Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘soute’

Maintenant que j’arrive au point mort de la vie (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maintenant que j’arrive au point mort de la vie
Où la jeunesse est comme un fantôme troué,
Tout m’échappe des mains, mais des chants renoués
Déjà monte une flamme aux sombres banderilles.

Va, nous avons encore un bon morceau de route
Devant nous, des printemps, des étés pleins de fleurs,
Ton amour et l’amour ont la même couleur
Et c’est ton nom qui luit sur les murs noirs des soutes ;

Un bon morceau de vie à remplir de miracles,
A oublier le temps des travaux démentiels ;
Le ciel de ton regard est le plus doux des ciels
Et ton nom est le nom que je donne à l’oracle.

Il y aura toujours pour les amants des songes,
Des caresses, du vin, des poèmes, des jeux,
Et pour nous qui vivons que si nous sommes deux
Cette ivresse que boit la nuit comme une éponge.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: Jean-Marie Manson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER (Olav H. Hauge)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



NOUS NE VOGUONS PAS SUR LA MEME MER

Nous ne voguons pas sur la même mer,
trompeuses sont les apparences.
Ferraille et grumes sur le pont,
sable et ciment dans mes soutes,
je m’enfonce, je suis lent,
je foule les vagues houleuses,
je hulule dans la brume.
Toi tu vogues sur un bateau de papier,
ta voile bleue gonflée de rêves,
si tiède le vent, délicate la vague.

(Olav H. Hauge)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que sommes-nous ? (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Que sommes-nous ?

Que sommes-nous ? les enfants des étoiles,
l’instant zéro que nul ne connaîtra
ou l’infini du fond des océans ?

De loin en loin, je rencontrais cet homme.
Il me parlait de soleil et de pluie
tout en cachant de la main son visage.

ll aurait pu répondre. Il se taisait
et je voyais cet envers de moi-même
se dissiper dans des soutes opaques.

Qui m’apprendra la lecture de l’autre,
me dictera les rites du vertige
au bord du gouffre étrange du pourquoi ?

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Va, nous avons encore un bon morceau de route devant nous (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Va, nous avons encore un bon morceau de route
Devant nous, des printemps, des étés pleins de fleurs,
Ton amour et l’amour ont la même couleur
Et c’est ton nom qui luit sur les murs noirs des soutes ;

Un bon morceau de vie à remplir de miracles,
A oublier le temps des travaux démentiels ;
Le ciel de ton regard est le plus doux des ciels
Et ton nom est le nom que je donne à l’oracle.

(Albert Ayguesparse)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Retouche à la gloire (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



    
retouche à la gloire

Au plus haut de la nuit
les campaniles sortent de la mer
leurs soutes bourrées d’os
princes et puissants
dont personne ne se rappelle les noms
et d’un coup retournent à l’abîme
plein d’alphabets dansants

(Daniel Boulanger)

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Homme au fond de ta vie (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2017



Illustration
    
Homme au fond de ta vie comme au fond d’une soute,
noir des nuits d’où tu ne sors que pour te taire
dans un jour que rien ne peut retenir sur la terre,
il n’y a pas de joie pour un peu d’écume dans tes yeux.

Ton front n’est qu’un lambeau de chair
si mal soudé au corps que tes tempes frémissent
comme une blessure qui ne peut se refermer
parce que le sang est derrière, tendu comme un couteau.

La joie ne peut sourdre de ton coeur
parce qu’il est dans ton corps comme un caillou sur les routes.
La joie n’accompagne pas ton rire
parce que ton visage est plus loin, au fond du tunnel.

Tu cherches dans le regard des autres
les raisons qu’ils ont d’exister avec foi
mais chaque regard ne révèle rien de plus
qu’un pan de vitre posé sur la nuit.

Et si une étoile s’allume sur la pluie des pavés,
c’est pour le monde dont tu fais partie
d’une façon si peu sûre que parfois à ta place
il n’y a pas même cet éclat passager.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je dors le front ouvert… (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Je dors le front ouvert, je me promène,
Je dors, je suis la pierre et le feu,
Etranger, familier, tombé de nulle part
Comme en moisson les nielles de l’enfance.

La terre en croix me fait des confidences…
Je suis le fruit qu’on cueille et la feuille qu’on tranche;
Je suis l’eau sous la dent plumeuse du moulin
Et l’ombre rousse de la plus pauvre des servantes
Que le jour vêt et que farde le vent.

A l’aube, je suis dans la soute,
Ami des rats, confident du voleur;
Je suis la lampe et le doigt qui l’allège
Et le soleil aux plages des prisons.

Ai-je rêvé? Me voici sur la place,
Pointe de lance et gueule du canon:
Je meurs debout, je termine une race.
Mes amis ne m’ont pas connu.

Je suis la palme et le vent qui la brûle
Et la cendre sur l’eau posée comme un poème,
Comme un poème né d’hier, le plus câlin,
Comme une soeur imaginée dans la maison,
Coupant le pain, versant le vin, comme un poème
Né de la terre et déjà vieux qui boite au loin.

Je suis l’été, la femme dans son lit
Et son amant et sa grande douceur
Et sa fatigue et la porte fermée
Et son attente aux marches du matin.

Je suis au feu l’aile qui se consume;
Je suis au ciel l’aile recommencée,
Dans le courant la grâce d’un éclair
Et le buisson de lèvres du corail.

Je suis, je vais, je me promène,
Je dors le front ouvert dans un livre d’images
Et, faucheur de midi, j’aiguise les vivants
Pour leur apprendre à vivre et me donner raison.

(Jean Joubert)

Illustration: Geneviève Caplet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je t’attends aux grilles des routes (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2016



je t’attends aux grilles des routes
aux croisées du vent du sommeil
je crie ton nom au fond des soutes
des marécages sans oiseaux
du fond de ce désert de fonte
où je pose un à un mes pas
j’attends la source de tes bras
de tes cheveux de ton haleine

j’attends la source de tes bras
de tes cheveux de ton haleine
tu es terrible tu m’enchaînes
tu me dévastes tu me fais

je t’attends comme la forêt
inextricable enchevêtrée
tissée de renards et de geais
mais que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :