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Poésie

Posts Tagged ‘souris’

La murmurée (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017




J’ai ce matin, suivi des yeux Florence qui retournait au Moulin de Calavon.
Le sentier volait autour d’elle: un parterre de souris se chamaillant.
Le dos chaste et les longues jambes n’arrivaient pas à se rapetisser
dans mon regard.
La gorge de jujube s’attardait au bord de mes dents.
Jusqu’à ce que la verdure,
à un tournant,
me le dérobât,
je repassai,
m’émouvant à chaque note,
son admirable corps musicien,
inconnu du mien.

(René Char)

Illustration: Frederic Leighton

 

 

 

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LE CITADIN AUX CHAMPS (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017




    
LE CITADIN AUX CHAMPS

Abuser du temps qui passe
soustraire l’air d’une souris
piocher dans le beurre en motte
atteindre l’eau d’un coup de scie
piétiner l’or de la crotte
étreindre le blé sans épis
insulter mouche qui trotte
sermonner les pous des brebis
abuser du temps qui passe
voilà tout ce qu’à la campagne
fait le monsieur de Paris

(Raymond Queneau)

 

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Mort comme une soupière (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Mort comme une soupière
Mort comme l’ébrèchement d’une soupière
Mort comme le vide de la soupière
Mort comme un reste de potage figé dans le fond d’une soupière
Mort comme mille soupières
Mort comme dix mille soupières
Mort comme une souris noyée flottant à la surface d’une panade emplissant une soupière
Mort comme un chou plein de poux à genoux dans le fond d’une soupière
Mort comme une soupière
Vivant comme un caillou

(Raymond Queneau)


Illustration

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Proverbes de l’Enfer (4) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Illustration
    
Proverbes de l’Enfer (4)

Le renard pourvoit à ses besoins,
mais Dieu pourvoit aux besoins du lion.

Pense le matin. Agis à midi. Mange le soir. Dors la nuit.

Celui-là te connaît bien qui te laissa lui en imposer.

De même que la charrue obéit à la parole,
Dieu récompense les prières.

Les tigres de la colère sont plus sages
que les chevaux de l’instruction.

Attends de l’eau qui dort du poison.

Tu ne sauras jamais ce qui suffit
si tu ignores ce qui est plus que suffisant.

Prête l’oreille au blâme du sot : c’est un privilège royal !

Les yeux des flammes, les narines de l’air,
la bouche des eaux, la barbe de la terre.

Celui dont le courage est faible trouve la force dans la ruse.

Jamais le pommier ne demande au hêtre comment croître,
ni le lion au cheval comment saisir sa proie.

Qui reçoit avec gratitude, porte une abondante moisson.

Si d’autres n’avaient été stupides, il nous faudrait l’être.

L’âme de la joie délicieuse ne peut être souillée.

Lorsque tu vois un Aigle, tu vois un morceau de Génie :
lève la tête !

De même que la chenille choisit les plus belles feuilles
pour y déposer ses oeufs, le prêtre dépose ses malédictions
sur nos plus belles joies.

Créer une petite fleur est le travail des âges.

Maudire excite. Bénir détend.

Le meilleur vin est le plus vieux,
l’eau la meilleure est la plus fraîche.

Les prières ne labourent pas !
Les louanges ne moissonnent pas !

Les joies ne rient pas ! les chagrins ne pleurent pas !

***

The fox provides for himself. but God provides for the lion.
Think in the morning. Act in the noon. Eat in the evening. Sleep in the night.
He who has suffer’d you to impose on him knows you.
As the plow follows words, so God rewards prayers.
The tygers of wrath are wiser than the horses of instruction.
Expect poison from the standing water.
You never know what is enough unless you know what is more than enough.
Listen to the fools reproach! it is a kingly title!
The eyes of fire, the nostrils of air, the mouth of water, the beard of earth.
The weak in courage is strong in cunning.
The apple tree never asks the beech how he shall grow; nor the lion, the horse, how he shall take his prey.
The thankful reciever bears a plentiful harvest.
If others bad not been foolish, we should be so.
The soul of sweet delight can never be defil’d.
When thou seest an Eagle, thou seest a portion of Genius. lift up thy head!
As the catterpiller chooses the fairest leaves to lay her eggs, so the priest lays his curse on the fairest joys.
To create a little flower is the labour of ages.
Damn braces: Bless relaxes.
The best wine is the oldest, the best water the newest.
Prayers plow not! Praises reap not!
Joys laugh not! Sorrows weep not!

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Proverbes de l’Enfer (3) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
Proverbes de l’Enfer (3)

Les Prisons sont bâties avec les pierres de la Loi,
les Bordels, avec les briques de la Religion.

L’orgueil du paon est la gloire de Dieu.

La lubricité du bouc est la munificence de Dieu.

La colère du lion est la sagesse de Dieu.

La nudité de la femme est le travail de Dieu.

L’excès de douleur rit, l’excès de joie pleure.

Le rugissement des lions, le hurlement des loups,
les fureurs de la mer démontée sont des morceaux d’éternité
trop grands pour l’oeil de l’homme.

