je choisis sur le menu
—Baisers fous
—Sur son cou
— Et mots doux
—Entre nous
C’est le meilleur des menus.
Ma chérie aujourd’hui comm’ demain
Je préfère aux festins quelque morceau de pain
Partagé avec vous
Et je préfère aux fleurs le rose de vos joues.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Valse de Régine (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



    

Valse de Régine

L’amour, ce bel enfant
Doux et rieur
Qui sème le printemps
Au fond des coeurs
Fit fleurir en moi-même
Un frais jardin
O belles fleurs que j’aime
Qu’il vienne enfin!
Tu resteras toujours
Mon éternel amour
J’ai voulu te le dire
Et n’ai pu que sourire…
J’ai cueilli pour toi la fleur de mai,
Le perce-neige au parfum si frais
Mais toi, tu dédaignas
Ce bouquet délicat
Que ma timidité
Ose à peine effeuiller!
Tu resteras, chéri,
Mon unique souci
Tu resteras toujours
Mon seul amour!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Ne reviens pas si tard (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
Ne reviens pas si tard
Romance

1
Viendras-tu? Viendras-tu? Il est tard!
Et dans la nuit
L’heure s’enfuit
Je revis ainsi qu’un cauchemar,
Tout notre amour et tes trahisons
Et tes yeux clairs et ton beau sourire
Mon coeur se déchire
Tout seul dans la maison.

Refrain 1
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute,
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard quand tu sais que j’attends
Que tu sais que j’attends seul avec mes pensées.
Ne rentre pas si tard après la nuit tombée.

2
Pourquoi souffrir tout ce cauchemar
La vie passe
Et s’efface
Un jour tu reviendras, mais trop tard
J’aurai fui enfin tes trahisons
Et tes beaux yeux et ton sourire
Que pourras-tu dire
Seule dans la maison.

Refrain 2
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Car tu pourrais ne retrouver que le silence
Ne rentre pas si tard.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Appelle la sirène et l’étoile (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration: Victor Nizovtsev 
    

Appelle la sirène et l’étoile à grands cris
Si tu ne peux dormir bouche close et mains jointes
Ainsi qu’un chevalier de pierre qui sourit
A voir le ciel sans dieux et les enfers sans plainte.

O Révolte!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les roses (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Abdalieva Akzhan -   3

Les roses

L’air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l’amour :
Il aime l’ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.

Tout s’y trompait. L’oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l’heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.

Tandis qu’aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.

Ô ma mère ! On eût dit qu’une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.

J’écoutais, j’entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs ;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs,

Je m’endormis. Ne grondez pas, ma mère !
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait de rentrer.
Et j’avais vu Daphnis passer avec son père.

Au bruit de l’eau, je sentis le sommeil
Envelopper mon âme et mes yeux d’un nuage,
Et lentement s’évanouir l’image
Que je tremblais de revoir au réveil :

Je m’endormis. Mais l’image enhardie
Au bruit de l’eau se glissa dans mon coeur.
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.

En vain pour m’éveiller mes compagnes chéries,
En me tendant leurs bras entrelacés,
Auraient fait de mon nom retentir les prairies ;
J’aurais dit :  » Non ! Je dors, je veux dormir ! Dansez !  »

Calme, les yeux fermés, je me sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l’essor ;
Mais las de voltiger, (ma mère, j’en soupire,)
Ils disparurent tous ; un seul me trouble encor,

Un seul. Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s’approcha de mon sein palpitant :
C’était une ombre, et j’avais peur pourtant,
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.

Doucement, doucement, il m’appela deux fois ;
J’allais crier, j’étais tremblante ;
Je sentis sur ma bouche une rose brûlante,
Et la frayeur m’ôta la voix.

Depuis ce temps, ne grondez pas, ma mère,
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis me suit partout pensif et curieux :
Ô ma mère ! Il a vu mon rêve dans mes yeux !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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Le beau jour (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Brenda Burke 7 

Le beau jour

J’eus en ma vie un si beau jour,
Qu’il éclaire encore mon âme.
Sur mes nuits il répand sa flamme ;
Il était tout brillant d’amour,
Ce jour plus beau qu’un autre jour ;
Partout, je lui donne un sourire,
Mêlé de joie et de langueur ;
C’est encor lui que je respire,
C’est l’air pur qui nourrit mon coeur.

