Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘statue’

Douce est la belle (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Douce est la belle comme si musique et bois,
agate, toile, blé, et pêchers transparents,
avaient érigé sa fugitive statue.
À la fraîcheur du flot elle oppose la sienne.

La mer baigne des pieds lisses, luisants, moulés
sur la forme récente imprimée dans le sable ;
maintenant sa féminine flamme de rose
n’est que bulle battue de soleil et de mer.

Ah, que rien ne te touche hormis le sel du froid
Que pas même l’amour n’altère le printemps.
Belle, réverbérant l’écume indélébile,

laisse, laisse ta hanche imposer à cette eau
la neuve dimension du nénuphar, du cygne
et vogue ta statue sur l’éternel cristal.

***

Suave es la bella como si música y madera,
ágata, telas, trigo, duraznos transparentes,
hubieran erigido la fugitiva estatua.
Hacia la ola dirige su contraria frescura.

El mar moja bruñidos pies copiados
a la forma recién trabajada en la arena
y es ahora su fuego femenino de rosa
una sola burbuja que el sol y el mar combaten.

Ay, que nada te toque sino la sal del frio !
Que ni el amor destruya la primavera intacta.
Hermosa, reverbero de la indeleble espuma,

deja que tus caderas impongan en el agua
una medida nueva de cisne o de nenúfar
y navegue tu estatua por el cristal eterno.

(Pablo Neruda)

Illustration: William Bouguereau

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pris dans les rets de l’idée (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo - (98)

Pris dans les rets de l’idée
saluons l’humble moineau.
la hanche des tourterelles.
la possession charnelle,
la Justice sans bandeau,.
chantons d’avant le ciseau
la statue du bloc de pierre,
ce coin de nuit, le flûtieau
et les amours passagères.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

QUAND M’ACCOMPAGNE (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
QUAND M’ACCOMPAGNE

Quand m’accompagne la pensée
de toi dans cette nuit où je me réfugie,
parfois, loin des horreurs du jour — m’étreint
figé comme statue une telle douceur.

Puis je me lève et reprends mon chemin.
De moi se sont éloignées la jeunesse et la gloire.
Autre souci des autres me sépare.
Mais la pensée de toi, que tu vis, me console
de tout. Tendresse immense,
comme inhumaine…

***

QUANDO IL PENSIERO

Quando il pensiero di te mi accompagna
nel buffo, dove a volte dagli orrori
mi rifugio del giorno, per dolcezza
immobile mi tiene come statua.

Poi mi levo, riprendo la mia vita.
Tutto è lontano da me, giovanezza,
gloria; altra cura dagli altri mi strana.
Ma quel pensiero di te, che tu vivi,
mi consola di tutto. Oh tenerezza
immensa, quasi disumana!

(Umberto Saba)

 

Recueil: Comme on cherche un trésor
Traduction: Franc Ducros
Editions: La Dogana

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’impie (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
L’impie

Je doute beaucoup de la divinité des dieux
(nous nous parlons à nous-mêmes par leurs bouches)
et je doute que piège trop évasif
le mot Dieu puisse avoir un sens

Mais sur la cheminée de mon bureau
je prie volontiers la statue de bois chinoise
Kuan Yin déesse de la Pitié

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il paraît que la statue (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Il paraît que la statue près de laquelle le chiendent de mes terminaisons nerveuses
Arrive à destination est accordée chaque nuit
comme un piano

(André Breton)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vous me rencontrerez (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2019




    
Vous me rencontrerez — dit-il —
quand il sera trop tard.
Et ce n’est votre faute ni la mienne.
Il est toujours trop tard.
Demande-le à la femme
qui nettoie les lentilles
dans le plat de terre.
Demande-le à la statue.
La question aussi vient trop tard.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un enfant peut-être avait pleuré (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



Un enfant peut-être avait pleuré,
une porte peut-être s’était fermée,
le sable s’était changé en nuit.

Je ne sais rien de ce qui fut,
je parle dans la pénombre,

Là où le silence est pareil aux statues.
Toi qui t’en viens avec sur le visage
le masque du temps,
qui donc es-tu ?

(Lionel Ray)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CORPS ET STATUE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Édouard Joseph Dantan Une-restauration-1891-Edouard-Joseph-Dantan

CORPS ET STATUE

Dénudant le corps et la statue
De son ombre épaisse, de sa réverbération,
De son vêtement terrien, de son enveloppe trompeuse,
Cherchant la chair et le fruit,

La plaie la plus profonde á la racine de la plaie.

Des doigts sont parvenus jusqu’au coeur,
Jusqu’au feu secret de la pierre,

Ma privation fut comme une lame.

Mon amour tel un massacre caché.

Mon rêve un grenier immense.

J’ai frôlé, aimé, creusé,
J’ai récolté du chagrin et me suis rempli de bruit.

(Georges Themelis)

Illustration: Édouard Joseph Dantan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CONFLAGRATION (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



CONFLAGRATION

Conflagration des arbres
sans les ombres à midi
délaissées. Le vertige pur
se mêle au vin secret des
pierres. Des algues glissent
le long des statues ébréchées.
La lumière se regarde exister
dans le bleu de la vague…
Le visage de la veille confond
la page blanche et l’odyssée.

(Pierre-Bérenger Biscaye)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :