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Poésie

Posts Tagged ‘sourire’

Réveil (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Réveil

Après une nuit brûlante
Se lève un jour froid
Avec des ombres violacées
L’oiseau vole au-delà de l’espace
Et dépasse la dernière étoile
Alors que la lumière révèle
Le spectre de la feuille
Le frémissement de l’arbre
Monte du cœur
De la terre inerte
Et sa sève végétale s’élève
Jusqu’au ciel souriant à peine
Qui se colle à la vitre

Une porte s’ouvre alors
Entre deux nuages battants.

(Jean-Baptiste Besnard)

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POEME DE COLLEGIEN (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



POEME DE COLLEGIEN

Amis, mon amie a su
Me télégraphier, me téléphoner.

Nous sourions à la campagne
Et la campagne nous sourit,
Minute rare, minute flamme
Où vient brûler toute la vie.

Oh! j’ai vu tes dents
Plus nouvelles et plus vives
Que les fleurs des champs,
Non, le jour n’est plus un mal effrayant.

Le retour fut une angoisse douce,
En te serrant, je t’ai juré.
L’amour est le sang d’un ours
Qui perd son sang dans sa toison.

Amis, mon amie a su
Me télégraphier, me téléphoner.

(Pierre Morhange)

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La fille de joie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Je l’ai vue les seins presque nus
Sur les trottoirs de la ville
Les lèvres peintes
Les cils charbonnés
Avec des bas longs
Comme un chagrin d’enfant
Et des jarretelles roses
Comme des bonbons acidulés
La fille de joie
Au regard triste
Je l’ai reconnue
Elle a voulu se cacher
Mais elle m’a souri
Je n’ai pas osé lui parler
Mais j’ai incliné la tête.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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RENAISSANCES (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



RENAISSANCES

La terre garde encor la trace
De son dernier printemps flétri,
Qu’au souffle de l’avril qui passe
Toutes choses ont refleuri.
Mon âme garde encor la plaie
De ses derniers songes défunts,
Qu’au souffle d’avril qui l’égaie,
La bercent de nouveaux parfums.
O mon âme, jardin morose
Où pleurent d’éternels soucis,
Qui nous rendra l’éclat des roses
Et l’azur des cieux adoucis ?
Et quelles bouches enfantines.
Quelles candeurs aux chastes doigts,
Feront refleurir, dans tes ruines,
Le doux sourire d’autrefois ?

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Écrire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2021



Illustration: Xavier Maitre
    
Écrire c’est convertir le trop en peu, l’excès en manque.
Aucun livre ne devrait être plus pesant qu’une lumière.
Aucune écriture ne devrait faire plus de bruit qu’un sourire.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La vie passante
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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LE ROCHER DE ROQUEBRUNE (Paulette Chouvel)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021




LE ROCHER DE ROQUEBRUNE

Les monts de l’Estérel brodent de teintes roses
Un horizon bleuté, caressé par le vent
En ce jeune matin, les grands pins se reposent
Auprès du grand rocher, déposé là… Comment ?

Il est plus qu’une énigme, il est plus qu’un mystère
Immense, majestueux, et un rien insolent.
A ses pieds l’écureuil que l’Argens désaltère
Amuse le vieux pâtre, à demi somnolent.

Par de petits sentiers, des chemins de rocaille
Un accès est inscrit par l’empreinte du temps,
Là-haut vit un ermite, perdu dans la muraille
Mais son sourire moqueur évoque le printemps…

Un soleil sans éclat se couche avec paresse,
Frère Antoine vit ici, défiant tous les ans.
Debout sur le rocher, prie avec allégresse.
Dans la nuit, assoupie, loin de tout, il attend…

(Paulette Chouvel)

Illustration

***

Deux citations de Frère Antoine (qui lui ressemblent en le voyant sur cette photo!!):

« La spiritualité c’est tout prendre du bon coté ! »

« La violence est tristesse, la non violence est humour »

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La Petite Marchande de fleurs (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021




La Petite Marchande de fleurs

Le soleil froid donnait un ton rose au grésil,
Et le ciel de novembre avait des airs d´avril.
Nous voulions profiter de la belle gelée.
Moi chaudement vêtu, toi bien emmitouflée

Sous le manteau, sous la voilette et sous les gants,
Nous franchissions, parmi les couples élégants,
La porte de la blanche et joyeuse avenue,
Quand soudain jusqu´à nous une enfant presque nue

Et livide, tenant des fleurettes en main,
Accourut, se frayant à la hâte un chemin
Entre les baux habits et les riches toilettes,
Nous offrir un petit bouquet de violettes.

Elle avait deviné que nous étions heureux
Sans doute, et s´était dit: « Ils seront généreux. »
Elle nous proposa ses fleurs d´une voix douce,
En souriant avec ce sourire qui tousse.

Et c´était monstrueux, cette enfant de sept ans
Qui mourait de l´hiver en offrant le printemps.
Ses pauvres petits doigts étaient pleins d´engelures.
Moi, je sentais le fin parfum de tes fourrures,

Je voyais ton cou rose et blanc sous la fanchon,
Et je touchais ta main chaude dans ton manchon.
Nous fîmes notre offrande, amie, et nous passâmes;
Mais la gaîté s´était envolée, et nos âmes
Gardèrent jusqu´au soir un souvenir amer.

Mignonne, nous ferons l´aumône cet hiver.

(François Coppée)

Illustration: Jean-Marie Lemire

 

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UN DUO (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2021



Illustration: Giorgio de Chirico
    
UN DUO
(Le duo)

Un couple de mannequins en bois utilisé dans les ateliers de sculpture :
habitants typiques du monde chiriquien.
Qu’attendre des amours d’un tel couple
si ce n’est un rituel d’insectes rigides, une pariade de robots ?

— Étant sans bras pour nous étreindre, rien ne pourra nous séparer.
— Étant sans sexe pour aimer, rien ne pourra nous désunir.
— Sans yeux et sans nez, mon visage. je suis une élégie de cire.
— Sans front; sans bouche, mon partage. je suis un brouillon de sourire.
— Mannequins au torse d’absence ?
— Simulacres que l’éther encense ?
— Appelants du plus grand silence ?
— Aubiers d’être enfantés du tremble ?

Le savez-vous qu’ainsi livrés à la rigidité dorienne des momies,
vous êtes entrelacés à l’énigme du monde?
Le savez-vous qu’en cette terrasse ensoleillée
s’ébauche en vous une théologie des automates ?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Les abeilles (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration
    
les abeilles vinrent pour le miel
les fleurs furent prises de petits rires nerveux
en se déshabillant
pour s’offrir
le soleil sourit

– ta seconde naissance

(Rupi Kaur)

 

Recueil: le soleil et ses fleurs
Traduction: Sabine Rolland
Editions: NiL

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