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Trois barques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

barques brouillard

Trois barques

Trois barques blanches coulent sur les eaux,
Quelque part, à travers le gouffre des morts, et dérivent
Dans un brouillard où l’œil ne discerne plus rien.

La première d’entre elles, revêtue d’une toile
Pourpre — avance avec une rame en or, et fait jaillir
Sur les vagues, des étincelles et des éclats.

Puis vient la seconde, plus lente, plus sinistre,
Qui traîne derrière elle ses ailes noires de repentance,
Comme des voiles flottant sur un ciel de verre.

La troisième enfin, portée par les vagues,
Avance et se dirige, sans rames et sans voiles,
Vers la tempête qui se déchaîne dans l’obscurité.

Mon amour mort se trouve dans la première,
Ma vengeance repose dans la seconde,
Et dans la troisième, je vois mon cœur —

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici :poetespolonais

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Les roses mystiques (Stanisław Wyrzykowski)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018



 

Les roses mystiques

Des roses mystiques tombent dans l’obscurité,
Dans l’espace morne dépourvu d’étoiles ;
Leur éclat sombre me les fait suivre du regard
Jusqu’aux friches noires qui sont au loin.

Et je te vois, des débris de gravier derrière ton dos,
Jettent, sous la lumière, des lueurs fades et des reflets ;
Je te vois emportée dans un vent furieux,
Au milieu d’un tourbillon de feuilles qui s’embrasent.

Le bourgeon vierge de tes seins s’est flétri,
Ton corps séduisant a perdu sa chaleur ;
De tes mains mortes, tombent impuissantes,
Ces roses mystiques qui se perdent dans l’ombre.

Ta chevelure ébouriffée par le vent,
Des souffles et des courants froids la caressent,
Toi, tu cherches mes yeux, perdue comme en rêve,
Mais le fond de ton œil est funeste.

Tu tournes, tu voles et tu te tords comme un serpent,
Dans le tourbillon des feuilles mortes,
Tes yeux me cherchent et me cherchent encore,
Tandis que de tes mains, tombent ces roses.

(Stanisław Wyrzykowski)

Découvert ici : poetespolonais

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