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Poésie

Posts Tagged ‘strophe’

Si (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Si au milieu de mes vers, de mes strophes,
Il t’arrive de trouver quelques cheveux blonds,
Cela ne voudra pas dire qu’i1 reste entre nous
Le plus petit lien, le moindre espoir.

Ce n’est pas moi qui les ai semés, consciemment,
Ils ont poussé tout seuls, à mon insu,
Comme l’herbe qui pousse
Entre les dalles de marbre
D’un palais en ruines.

(Ismaïl Kadaré)

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BRAISES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



BRAISES

Pour Domingo Parra del Riego

J’éclairerai pour Tilia, dans la tragédie,
mes strophes en lourdes grappes;
chaque fruit mélodieux ensanglantera,
tel un soleil funèbre, des vins lugubres.
Tilia possédera la croix
toute de lumière à l’heure suprême.

J’allumerai pour Tilia, dans la tragédie,
la goutte du fracas qui est sur mes lèvres ;
et la lèvre, en moutonnant au seuil du baiser,
en cent pétales sacrés se brisera.
Tilia tiendra le poignard,
le poignard floricide et auroral!

Déjà dans l’ombre, héroïne, intacte et martyre,
tu posséderas la Vie sous tes semelles ;
lors que tu voiles, en récitant mes strophes,
mon front, comme une hostie tachée de sang rouge.
Et dans l’iris, vorace,
mon sang, comme un virus, boiras!

***

ASCUAS

Para Domingo Parra del Riego

Luciré para Tilia, en la tragedia,
mis estrofas en ópimos racimos;
sangrará cada fruta melodiosa,
como un sol funeral, lúgubres vinos.
Tilia tendrá la cruz
que en la hora final será de luz!

Prenderé para Tilia, en la tragedia,
la gota de fragor que hay en mis labios;
y el labio, al encresparse para el beso,
se partirá en cien pétalos sagrados.
Tilia tendrá el puñal,
el puñal floricida y auroral!

Ya en la sombra, heroína, intacta y mártir,
tendrás bajo tus plantas a la Vida;
mientras veles, rezando mis estrofas,
mi testa, como una hostia en sangre tinta!
Y en un lirio, voraz,
mi sangre, como un virus, beberás!

(César Vallejo)

 

 

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Rivière perdue (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016



 

Rivière perdue — et
les digitales où
je titube — de là-bas

viennent des strophes,
des couleurs, des neiges —
je suis entré dans
le présent, je devine
une résurrection, voilà
que la porte tremble,

que la comptine
m’enivre, que les oiseaux
picorent les braises
entassées dans mon sommeil,

voilà ma chambre vide.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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Faire cette chanson (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2016



 

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Faire cette chanson

Faire cette chanson
Comme on ferait l´amour
Caresser chaque mot
Courtiser chaque rime
Étreindre les couplets
Déshabiller les vers
Éprouver la rondeur
Des voyelles agiles
Descendre jusqu´au fond
De la dernière strophe
Et trouver le bonheur
Dans un accord parfait

Faire cette chanson
Comme on ferait l´amour
Enlacer la musique
S´enivrer de son rythme
Dépasser la mesure
Et perdre la raison
Trouver à l´unisson
La même volupté
Arriver au point d´orgue
Atteindre l´harmonie
Dans cet accord final
Qui jamais ne finit

Faire cette chanson
Comme une nuit de noce
Dormir avec la muse
Qu´on a tant désirée
La regarder rêver
Entendre ses soupirs
Et savoir que demain
On recommencera
À découvrir encore
Ce qu´on n´a jamais fait
Ce qu´on n´a jamais dit
Ce que nul n´a osé

Arriver au point d´orgue
Atteindre l´harmonie
Dans cet accord final
Qui jamais ne finit

(Georges Moustaki)

Illustration

 

 

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LITANIES D’AMOUR (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2016



LITANIES D’AMOUR

Je lui disais souvent : vous êtes ma Madone
Et mon âme est un lis d’argent que je vous donne.

J’ai pleuré mes péchés comme font les pécheurs
Et je suis maintenant digne de vos blancheurs.

J’ai le ferme propos, le propos salutaire
De ne plus retomber en péché volontaire.

Je ne veux plus aimer d’autre vierge que vous
Et suis l’enfant de choeur qui vous sert à genoux,

Je suis l’enfant de choeur qui passe, qui s’incline
Sous votre souvenir vêtu de mousseline.

Quelquefois je vous donne, et cela m’est charmant,
Des noms de litanie avec recueillement.

Je voudrais bien encore appuyer sur les pointes
De vos souliers brodés, appuyer mes mains jointes.

Et j’enluminerai selon le rituel
Un poème d’amour qui nous soit un missel,

Un missel où, parmi de longues banderoles,
Des strophes tout en fleurs ouvriront leurs corolles,

Où vous verrez sous l’or fluide des ciels fins,
Mes aveux prosternés comme des séraphins,

Où je vous vêtirai d’une robe de moire
Pour que le temps futur vous garde en sa mémoire,

Et qu’à vous voir si belle entre des rameaux verts
Sur le mystique autel qu’auront bâti mes vers

D’autres hommes plus tard, ô ma vierge ingénue,
Vous aiment. comme moi, sans vous avoir connue.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Sandro Botticelli

 

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ORDRE DU JOUR DE FLORÉAL (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2015



 

ORDRE DU JOUR DE FLORÉAL

Victoire, amis ! je dépêche
En hâte et de grand matin
Une strophe toute fraîche
Pour crier le bulletin.

J’embouche sur la montagne
La trompette aux longs éclats ;
Sachez que le printemps gagne
La bataille des lilas.

Jeanne met dans sa pantoufle
Son pied qui n’est plus frileux ;
Et voici qu’un vaste souffle
Emplit les abîmes bleus.

L’oiseau chante, l’agneau broute ;
Mai, poussant des cris railleurs,
Crible l’hiver en déroute
D’une mitraille de fleurs.

(Victor Hugo)

Illustration

 

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Immense, l’Océan (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2015



 

Immense, l’Océan dessoude mon poème, puis le rameute,
troupeau des mots dans tout le vert des prairies d’eau,
le chante à voix mi-basse et scande soudain les strophes impératives,
puis revient en ses cavernes et murmure l’Océan même aux mille bouches de l’Océan :
un poème qui est rond et se dit à lui-même le poème qu’il est, qui n’est rien.

(Hubert Juin)

 

 

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O limpide (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2015




O limpide
revenir à des strophes où la beauté
creuse la pierre

(Jamel Eddine Bencheikh)

Illustration

 

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