Ah ! que je vis dans ses rayons,
Une image riante et claire ?
Qu’elle était faite pour me plaire !
Qu’elle apporta d’illusions,
Au milieu de ses doux rayons !
L’instinct, plus prompt que la pensée,
Me dit : « Le voilà ton vainqueur. »
Et la vive image empressée,
Passa de mes yeux à mon coeur.

Quand je l’emporte au fond des bois,
Hélas ! qu’elle m’y trouble encore :
Que je l’aime ! que je l’adore !
Comme elle fait trembler ma voix
Quand je l’emporte au fond des bois !
J’entends son nom, je vois ses charmes,
Dans l’eau qui roule avec lenteur ;
Et j’y laisse tomber les larmes,
Dont l’amour a baigné mon coeur.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Brenda Burke

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La fleur d’eau (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Paul Chabas Painting 25

La fleur d’eau

Fleur naine et bleue, et triste, où se cache un emblème,
Où l’absence a souvent respiré le mot : J’aime !
Où l’aile d’une fée a laissé ses couleurs,
Toi, qu’on devrait nommer le colibri des fleurs,
Traduis-moi : porte au loin ce que je n’ose écrire ;
Console un malheureux comme eût fait mon sourire :
Enlevée au ruisseau qui délasse mes pas,
Dis à mon cher absent qu’on ne l’oubliera pas !

Dis qu’à son coeur fermé je vois ce qui se passe ;
Dis qu’entre nos douleurs je ne sens pour espace
Que ton voile charmant d’amitié, que toujours
Je puise dans ma foi les voeux que tu lui portes,
Que je les lui dédie avec tes feuilles mortes,
Frêles et seuls parfums répandus sur mes jours ;
Dis qu’à veiller pour lui mon âme se consume,
Qu’elle a froid, qu’elle attend qu’un regard la rallume !

Dis que je veux ainsi me pencher sous mes pleurs,
Ne trouver nulle joie au monde, au jour, aux fleurs ;
Que la source d’amour est scellée en mon âme,
Que je sais bien quelle âme y répondrait encor,
Dont je serais la vie, et qui serait ma flamme ;
Il le sait bien aussi : mais cette âme, elle dort ;
Elle dort dans l’absence où s’effeuille ma vie,
Où tu me dis pourtant que j’en serai suivie,
Et ranimée un jour. Mais qu’il nous faut encor,
Lui, brûler ; moi, languir pour contenter le sort.

Va donc comme un oeil d’ange éveiller son courage ;
Dis que je t’ai cueillie à la fin d’un orage ;
Que je t’envoie à lui comme un baiser d’espoir
Et que se joindre ainsi c’est presque se revoir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Paul Chabas

 

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Jeune homme irrité (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Agim Sulaj 55 [1280x768]

Jeune homme irrité

Jeune homme irrité sur un banc d’école,
Dont le coeur encor n’a chaud qu’au soleil,
Vous refusez donc l’encre et la parole
À celles qui font le foyer vermeil ?
Savant, mais aigri par vos lassitudes,
Un peu furieux de nos chants d’oiseaux,
Vous nous couronnez de railleurs roseaux !
Vous serez plus jeune après vos études :
Quand vous sourirez,
Vous nous comprendrez.

Vous portez si haut la férule altière,
Qu’un géant ploierait sous son docte poids.
Vous faites baisser notre humble paupière,
Et nous flagellez à briser nos doigts.
Où prenez-vous donc de si dures armes ?
Qu’ils étaient méchants vos maîtres latins !
Mais l’amour viendra : roi de vos destins,
Il vous changera par beaucoup de larmes :
Quand vous pleurerez,
Vous nous comprendrez !

Ce beau rêve à deux, vous voudrez l’écrire.
On est éloquent dès qu’on aime bien ;
Mais si vous aimez qui ne sait pas lire,
L’amante à l’amant ne répondra rien.
Laissez donc grandir quelque jeune flamme
Allumant pour vous ses vagues rayons ;
Laissez-lui toucher plumes et crayons ;
L’esprit, vous verrez, fait du jour à l’âme :
Quand vous aimerez,
Vous nous comprendrez !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Agim Sulaj

 

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