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Poésie

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Les murs ne tombent pas (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[1]

Un incident ici et là,
grilles confisquées (pour les canons)
dans ton (et mon) vieux square :

brume et gris brumeux, pas de couleur,
mais abeille, poussin et lièvre de Luxor
poursuivent un but inaltérable

en vert, rose-rouge, lapis ;
ils continuent à prophétiser
depuis le papyrus de pierre :

là-bas, comme ici, ruine ouvre
la tombe, le temple ; entre
là-bas comme ici, aucune porte :

le lieu saint est ouvert au ciel,
la pluie tombe, ici, là-bas
le sable glisse ; l’éternité endure :

ruine partout, or comme le toit tombé
laisse la chambre scellée
ouverte à l’air,

ainsi, dans notre désolation,
des pensées s’éveillent, l’inspiration nous traque
dans l’obscurité :

sans le savoir, Esprit annonce la Présence ;
nous sommes pris de frissons,
comme autrefois, Samuel :

tremblant à un coin de rues connu,
nous ignorons et sommes ignorés ;
la Pythie prononce — nous nous rendons

dans une autre cave, vers un autre mur tranché
où de pauvres ustensiles sont montrés
comme des objets rares dans un musée ;

Pompéi n’a rien à nous apprendre,
nous connaissons la fissure volcanique,
le flot lent de la terrible lave,

pression sur le coeur, les poumons, cerveau
prêt à rompre dans son fragile écrin
(tout ce que le crâne peut endurer !) :

au-dessus de nous, feu apocryphe,
au-dessous, la terre tangue, le sol penche,
déclivité d’un trottoir

où des hommes titubent, ivres
d’une nouvelle confusion,
sorcellerie, possession :

la structure d’os n’était pas faite pour
un tel choc tissé dans la terreur,
pourtant le squelette a résisté :

la chair ? elle a fondu,
le coeur, brûlé, braises mortes,
tendons, muscles brisés, bogue externe démembrée,

pourtant la charpente a tenu :
nous avons passé la flamme : surpris —
sauvé par quoi ? pour quoi ?

***

The walls Do Not Fall

An incident here and there,
and rails gone (for guns)
from your (and my) old town square:

mist and mist-grey, no colour,
still the Luxor bee, chick and hare
pursue unalterable purpose

in green, rose-red, lapis;
they continue to prophesy
from the stone papyrus:

there, as here, ruin opens
the tomb, the temple; enter,
there as here, there are no doors:

the shrine lies open to the sky,
the rain falls, here, there
sand drifts; eternity endures:

ruin everywhere, yet as the fallen roof
leaves the sealed room
open to the air,

so, through our desolation,
thoughts stir, inspiration stalks us
through gloom:

unaware, Spirit announces the Presence;
shivering overtakes us,
as of old, Samuel:

trembling at a known street-corner,
we know not nor are known;
the Pythian pronounces—we pass on

to another cellar, to another sliced wall
where poor utensils show
like rare objects in a museum;

Pompeii has nothing to teach us,
we know crack of volcanic fissure,
slow flow of terrible lava,

pressure on heart, lungs, the brain
about to burst its brittle case
(what the skull can endure!) :

over us, Apocryphal fire,
under us, the earth sway, dip of a floor,
slope of a pavement

where men roll, drunk
with a new bewilderment,
sorcery, bedevilment:

the bone-frame was made for
no such shock knit within terror,
yet the skeleton stood up to it:

the flesh? it was melted away,
the heart burnt out, dead ember,
tendons, muscles shattered, outer husk dismembered,

yet the frame held:
we passed the flame: we wonder
what saved us? what for?

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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Pour elle (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    
Pour elle, proprement mise, mal cheminante dans un square,
les minutes s’écoulent
mais elle les refuse
des profondeurs de son vieux corps.

Elle rencontre une fleur inconnue.

A propos de son bleu délicat, elle veut écrire à ses parents,
cherche en vain leur adresse.

Et tout à coup, pour une minute, elle se rappelle
qu’ils sont depuis longtemps disparu

que son tour est venu

qu’elle n’a plus, comme on dit, toute sa tête.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Le chant de l’oiseau (Gil Jouanard)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2017



L’ancienne forêt a serré le poing
jusqu’à n’être plus qu’un square
au coeur de la ville.

Le chant de l’oiseau
en est-il moins beau?

(Gil Jouanard)

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Cours de la Bourse (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2016



Square du centre-ville
à la radio du clochard
les cours de la Bourse

(Damien Gabriels)

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Banc du square (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2016



Banc du square
autour d’elle sa vie
en sacs plastiques

(Damien Gabriels)

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SPLEEN (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015



 

SPLEEN

Dans un vieux square où l’océan
Du mauvais temps met son séant
Sur un banc triste au yeux de pluie
C’est d’une blonde
Rosse et gironde
Que je m’ennuie
Dans ce cabaret du Néant
Qu’est notre vie.

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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L’arbre taillé (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2015


L’arbre taillé
Se promenait
En veston de ville
Dans les
Squares.

(Malcolm de Chazal)

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