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Posts Tagged ‘souris’

LA FORMULE PEND DU CIEL (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

LA FORMULE PEND DU CIEL

La formule pend du ciel.
Elle glisse entre les astres.
Tu la heurtes par hasard
D’un battement de tes cils.

Elle ignore tout de l’âge
Où notre malheur est pris ;
Libre comme une souris
Qui trotte dans les cordages.

Elle échappe à tous les pièges.
La substance lui fait peur.
Un sourire voyageur
Se dispense de visage.

Peux-tu la saisir au vol ?
Peux-tu partir avec elle ?
Hélas ! Tu pèses bien lourd.
Le temps colle à tes semelles.

(Jules Romains)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Petite lyre romantique (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Petite lyre romantique

Pourquoi me refuser
tes yeux et ton souris
et venir m’arracher
ainsi au paradis?

Pourquoi ne veux-tu pas
laissant là les alarmes
(ah, Dieu : ce que sont femmes !)
me prendre dans tes bras ?

Pourquoi as-tu choisi
la fleur sans odeur
l’agressive fleur
de la jalousie?

Est-ce que tu ne saurais
que je t’aime à un tel point
à toute heure que Dieu fait
que je ne sais plus combien ?

Attendu qu’à la fin
tout entier il est tien
nulle autre ne le tient
ce cœur qui est le mien ?

Ange sans foi
en mes serments,
mais pourquoi, pourquoi
me causer tourment?

Mon âme pleut
du froid, tout blême.
Et il ne t’émeut
ce petit poème.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Alexander Sulimov

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LA PITIÉ DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

LA PITIÉ DE L’AMOUR

Pitié plus qu’on ne peut dire
Se cache au coeur de l’amour,
Puisque tous ces gens qui trafiquent
Et le charroi des nuées,
Et tous ces vents froids qui soufflent
Sans fin leurs trompes de pluie,
Et ce bois de noisetiers sombre
Où l’eau court comme souris grises,
Tout menace l’être que j’aime.

***

THE PITY OF LOVE

A pity beyond all telling
Is hid in the heart of love :
The folk who are buying and selling,
The clouds on their journey above,
The cold wet winds ever blowing,
And the shadowy hazel grove
Where mouse-grey waters are flowing,
Threaten the head that I love.

(William Butler Yeats)

Illustration: Ai Xuan

 

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Du temps que j’étais milliardaire (Achille Chavée)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



 

Du temps que j’étais milliardaire
un éléphant vêtu de noir
près de moi vint s’asseoir
en me disant pardon confrère

Du temps que j’étais souris blanche
je suis sorti de souricière
au jour perdu de ma naissance
mais je n’ai pas gagné au change

Du temps que j’étais hanneton
je fus aussi dans la prison
de l’allumette
et dans celle des horizons

Du temps trouvé pour être un homme
et pour penser à moi aussi
je n’ai cueilli sur l’arbre que la pomme
pleine des vers de mon souci

(Achille Chavée)

Illustration

 

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BONNE OREILLE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



BONNE OREILLE

J’entends mourir des enfants au fond d’un sac.
J’entends miauler ton chat, mère Michel.
J’entends le vent du sabre,
j’entends la souris grignoter ta robe, tante Valentine,
j’entends la rouille germer sur la clé des songes.
Jacques, j’entends pâlir ta signature sur tes lettres d’amour.
Et j’entends, Marie, j’entends ton plus beau cil tomber à la rigole, partir à la dérive.

Tant d’oreille, c’est fatigant.

(Norge)


Illustration: Laurence Cleyet-Merle

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LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LA SOURIS MÉTAMORPHOSÉE EN FILLE

Une Souris tomba du bec d’un Chat-Huant :
Je ne l’eusse pas ramassée ;
Mais un Bramin le fit ; je le crois aisément :
Chaque pays a sa pensée.
La Souris était fort froissée :
De cette sorte de prochain
Nous nous soucions peu : mais le peuple bramin
Le traite en frère ; ils ont en tête
Que notre âme au sortir d’un Roi,
Entre dans un ciron, ou dans telle autre bête
Qu’il plaît au Sort. C’est là l’un des points de leur loi.
Pythagore chez eux a puisé ce mystère.
Sur un tel fondement le Bramin crut bien faire
De prier un Sorcier qu’il logeât la Souris
Dans un corps qu’elle eût eu pour hôte au temps jadis.
Le sorcier en fit une fille
De l’âge de quinze ans, et telle, et si gentille,
Que le fils de Priam pour elle aurait tenté
Plus encor qu’il ne fit pour la grecque beauté.
Le Bramin fut surpris de chose si nouvelle.
Il dit à cet objet si doux :
« Vous n’avez qu’à choisir ; car chacun est jaloux
De l’honneur d’être votre époux.
– En ce cas je donne, dit-elle,
Ma voix au plus puissant de tous.
– Soleil, s’écria lors le Bramin à genoux,
C’est toi qui seras notre gendre.
– Non, dit-il, ce nuage épais
Est plus puissant que moi, puisqu’il cache mes traits ;
Je vous conseille de le prendre.
– Et bien, dit le Bramin au nuage volant,
Es-tu né pour ma fille ? – Hélas non ; car le vent
Me chasse à son plaisir de contrée en contrée ;
Je n’entreprendrai point sur les droits de Borée. »
Le Bramin fâché s’écria :
« Ô vent donc, puisque vent y a,
Viens dans les bras de notre belle! »
Il accourait : un mont en chemin l’arrêta.
L’éteuf passant à celui-là,
Il le renvoie, et dit : « J’aurais une querelle
Avec le Rat ; et l’offenser
Ce serait être fou, lui qui peut me percer. »
Au mot de Rat, la Damoiselle
Ouvrit l’oreille ; il fut l’époux.
Un Rat ! un Rat ; c’est de ces coups
Qu’Amour fait, témoin telle et telle :
Mais ceci soit dit entre nous.