Le renard accuse la trappe et non lui-même.

Les joies fécondent. Les douleurs enfantent.

Que l’homme revête la peau du lion, la femme,
la toison de la brebis.

Le nid à l’oiseau, la toile à l’araignée, à l’homme l’amitié.

Le sot égoïste et souriant et le sot sombre et soucieux
seront l’un et l’autre tenus pour sages,
afin qu’ils puissent servir à notre punition.

Ce qui est maintenant prouvé, ne fut autrefois qu’imaginé.

Le rat, la souris, le renard, le lapin regardent les racines ;
le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent les fruits.

La citerne contient ; la fontaine déborde.

Une seule pensée emplit l’immensité.

Sois toujours prêt à dire ta pensée, l’homme servile t’évitera.

Tout ce qu’il est possible de croire est l’image de la vérité.

L’aigle jamais ne perdit plus de temps
qu’à suivre les leçons de la corneille.

***

Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God.
Excess of sorrow laughs. Excess of joy weeps.
The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea, and the destructive sword, are portions of eternity too great for the eye of man.
The fox condemns the trap, not himself.
Joys impregnate. Sorrows bring forth.
Let man wear the fell of the lion. woman the fleece of the sheep.
The bird a nest, the spider a web, man friendship.
The selfish smiling fool, & the sullen frowning fool shall be both thought wise, that they may be a rod.
What is now proved was once only imagin’d.
The rat, the mouse, the fox, the rabbet; watch the roots; the lion, the tyger, the horse, the elephant, watch the fruits.
The cistern contains: the fountain overflows.
One thought fills immensity.
Always be ready to speak your mind, and a base man will avoid you.
Every thing possible to be believ’d is an image of truth.
The eagle never lost so much time, as when he submitted to learn of the crow.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Une souris verte qui courait dans l’herbe (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)

Une souris verte
Qui courait dans l’herbe,
Je l’attrape par la queue
Je la montre à ces messieurs
Ces messieurs me disent
Trempez la dans l’huile
Trempez la dans l’eau,
Ca fera un escargot tout chaud

Je la mets dans un tiroir
Elle me dit : Il fait trop noir (bis)
Je la mets dans mon chapeau
Elle me dit : Il fait trop chaud (bis)
Je la mets dans l’creux d’ma main
Elle me dit : Oui là c’est bien !

(Anonyme)

 

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LA SOURIS ET LE NOTAIRE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



 

souris

LA SOURIS ET LE NOTAIRE

La souris et le notaire
Se croisèrent à Karachi
Qu’il est beau fit la souris
J’en ferai bien mon mari
Mais le notaire célibataire
Prit l’avion pour Paris

(Andrée Chedid)

Illustration

 

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LA FORMULE PEND DU CIEL (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

LA FORMULE PEND DU CIEL

La formule pend du ciel.
Elle glisse entre les astres.
Tu la heurtes par hasard
D’un battement de tes cils.

Elle ignore tout de l’âge
Où notre malheur est pris ;
Libre comme une souris
Qui trotte dans les cordages.

Elle échappe à tous les pièges.
La substance lui fait peur.
Un sourire voyageur
Se dispense de visage.

Peux-tu la saisir au vol ?
Peux-tu partir avec elle ?
Hélas ! Tu pèses bien lourd.
Le temps colle à tes semelles.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Petite lyre romantique (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Petite lyre romantique

Pourquoi me refuser
tes yeux et ton souris
et venir m’arracher
ainsi au paradis?

Pourquoi ne veux-tu pas
laissant là les alarmes
(ah, Dieu : ce que sont femmes !)
me prendre dans tes bras ?

Pourquoi as-tu choisi
la fleur sans odeur
l’agressive fleur
de la jalousie?

Est-ce que tu ne saurais
que je t’aime à un tel point
à toute heure que Dieu fait
que je ne sais plus combien ?

Attendu qu’à la fin
tout entier il est tien
nulle autre ne le tient
ce cœur qui est le mien ?

Ange sans foi
en mes serments,
mais pourquoi, pourquoi
me causer tourment?

Mon âme pleut
du froid, tout blême.
Et il ne t’émeut
ce petit poème.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Alexander Sulimov

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LA PITIÉ DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

LA PITIÉ DE L’AMOUR

Pitié plus qu’on ne peut dire
Se cache au coeur de l’amour,
Puisque tous ces gens qui trafiquent
Et le charroi des nuées,
Et tous ces vents froids qui soufflent
Sans fin leurs trompes de pluie,
Et ce bois de noisetiers sombre
Où l’eau court comme souris grises,
Tout menace l’être que j’aime.

***

THE PITY OF LOVE

A pity beyond all telling
Is hid in the heart of love :
The folk who are buying and selling,
The clouds on their journey above,
The cold wet winds ever blowing,
And the shadowy hazel grove
Where mouse-grey waters are flowing,
Threaten the head that I love.

(William Butler Yeats)

Illustration: Ai Xuan

 

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