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Poésie

Posts Tagged ‘strié’

La pluie bourdonne (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




    
La pluie bourdonne, la pluie —
et le sursaut
des feuilles quand tombe l’eau,
la pluie tombe, tombe, tombe.

Assis recroquevillé
dans la lumière lustrée au blanc
terni — ne plus faire
un geste ne pas réfléchir.

La pluie laisse des stries grises
dans le ciel lisse et couvert —
les rideaux pendent
tristement, la journée longue.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Dans le café tassé de la nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Dans le café tassé de la nuit
le lait du jour goutte
nuage de clarté

Les arbres bleus découvrent sous leurs branches
la pierre rose de la montagne
La zaouia du saint se niche au sommet

En bas, l’eau transparente de la plage d’Hamilcar
Les mâts s’y reflètent bâtons d’un alphabet
de pattes d’oiseaux stries cils frémissants

La colombe sort de la manche du magicien

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Notre centre de gravité (Jeanne Guesné)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



Notre centre de gravité habituel se trouve dans notre intellect,
donc dans un concept de la réalité,
non dans la réalité qui par nature est intraduisible.
Le concept n’est pas plus le réel que le mot pain n’est le pain réel.

Saisir la réalité de la Vie dans l’intervalle de silence entre deux pensées!
Entrer dans ce trou …
Transformer l’écoulement familier des pensées,
strié parfois par la fulguration d’un silence,
en l’écoulement tranquille d’un silence strié par l’apparition de pensées.
En un mot, inverser le système.
L’évidence m’est révélé dans « l’instant ».
Une citadelle dans laquelle je m’étais enfermée s’écroule;
les briques et les moellons inextricablement confondus
étaient mes jugements, mes opinions, mes croyances,
ma vision sclérosée des êtres et des choses.

A « l’instant, je Vois »,
je ne pense pas, et voir ainsi,
c’est communier avec ce qui EST.

« Sentir » dans un éclair
que je suis un « moment » de la Conscience Universelle.
Elle vit en tous les hommes simultanément,
et c’est en moi-même,
profondément enfouie sous forme humaine qu’elle a créé et qu’elle anime,
que je peux la découvrir et la « Reconnaître »

(Jeanne Guesné)

 

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SONGE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016




SONGE

J’ai rêvé
cette nuit
une plaine
striée
de fraîcheur

Dans des voiles
changeants
d’or azur
l’algue

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration

 

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Les Lesbiennes (Camille de Archangélis)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2016



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Alors, tu pétriras son corps à demi-nu
Offrant ta splendeur à sa révolte mystique
Et tes rêves d’enfant à ses seins calcinés.

Avec des gémissements striés de plaisir
Lascivement, tu soupireras d’aise, et puis,
Te lovant tendrement contre ses cris pervers,
Dont l’odeur interdite allécha ta pudeur,

Ta bouche déjà chaude, cherchera ses lèvres
Dans l’écume noire d’antiques colonies.
Des ondes fébriles éventreront ton sexe
Parcourant ta jeunesse avec avidité.

Dans un hurlement d’Univers écartelé
Tu t’abandonneras à sa terrible étreinte
Pour devenir l’esclave des temps affranchis

Immaculé par l’ombre de ma nostalgie,
Je regarderai leurs mains se sculpter sans cesse
Me laissant deviner une veilleuse rose.

Enivré de soupirs aux parures démentes
D’alcools étranges aux croisades enfantées
Et de gémissements aux larmes équivoques
Parcourant, tel l’acide, leurs deux cœurs dénudés

L’Amour, impuissant, arrachera sa défroque.

(Camille de Archangélis)

Illustration: Gustave Courbet

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Nul arrêt dans le chant (José Ensch)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2016



Nul arrêt dans le chant que conduit la tristesse des abeilles
La mer striée de nuit
ses roses sans reflet
que les vents révoltent dans la force du ciel
Ce chant formé sur la bouche des vagues
au sommet des fonds remontés
La tristesse des abeilles.

(José Ensch)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Arbres (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2016



Arbres

Je sais des arbres
Striés de leur corps à corps avec les vents
Et certains dont les têtes résonnent
Des contes de la brise

D’autres solitaires et debout
Défiant le sol renégat
Et d’autres qui se ressemblent
Autour d’une maison grise

Je sais des arbres
Qui s’humilient au pied des eaux
Pour l’amour de leur image
Et ceux qui secouent d’arrogantes chevelures
À la face du soleil

Je sais des arbres
Témoins de très anciennes naissances
Et qui redoublent de racines
J’en sais d’autres qui expirent
Pour un frôlement d’aile

Je sais des arbres vains et qui ne sont
Que feuilles
Tous ils ont trop vécu
Sur la terre des hommes.

(Andrée Chedid)

 

 

 

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MÉTAPHYSIQUE (Jean Pache)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



MÉTAPHYSIQUE

L’apprentissage d’un caillou
est plus long que le sommeil.

*

D’âge en âge mes veilles
gagnent en poli :
quels secrets encore
dans leurs stries…

*

Tout à redire, tellement autre !

*

« La mort, est-ce difficile ?
— La mort est cette corde vocale
cerclant les mouettes à l’époque du givre. »

(Jean Pache)

 

 

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