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Posts Tagged ‘(Stefan George)’

Jour d’anniversaire (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Jour d’anniversaire

Ô ma soeur ! viens et prends cette amphore de grès
Et accompagne-moi ! car tu n’as oublié
Ce que pieusement nous cultivions toujours.
Sept étés ont passé lorsque nous l’entendîmes
Alors que nous causions puisant à la fontaine :
Nos fiancés sont morts dans la même journée.
Allons donc à la source où les deux peupliers
Avec l’épicéa se dressent dans les prés.
Allons chercher de l’eau dans l’amphore de grès.

(Stefan George)


Illustration: Fleury François Richard

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Où sont les perles douces larmes (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Où sont les perles douces larmes
Où sont les roses de la couche opulente?
Le jeu de la séduction et des faveurs?
La pompe se fana le parfum se gâta.
L’expiation: un voeu strict de silence –
Germinal… l’aube la plus matinale
Gemme secrète floraison chaste
Une lumière froide un souffle âpre.

(Stefan George)


Illustration: John William Waterhouse

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La jeunesse (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019



La jeunesse
(Ainsi te paraissait)
Requiert un lien ardent •
Mais tant de jours passaient
Où j’étais avec toi • serein et constant.

Tu parlais !
Je m’en effraie un peu •
Comment ! – peut donc produire
Tant de hâte et de feu
Le vide chant • la joie d’enfant et son rire !

Et après
(Crois-le j’en eus pitié !)
Encor du doigt ce geste d’ange
Encor douce la pose de ton pied •
La dédaignée reçut toutes mes louanges.

Ô ma sœur !
Le nom t’agaçait ?
Que lorsque je m’en vais
Sur un sentier jamais rebroussé
Pour fiançailles nous ayons le Secret.

***

Die jugend
(So bedäucht es dich)
Heischet ein heisses band •
Doch tag urn tag verblich
Wo ich gelassen bei dir ging und stand.

Du sprachest!
Ich erschrecke fast •
Wie! — kann entfachen
So viele glut und hast
Der leere sang • das kindesfrohe lachen!

Und danach
(Glaube mir ich litt)
Sanft noch dein finger wob •
Dein fuss so sanft noch schritt •
Erst der verschmähten ward mein volles lob.

O schwester!
Dir missfällt der ruf?
Sei wenn ich scheide
Auf nie gewandtem huf
Das rätsel ein verlöbnis für uns beide.

(Stefan George)


Illustration: Francine Van Hove

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Dans l’ondoiement du vent (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



Dans l’ondoiement du vent
Ma demande ne fut
Que rêverie
Et sourire
Ce que seul tu donnas.
Dans l’humide nuit
L’embrasement d’un éclat –
Maintenant le mai subjugue
Maintenant je dois bien
Pour ton oeil tes cheveux
Toutes les journées
Vivre dans la peine.

(Stefan George)


Illustration: John William Waterhouse

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Rivage (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Rivage

Ô soeur détournons-nous de ces champs onduleux !
Leur sauvage vouloir et leur grondement noir
N’accueillent que l’oiseau aux ailes agitées
Et ne reflètent que l’éclat chaste des cieux.
Nous nous sommes mentis trop devant la clarté.

Aux verts étangs des fleurs et des mousses s’étalent
Herbes • feuilles • sarments • voguant abondamment :
La vêprée y consacre un autel éternel !
Les cygnes se montrant au détour d’un canal
Sont • mystique et nuptial • un convoi solennel.

Le désir nous emporte au loin du pâle Nord :
Sur ta lèvre en feu jaillissent d’étranges calices –
Et quand ton corps en neige et fleurs va s’écouler
Tous les arbustes vont bruire dans des accords
Et devenir laurier thé et aloé.

***

Strand

O lenken wir hinweg von wellenauen!
Die • wenn auch wild im wollen und mit düsterm rollen
Nur dulden scheuer möwen schwingenschlag
Und stet des keuschen himmels farben schauen.
Wir heuchelten zu lang schon vor dem tag.

Zu weihern grün mit moor und blumenspuren
Wo gras und laub und ranken wirr und üppig schwanken
Und ewger abend einen altar weiht!
Die schwäne die da aus der buchtung fuhren
Geheimnisreich • sind unser brautgeleit.

Die lust entführt uns aus dem fahlen norden:
Wo deine lippen glühen fremde kelche blühen —
Und fliesst dein leib dahin wie blütenschnee
Dann rauschen alle stauden in akkorden
Und werden lorbeer tee und aloe.

(Stefan George)


Illustration: David Caspar Friedrich

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Le cloître (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Le cloître

Avec peu de frères, fuyez le bruit des hordes
Avant que dans le froid poison ne soit défait
Votre jeune vouloir: bâtissez pour la paix
Dans un val silencieux la maison de votre Ordre.

Bercés d’heures égales aux douces mélodies
Travailler le sol chaste est un acte sacré
Le jour s’écoule ainsi rythmé de sept degrés
pour vous et ma légion qui à vous se dédie.

