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Poésie

Posts Tagged ‘sous-bois’

Tu savais que quelqu’un viendrait (Diego Perez)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Tu savais que quelqu’un viendrait
pour décrypter ton passage
débusquer cette vérité
où s’incubait ton exil
et porter aux armes du jour
ton témoignage de sous-bois.

(Diego Perez)


Illustration

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L’ENVERS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020



 

Illustration
    
L’ENVERS

À l’envers de l’ombre il y a un chant
d’oiseau au bord d’un étang le grand soleil d’été
L’ombre est celle d’un frêne il frémit imperceptiblement
Le chant la voix d’une mésange quatre notes flûtées
L’ombre c’est moi encore peut-être qu’elle ombrage
Ce fut moi qui écoutais l’oiseau Le ciel pâle
en moi se mire dans l’eau de l’étang
Les feuilles du frêne éparpillent leur chuchotement
et l’herbe vive crépite de sautereaux verts

Je voudrais toucher une à une chaque note du chant
de la mésange avec mes doigts pour être sûr
que ce qu’elle chante c’est pour de vrai
chaque note une anémone blanche très petite
dans l’épaisseur du sous-bois Chaque son pur
qui se lève et dit C’est moi le sol mineur
à haute enfantine irrécusable voix

Les années autrefois étaient plus immobiles
les frênes les mésanges l’herbe les étangs
plus certains Tout était pour de vrai
Ce qui existe a l’air d’exister moins
d’être moins sûr de son droit ou bien
est-ce moi ?

À l’envers du temps la mésange s’arrête de
chanter l’arbre de frissonner Je reviens sur mes pas
Je te parle tu me réponds toi ma vie à
l’endroit de l’ombre et du temps
ma pour de vrai

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Si d’aventure le souffle Un jour vient à manquer (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si d’aventure le souffle
Un jour vient à manquer,
Choisis une rivière.
Peuple-la de grands arbres
Épris de vent, de lumière.

Arpente ses sentiers,
Ses sous-bois, ses halages !
Compose avec ses infinis,
Ses méandres, ses silences.
Déchiffre ses inconnus,
Cherche son nom secret,
Ne te retiens pas d’avancer.

Trouve-toi des compagnons de route,
Des passants du soleil
Qui savent s’arrêter,
Prendre leur temps,
Puis te laisser aller.

Ne compte pas tes pas,
N’arrête pas les heures,
Fais confiance aux courants,
Laisse-toi respirer.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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LA ROUTE QUE JE N’AI PAS PRISE (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019


 


Auguste Macke  fields

LA ROUTE QUE JE N’AI PAS PRISE

Deux routes divergeaient dans un bois jaune;
Triste de ne pouvoir les prendre toutes deux,
Et de n’être qu’un seul voyageur, j’en suivis
L’une aussi loin que je pus du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, qui me parut aussi belle,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qu’on pouvait fouler,
Bien qu’en ce lieu, vraiment, l’état en fût le même,
Et que ce matin-là elles fussent pareilles,

Toutes deux sous des feuilles qu’aucun pas
N’avait noircies. Oh, je gardais
Pour une autre fois la première!
Mais comme je savais qu’à la route s’ajoutent
Les routes, je doutais de jamais revenir.

Je conterai ceci en soupirant,
D’ici des siècles et des siècles, quelque part :
Deux routes divergeaient dans un bois; quant à moi,
J’ai suivi la moins fréquentée
Et c’est cela qui changea tout.

(Robert Frost)

Illustration: Auguste Macke

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Renégat (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018



 

Aron Wiesenfeld Dog

Renégat

Dans le grand parc
derrière la cité
un chien
se cachait.
II était trop malin
pour les gardiens alcooliques
et avait fait du sous-bois
son royaume.
Il se montrait parfois
au pied des premiers arbres
un calme d’assassin
autour des mâchoires.

