Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘souterrain’

À l’intérieur de soi (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019



Illustration: Frédéric Didillon
    
À l’intérieur de soi
Sans cesse un autre et d’autres formes
Confusément naissantes, remplacées

(Se remplaçant, veines et fibres,
Sucres gouttant roses, laits
Engorgés des corolles,
Tumulte souterrain des graines),

Perdues pour le regard.

(Jean Tortel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mort (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Danilo Ricciardi - (12)

Mort, si notre enterrement
ne signifiait pas abîme dur et sec,
mais douce profondeur,
profonde immensité !

Si tu étais, ô mort,
comme un noir été souterrain ;
s’il n’importait, sur toi, que le soleil tombât,
pour que la nuit fût belle et claire !

***

Muerte, isi tu enterrarnos
no fuese abismo duro y seco,
sino suave hondura,
profundidad inmensa!

¡Si fueras, muerte,
como un negro verano subterráneo;
si no importara, en ti, que el sol cayera,
porque la noche fuese bella y clara!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Danilo Ricciardi

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En moi chaque jour (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



en moi chaque jour
je tue un peu de moi
oh pas grand-chose
un souffle indécis

un pétale de rose
(pourrais-je dire)
un battement d’aile
un écho souterrain

un début de chanson
comme un rayon de lune
à travers une vitre
opaque un vieux parfum

dans un flacon perdu
le sentiment à peine
exprimable d’avoir
égaré l’essentiel

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Tant de vies consumées (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Illustration: Chris Ann    
    
Tant de vies consumées qui n’ont pas reconnu leur lieu
Tandis que, vulnérable avec tous,
D’invisibles fils de partout te relient
A l’inconnu qui t’embrasse et t’élargit.
C’est par l’immense fleuve des racines,
Cette nappe souterraine où s’abreuvent nos sources,
Par cette grande communion invisible
Qui parfois nous fait signe,
Que nous sommes reliés les uns aux autres,
Ou plutôt que nous sommes « à l’intérieur les uns des autres » …

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les beaux métiers (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



peigner-la-girafe

Les beaux métiers

Certains veulent être marins,
D’autres ramasseurs de bruyère,
Explorateurs de souterrains,
Perceurs de trous dans le gruyère,

Cosmonautes, ou, pourquoi pas,
Goûteurs de tartes à la crème,
De chocolat et de babas :
Les beaux métiers sont ceux qu’on aime.

L’un veut nourrir un petit faon,
Apprendre aux singes l’orthographe,
Un autre bercer l’éléphant…
moi, je veux peigner la girafe !

(Jacques Charpentreau)

Illustration

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le dormeur du sorbier (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Le dormeur du sorbier
Gorgé de terre autant qu’un rêve peut le savoir,
Gorgé de rêve autant qu’un arbre peut l’endurer,
Envoie chanter l’oiseau dans les airs,
Gorgé de vie autant qu’un chant peut le crier,
Mais le chant déborde,
Car pressant sur la profonde racine de l’arbre,
Encore souterrain et informe, pèse le monde.
Le monde envahissant doit briser le rêve,
Si lourd est le poids du ciel,
Si violent le cours de l’eau,
Si vastes les collines qui pourraient naître,
Par-delà le langage de l’oiseau
La voix de la montagne qui pourrait chanter,
Le monde sauvage qui pourrait devenir l’homme :
Le rêve a débordé l’arbre.

***

The sleeper of the rowan tree
As full of earth as dream can know,
As full of dream as tree can bear
Sends the bird singing in the air
As full of world as song can cry,
And yet the song is overflowed,
For pressing at the tree’s deep root
Still underground, unformed, is world.
The invading world must break the dream
So heavy is the weight of sky,
So violent the water’s flow
So vast the hills that would be born,
Beyond the utterance of bird
The mountain voice that would be sung,
The world of wild that would be man:
The dream has overflowed the tree.

(Kathleen Raine)

Illustration: John William Waterhouse

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Prière d’un païen (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

La Prière d’un païen

Ah! ne ralentis pas tes flammes;
Réchauffe mon coeur engourdi,
Volupté, torture des âmes!
Diva! Supplicem exaudi!

Déesse dans l’air répandue,
Flamme dans notre souterrain!
Exauce une âme morfondue,
Qui te consacre un chant d’airain.

Volupté, sois toujours ma reine!
Prends le masque d’une sirène
Faite de chair et de velours,

Ou verse-moi tes sommeils lourds
Dans le vin informe et mystique,
Volupté, fantôme élastique!

(Charles Baudelaire)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Rien, tes mains n’implorent rien (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018




Rien, tes mains n’implorent rien, tes mains désormais choses ;
Tes lèvres désormais figées n’émeuvent rien,
Dans l’enlacement souterrain
De l’humide terre imposée.
Seul peut-être le sourire dont tu aimais
T’embaume, la lointaine, et au fond des mémoires
Telle que tu étais te dresse,
Aujourd’hui ruche putréfiée.
Et l’inutile nom dont feu ton corps
Usa, vivant, sur terre, à la façon d’une âme,
N’évoque plus rien. L’ode grave,
Anonyme, un sourire.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 ps
vivant

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’AMOUR ET SON TEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018




    
L’AMOUR ET SON TEMPS

L’amour est privilège de gens mûrs
étendus sur le plus étroit des lits,
qui se change en couche ample et verdoyante
frôlant le ciel du corps en chaque pore.

C’est cela, l’amour: le gain non prévu,
la prime souterraine et coruscante,
lecture d’un éclair énigmatique,
décodage après quoi plus rien n’existe

valant la peine et le prix du terrestre,
fors la minute dorée de la montre
minuscule vibrant au crépuscule.

L’amour est ce qui s’apprend en limite,
une fois archivé tout le savoir
hérité, reçu. L’amour tard commence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah! laisse-moi un souterrain, un labyrinthe (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



Ah! laisse-moi un souterrain, un labyrinthe
où accourir après, lorsque n’ayant plus d’yeux
ni de toucher, je voudrai, dans le vide,
redevenir ou pierre muette
ou main de l’ombre.

Je sais, tu ne peux toi, ni personne, ni rien,
m’accorder ce lieu, ce chemin,
mais que ferai-je alors de mes pauvres passions
si elles n’ont servi à la surface
de la vie évidente
et si je ne cherche pas à survivre
mais bien à surmourir, à m’intégrer
à une saison métallique et endormie,
aux origines ardentes?

(Pablo Neruda)


Illustration: Salvador Dali

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :