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Poésie

Posts Tagged ‘sourire’

La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je parle avec ma main (Chu Ta)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021



Illustration: Raymond Peynet
    
Je parle
avec ma main,
Tu écoutes avec
tes yeux;
Et nous nous comprenons,
n’est-ce pas,
en un seul sourire

(Chu Ta)

 

Recueil: Et le souffle devint signe (François Cheng)
Traduction:
Editions: L’ICONOCLASTE

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Île-de-France (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


 

Les grands arbres cachent un sein d’aubépine,
le plus tendre de tous les seins de la terre.
Le ciel qui cligne et qui sourit
apprend aux oiseaux des chansons d’arc-en-ciel.

Clairière loyale où joue le joli mai,
verdures rougissantes sur la jeune fille étendue,
Île-de-France parmi les domaines forestiers,
je boirai mon héritage dans les rivières
qui vont et qui viennent.

(André Frénaud)

 

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Je ne puis guérir d’un appel insensé (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


 

Egarés dans les moires du temps, les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant,
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de boeuf,
je maudis l’aventure, je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune,
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales,
dans la fraîcheur immobile de mon ombre.

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

 

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INVENTAIRE (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

Carl Vilhelm Holsoe Asleep

INVENTAIRE

Aux quatre coins de moi-même,
mélancoliquement je cherche
tout ce qui me manque à l’appel!

Où, mon fluide pas
qui feuilletait pour moi les horizons
ainsi que les pages d’un livre
d’images merveilleuses ?
Où, ma main qui serrait les jours
comme un jeu coloré de cartes
dont je pouvais tirer même la bonne ?
Quel miroir me rendra
la courbe exacte du sourire ?
Quelle plume saura traduire
les cadences de quels vers ?

Veuf de tout ce qui fut,
amputé de ce qui pouvait être
et désormais ne sera plus sur cette terre,
qu’attendre donc, qu’attendre
sinon, dans la roche creusée,
le bref horizon d’une bière ?

Pourtant — grâce très grande! — il reste
le coeur : il est plein de toi :
les yeux, les joues, les lèvres, les cheveux
et la voix grave et le sourire
et cette main qui me caresse
et te transfuse peu à peu
dans mes fibres les plus secrètes,
et ton pas qui est le mien.
Puisque tu es en moi,
puisque tu es moi.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Carl Vilhelm Holsoe

 

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Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



moissonneuses

Un jour, j’inventerai les signes de ma topographie personnelle :
baisers dans les fougères, postes d’affût des grosses truites,
coups de foudre, harems champêtres, traces de fées, moissonneuses nues,
violettes hallucinogènes, arbres à casse-croûte, granges aux belles,
cabarets en lierre, haltes du temps, sourires, etc…

Je me demande si M. Larousse, qui emploie des jeunes filles à souffler sur des pissenlits,
accueillera mes suggestions dans ses excellents ouvrages.

(André Hardellet)

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Printemps (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



Printemps

Ivre de sève
L’arbre titube dans le verger
Qu’agite la houle printanière
La maison y naufrage

Je descends dans le jardin
Et chaque fleur est un sourire
Que butine l’abeille

Il est des moments de pure vacuité
Où l’esprit se repose
En chassant toute pensée.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Mais qui a peur? (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021




Mais qui a peur?

Les arbres mouillés,
les armes rouillées,
l’astre dérobé,
le coeur engourdi,
chevaux encerclés,
château disparu,
forêt amoindrie,
accès délaissé,
lisière éperdue,
source dessaisie,

– la neige sourit.

(André Frénaud)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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L’île (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



L’île

Pour un coin d’eau de traces et d’herbe verte
Où l’oeil serait nu le coeur de rosée
Les mains feuilles ouvertes

Je vais
Aile au soleil
Marchant pour l’étoile
Son odeur de résine et de rêve d’enfant

C’est la route des fables la route des genêts
Que bordent les noirs sourires d’enracinés

Voici l’île la fleur la découverte

Voici l’oiseau chanteur
Voici les lendemains

Les mensonges aux yeux de mouettes.

(Andrée Chedid)


Illustration

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C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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