Il a vécu
dans une cave sans lumière
aux ordres d’un dealer
qui n’a pas fait long feu.
Il dormait sur des armes
c’est pendant la perquise
qu’il a fui emportant
les doigts
d’un flic
en civil.
Depuis
il attend
ivre de soleil
de pluie et de vent
la punition
certaine.
Le souvenir du sang
le maintient en alerte
il connaît trop les hommes
pour n’être
qu’une bête.

(Balbino)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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AUTOBIOGRAPHIE 29 (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

AUTOBIOGRAPHIE 29

« Celui qui entrevoit l’énigme du nihilisme
pourrait entrevoir aussi une étoile
qui file, et acquiesce. »
(K. Axelos, le Jeu du monde)

Chaque étoile
soudain embrasée
flamboie
ou file
traçant un arc de lumière fugitive
par-dessus le souffle du néant
et me laisse
seul près du roc
ou trébuchant
cherchant mon chemin à tâtons
par les sous-bois
avec
pour seul sentiment de l’existence
le frémissement d’un ventre animal

*

AUTOBIOGRAPHY 29
« The man who sees into the enigma of
nihilism, might also see a shooting star, and acquiesce. »
(K Axelos, le Jeu du monde)

Each star
in its own sudden fire
blazes
or shoots
in a fast fine curve of light
over the breathing emptiness
and leaves me
alone by the rock
or stumbling
groping my way
through the undergrowth
with only
the feeling of existence
as it trembles in an animal’s belly

(Kenneth White)

 

 

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Recouverts de lichen (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Recouverts de lichen et comme pétrifiés
des arbres morts jonchent les sous-bois
d’enchevêtrements impénétrables
et dans cette pénombre sous-marine
transpercée de longs traits de lumière
on croirait voir remontée à la mémoire
la trace évanouie de l’outre-monde

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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PRELUDE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




PRELUDE

Je me rappelle, Erica !
Je me rappelle
l’instant du miracle, la date lumineuse
d’hier.
Pas un geste, pas un cri
ne s’efface de ma mémoire.

Je me rappelle et, plus fier
que le guerrier de la légende ou de l’épopée,
j’avance dans la lice avec le front marqué du signe de ta gloire.

La grâce
a pénétré jusqu’au coeur de ma vie.
Lame de lumière dans le sous-bois.
Epée étincelante enfoncée à tes flancs,
Bel Archer de Minuit !

Et toi, Reine dernière,
La torche flambe dans ta main.
Une route de feu s’ouvre droit sur l’infini.
Il souffle, il souffle un vent étrange !
Tourne, tourne l’héliotrope de Midi !
Et tourne et tourne le sable rouge !

Et Toi et Moi, ce soir,
Nous ne serons plus que deux rêves,
Deux rêves enfouis dans la poitrine de l’ivresse.
Deux rêves vivants
comme arbres drus sur la dune,
Gonflés de sève et de mystère !

(Jacques Rabemananjara)

 

 

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Retouche au sous-bois (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2017




    
retouche au sous-bois

forêt où rit la lumière en guenilles
mes soucis à l’aimer deviennent ses oiseaux
ma peur son brame à liseré de rouille

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie
Editions: Gallimard

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DEVANT SOI (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017




    
DEVANT SOI

Les dernières étincelles au bout des barres
Étoiles
Les trajectoires se dispersent dans les rideaux du ciel
C’est l’ombre qui traîne
Le sous-bois est plus sombre
Il ne fait pas encore nuit
sur la route
Les arbres se sont endormis
Entre les murs quelqu’un appelle
et passe
Un éclair d’hirondelle
Les roues tournent en remontant
On n’écouterait pas ce chant
Dans l’air où les oiseaux se cachent
Des noms dans le temps qui s’effacent
Et seul celui qui reste
Entre les bras levés qui jamais ne se lassent
En attendant que quelque chose vienne
On ne sait quoi

(Pierre Reverdy)

 

Recueil: Main d’oeuvre
Editions: Mercure de France

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