L’enlacement ignore les avides tourments
L’amitié libérée de peur et désespoir —
Sanglots baisers et mots s’envolent dans le soir..
Voici des couples pieux le sublime ornement :

De douleur et d’envie sereines consumés
De lever leur regard vers cette beauté bleue
Renoncement divin zèle des bienheureux —
Comme enseigna jadis un moine à Fiesole.

(Stefan George)


Illustration

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Voix du fleuve (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Voix du fleuve

Êtres amoureux de plainte et de crainte
Cherchez un refuge entrez dans notre enceinte
Vous serez heureux et vous y guérissez
De bras et de mots doucement enlacés.

Corps en coquillage et lèvres de corail
Nagent en sonnant dans le flottant sérail
Des cheveux confondus aux branches des rochers
S’approchent s’en vont dans les remous cachés.

Lampes aux feux bleus éclairant à moitié
Piliers oscillants tournoyant sur un pied
Vibrations de viole entraînant dans les ondes
Bercent calmement et vous rendent contents.

Quand songes et chants à la fin vous fatiguent
Que le flot de joies sereinement prodigue
Vous touche un baiser : confondus en anneaux
Vous glissez : une onde en bas et vers le haut…

(Stefan George)


Illustration: William Edward Frost

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Voix dans le fleuve (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Etres d’amour, êtres de plaintes et de craintes
Venez chercher votre refuge en notre empire
Vous y serez heureux, vous y serez guéris
Au souple enlacement des mots et des étreintes.

Tailles fines, coquilles, et lèvres de corail
Viennent nager et bruir en nos palais mouvants
Chevelures mêlées aux ramures des roches
S’approchent et s’en vont quand un remous les prend.

Lampes à la clarté incertaine et bleuâtre
Piliers flottant sur des socles qui tourbillonnent
Chants de violes vibrant dans la fuite des ondes
Vous bercent, bienheureux, de rêves apaisés.

Quand vous serez lassés de songes et de chants
Au fil de ces plaisirs glissants et toujours calmes
Touchés par un baiser, vous deviendrez des vagues
Qui poussent leurs anneaux onduleux et fuyants.

***

Stimmen im Strom

Liebende klagende zagende wesen
Nehmt eure zuflucht in unser bereich
Werdet geniessen und werdet genesen
Arme und worte umwinden euch weich.

Leiber wie muscheln korallene lippen
Schwimmen und tönen in schwankem palast
Haare verschlungen in ästige klippen
Nahend und wieder vom strudel erfasst.

Bläuliche lampen die halb nur erhellen
Schwebende säulen auf kreisendem schuh –
Geigend erzitternde ziehende wellen
Schaukeln in selig beschauliche ruh.

Müdet euch aber das sinnen das singen
Fliessender freuden bedächtiger lauf
Trifft euch ein kuss: und ihr löst euch in ringen
Gleitet als wogen hinab und hinauf.

(Stefan George)

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Les jardins ferment (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2017



Les jardins ferment

Déjà les droits sentiers s’effacent dans le soir •
La bruine fraîche ternit les étangs •
Et sur les Apollons et Dianes contents
Vont se poser des voiles de brouillard •

Feuilles grises qui vont tournoyant aux fossés.
Les dahlias • les giroflées • les roses
Embaumant les airs dans un orchestre forcé
Bientôt sur les mousses tendres reposent.

Et les chaudes lunes par le portail s’envolent.
De ton espoir as-tu reçu un don ?
Te confieras-tu toujours à ses paroles •
Pèlerin • la main non loin du bâton ?

***

Die gärten schliessen

Frühe nacht verwirrt die ebnen bahnen –
Kalte traufe trübt die weiher •
Glückliche Apolle und Dianen
Hellen sich in nebelschleier.

Graue blätter wirbeln nach den gruften.
Dahlien levkojen rosen
In erzwungenem orchester duften •
Wollen schlaf bei weichen moosen.

Heisse monde flohen aus der pforte.
Ward dein hoffen deine habe?
Baust du immer noch auf ihre worte
Pilger mit der hand am stabe?

(Stefan George)

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Anniversaire (Stefan George)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Viens, ma soeur, – suis-moi -, prends l’amphore de grès,
Allons ensemble – c’est le jour – il t’en souvient
Le rite est entre nous pieusement gardé.
C’est le septième été que là-bas nous apprîmes
Tandis que nous causions en puisant à la source
La mort, le même jour, de nos deux fiancés.
Allons à la fontaine où les deux peupliers
Se dressent dans les champs près de l’épicéa
Nous puiserons de l’eau dans l’amphore de grès.

***

O schwester nimm den krug aus grauem thon,
Begleite mich! denn du vergaßest nicht
Was wir in frommer wiederhohlung pflegten.
Heut sind es sieben sommer daß wir hörten
Als wir am brunnen schöpfend uns besprachen:
Uns starb am selben tag der bräutigam.
Wir wollen an der quelle wo zwei pappeln
Mit einer fichte in den wiesen stehn
Im krug aus grauem thone wasser holen.

(Stefan George)

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