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Tu captes les départs immobiles (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2018



 

 Brendan Monroe Observer__before_sleep_

Tu captes les départs immobiles
au fond d’un rêve où tu laves tes sensations

Tu emplis la rue de ta solitude tendue
et les femmes qui auraient pu t’arrêter
ont déjà emprisonné leurs corps

Tu épuises dans des rencontres sans attente
les biceps que tu allonges dans les stades
et les murs tendres de ta prison
— tu tends des velours pour masquer les pièces —
ne cassent pas souvent ta tête
quand tu la jettes
dans des départs qui ne seront pas réalisés

C’est bien — on le sait que tu as des élans
mais tu retombes assis dans ton aventure assise
enfant
qui par sursaut t’aperçois
que les grains de ta vie tombent tombent
et que se vide ta puissance
et que s’alourdit la moitié basse de ton sablier

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Il faut définitivement quitter le royaume de l’enfance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Il faut définitivement
quitter le royaume de l’enfance
ses sentiers vers la ligne des peupliers
à travers le stade Edmond Magnez
où se pressait la foule des dimanches
pour assister aux matches de football
ses carrés d’herbe à lapins
la grotte de la sorcière
qui nous maudissait
la digue des champs d’épandage
que nous dévalions en luge sur la neige
la ballastière et ses étangs
la décharge où gamins peu fortunés
nous récupérions les jouets abîmés
des gosses de riches
les gros tuyaux Bonna
dans lesquels nous nous cachions

Il faut définitivement couper le pont de Saint-Germain
Avec l’Ile du Bac
Mette les souvenirs dans un sac
Et le jeter dans la Seine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Au stade de sport (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2017



 

stade-neige

Au stade de sport,
Chaque siège est occupé
Par des flocons blancs.

***

The sport stadium:
Every seat is taken
By whirling snowflakes.

(Richard Wright)

 

 

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QUELQUES MINUTES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2016




QUELQUES MINUTES

Le pin bas des marais tient haut sa couronne: un chiffon noir.
Mais ce qu’on voit n’est rien
à côté des racines, du système de racines disjointes,
furtivement reptiles. Immortelles ou demi-mortelles.

Je tu il elle se ramifient aussi.
Au-delà de ce qu’ils veulent.
Au-delà de Métropolis.

Du ciel laiteux de l’été, il tombe de la pluie.
C’est comme si mes cinq sens étaient branchés à un autre être
se déplaçant avec autant d’obstination
que ces coureurs vêtus de clair dans un stade où ruisselle la nuit.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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