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Poésie

Posts Tagged ‘(Stéphane Bouquet)’

Chaque poème espère quelqu’un (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2017



chaque poème espère quelqu’un,
est la patiente diction de l’attente,
chaque poème émet le vœu de contenir.

Quelqu’un donc : je voudrais qu’un poète, ou même un poème seulement,
me soit une sensation aussi douce, aussi frôlement de paume,
un sentiment pareil au coiffeur très beau (algéro-vietnamien) dont je sors,
et qui me protégea les yeux d’une main pour leur éviter l’air chaud du sèche-cheveux.
Je ne dis pas qu’un tel poème n’existe pas, heureusement, de temps à autre.

(Stéphane Bouquet)

Illustration

 

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Je marche en cercles étroits (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



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je marche en cercles étroits
autour de la tranquillité d’une autre danseuse
retenu
près d’elle par sa douceur mise à ouvrir chaque
étape de l’espace : de son pied écarte
ici vers autre chose
peut-être le refuge de paille de la vie solitaire peut-être
la transition lente
qui parvient au silence partagé
des prénoms

(Stéphane Bouquet)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Poème pour le silence (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



Poème pour le silence

J’allais oublier écrire ce poème

Les gares ni les trains
ne sont exempts de beauté
passant de là à là
Emouvant aussi
dans un wagon roulant entre les prés
est la communication soudain de silence

***

regarde les gens vont vers le métro
il est matin, à quelqu’un
personne ne veut donner d’argent

– quoi – rien, je dis simplement que la pluie
commence à tomber, les 2 petits frères
font des plocs-fusillades avec la bouche

est-ce qu’on peut capter le paysage
parsemé sous les crânes et déduire
le ciel de 258 vies

regarde les jeunes hommes parlent arabe
dans le train, on amasse en vain
leurs voix indéchiffrables

heureusement dans le livre Pasternak réussit à écumer
les lentilles de l’étang des jours, on tourne les pages
comme

comme courir sur une aurore de mousse mouillée
– quoi – rien, rien je dis seulement
que le ciel ne va pas se lever

(Stéphane Bouquet)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Dans le métro (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



Dans le métro je lève la tête du livre et
oh… il tient des fleurs pas pour moi
et une boîte à gâteaux
pas pour moi… une fois de plus où un visage est un dangereux
débarquement d’espérance
par ex. nous ne sommes pas déserts de demains… la preuve tu es
là… débutant à la lisière
des actes humains et ta peur de revenir
sans sourires… ça va aller… sinon je pourrais
à la place t’entourer d’affection … inventer
des canapés de lumières
les installer bien soigneux dans le fond
d’accueil de mes chambres intérieures où je prie allongé contre
la tendresse du dasein ou tout autre impression de tiédeur

(Stéphane Bouquet)

dasein: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/dasein/21665

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

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Scènes possibles de joie (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



Scènes possibles de joie :

Elle l’attendait depuis longtemps,
depuis que la lumière a cessé de battre
comme une sorte de cœur dans les vitres (sa pensée).
Et maintenant elle était sûre que c’était lui,
parce qu’elle reconnaissait son pas, son rythme.
Elle pouvait presque reconnaître son souffle aussi,
bien qu’évidemment elle ne l’entendît pas,
et, pour l’instant, il se contentait de grimper
– vite, très vite – les marches,
mais elle avait la chaleur précise de son souffle dans l’oreille,
elle gardait sa voix et son souffle dans quelque chose
comme un creux que j’ai dans le corps pensa-t-elle et où je vous cultive.
Une dernière fois, elle vérifia sa silhouette dans le miroir.
Sa robe allait, son visage allait, tout allait trouvait-elle.
Elle l’attendait et il frapperait
et elle s’ouvrirait comme une rose, comme une fleur,
comme n’importe quelle fleur,
à qui on redonne la lumière, la chaleur,
et qui veut prendre, qui veut croître et fleurir et s’épanouir,
qui veut être complètement dans la campagne.
Je veux être complètement dans la campagne
pensa-t-elle le long des allées de terre
le visage tourné vers le soleil et abrité du vent par les oseraies, par les saules,
par tout ce qui existe et peut me protéger.
Elle remit une mèche de cheveux,
elle effaça l’ombre d’une poussière sur sa joue
et alors il frappa.

***

– Vous voulez venir avec moi ?
– Oui je veux bien.
Elle l’avait dit trop vite
comme l’oiseau qu’elle était et qui souhaitait quoi ?
picorer un visage sans doute, oui c’est ça,
le sien, un visage d’herbes et de barbe.
Elle se sentait transportée, rayonnante, lumineuse.
Très très légère et l’idée lui était venue :
en sa compagnie, je suis un oiseau, pas autre chose.
C’est-à-dire : quelqu’une d’infiniment heureuse
et débarrassée de tout danger.
Les oiseaux volent, ils échappent aux prédateurs par leurs ailes
et vivent d’une certaine façon une vie presque non risquée.
Voilà l’idée fausse que je me fais des oiseaux pensa-t-elle.
Elle était une fleur et maintenant un oiseau et quoi d’autre ?
mais c’était lui qui la mettait dans tous ses états, littéralement, et provoquait ses métamorphoses
et elle ne pouvait pas résister : elle était à côté de lui
et elle dévalait toutes les formes de la vie,
et pas une ne lui échappait,
parce qu’il m’ouvre de partout pensa-t-elle, je suis devenue toute.

***

… dit-il ; dit-elle ; dit-il ; dit-elle.
Toute une conversation, ils en sont arrivés là, finalement, et c’était sans effort :
il et elle volubiles et jamais gênés,
jamais interrompus, comme dans son enfance
il y avait cette rivière permanente et inaccessible, dans son adolescence en fait.
Et désormais elle regardait les rives depuis le bateau,
depuis la presque barque qu’était, pour elle,
leurs paroles et nous nous les échangeons, et elle se les décrivait :
roseaux, lentes biches, herbes & saules, branches plongées dans l’eau,
pentes de terre, garçons nus sur les pentes de terre,
les garçons nus et juteux de soleil, elle se le disait comme ça,
nous sommes des fruits de toute façon, et il arrive que quelqu’un nous approche et nous cuisons.
Moi aussi j’appartiens à l’ordre des pêches et je coule pensa-t-elle.
Tout désormais prenait ce rythme.

(Stéphane Bouquet)

Illustration: Neila Ben Ayed

 

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Poésie au plus près (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



poésie
au plus près

de la substance
à jamais

fragile
de l’être

mais substance
peuplant les saisons

comme
la mousse

sous
les arbres

retient les odeurs
invisibles

de la pluie
tombée

(Stéphane Bouquet)

 

 

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Le chêne, le vaguement seul (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



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le chêne, le vaguement seul,
prononce branche après branche

la claire silhouette de lui-même

(Stéphane Bouquet)

Illustration: Pierre-Paul Feyte

 

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Un simple élancement de clocher (Stéphane Bouquet)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2016



un simple élancement de clocher
vers la respiration bleue du ciel

(Stéphane Bouquet)

 Illustration

 

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