On tient toujours du lieu dont on vient. Cette Fable
Prouve assez bien ce point : mais à la voir de près,
Quelque peu de sophisme entre parmi ses traits :
Car quel époux n’est point au Soleil préférable
En s’y prenant ainsi ? Dirai-je qu’un géant
Est moins fort qu’une puce ? elle le mord pourtant.
Le Rat devait aussi renvoyer, pour bien faire,
La belle au chat, le chat au chien,
Le chien au loup. Par le moyen
De cet argument circulaire,
Pilpay jusqu’au Soleil eût enfin remonté ;
Le Soleil eût joui de la jeune beauté.
Revenons, s’il se peut, à la métempsycose :
Le sorcier du Bramin fit sans doute une chose
Qui, loin de la prouver, fait voir sa fausseté.
Je prends droit là-dessus contre le Bramin même :
Car il faut, selon son système,
Que l’homme, la souris, le ver, enfin chacun
Aille puiser son âme en un trésor commun :
Toutes sont donc de même trempe ;
Mais agissant diversement
Selon l’organe seulement
L’une s’élève, et l’autre rampe.
D’où vient donc que ce corps si bien organisé
Ne put obliger son hôtesse
De s’unir au Soleil, un Rat eut sa tendresse ?
Tout débattu, tout bien pesé,
Les âmes des souris et les âmes des belles
Sont très différentes entre elles.
Il en faut revenir toujours à son destin,
C’est-à-dire, à la loi par le Ciel établie.
Parlez au diable, employez la magie,
Vous ne détournerez nul être de sa fin.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Ne crains rien, mon enfant (David Vogel)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

    

Ne crains rien, mon enfant

Ne crains rien, mon enfant,
Ce ne sont que deux souris
Trottant de la table à la chaise.
Elles sont bien plus menues que toi
Et ne pourront te dévorer.

Ne crains rien, mon enfant,
Ce n’est que l’index mouillé de la pluie
tambourinant sur la vitre.
Nous ne lui ouvrirons pas.

Cache-toi au plus profond de moi
Moi qui suis ta mère.
Nous étendrons la sombre nuit sur nos têtes
Et nul ne saura nous trouver.

(David Vogel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: L. Schechtman
Editions: Gallimard

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Madame la souris (Jean-Claude Touzeil)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Madame

Madame la
Madame la souris
Madame la souris a
Madame la souris a encore
Madame la souris a encore accouché
Madame la souris a encore accouché d’une
Madame la souris a encore accouché d’une montagne
Madame la souris a encore accouché d’une montagne russe

(Jean-Claude Touzeil)


Illustration

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Le Jardin de Julie (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2017




    
Le Jardin de Julie

La petite grenouille
mange bien ses nouilles

La petite souris
grignote bien son riz

Le petit hamster
aime les pommes de terre

Le petit lapin
mange tout son pain

Le petit canard
veut des épinards

La grosse tortue
veut de la laitue

La petite marmotte
croque une carotte

et la belle poule
mange sa semoule

(Brigitte Level)

 

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Souris grise et souriceau (Jean-Pierre Vallotton)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Souris grise et souriceau

Une souris grise
repasse ses chemises

Un jeune souriceau
recoud son chapeau

Un rat d’opéra
reprise ses bas

Une souricette
lave ses chaussettes

Un petit rat d’hôtel
fixe ses bretelles

Une souris des champs
astique ses gants

Un joli raton
met son pantalon

Une souris blanche
retrousse ses manches

Un beau rat musqué
lace ses souliers

Une jeune rate
renoue sa cravate

Mais un vieux rat d’égout
ne fait rien du tout

(Jean-Pierre Vallotton)

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