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Posts Tagged ‘(Stuart Merrill)’

Mon âme, en une rose (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2015



 

Dimitar Voinov Junior  (6)

Mon âme, en une rose,
Est morte de douleur :
C’est l’histoire morose
Du rêve et de la fleur.

Je n’irai pas la dire
Sur les routes du roi ;
Je crois, Dame et Messire,
Que vous ririez de moi.

Voici le vent d’automne
Sur mon âme et les fleurs ;
Et pourtant je m’étonne
De tout ce ciel en pleurs.

O rose de mon rêve,
Fleuriras-tu jamais ?
Naîtras-tu de sa sève,
Amour, aux futurs Mais ? …

(Stuart Merrill)

Illustration: Dimitar Voinov Junior

 

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Ô paix de ce pays d’ici (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Graham Gercken 1960 -  Australian Impressionist Landscape painter -  (27) [1280x768]

Ô paix de ce pays d’ici
Où jadis nous nous aimâmes
Par nos corps et par nos âmes,
Ô paix de ce pays d’ici !

Le crépuscule dans les arbres
Dont tous les oiseaux sont fous
De s’être aimés comme nous,
Le crépuscule dans les arbres !

Et ce fleuve sous la forêt
Où, soeur folle des automnes,
Tu cueillais les anémones,
Et ce fleuve sous la forêt !

Sais-tu ce que nous dit le fleuve
Qui pleurait dans les roseaux
– Soupirs des vents et des eaux –
Sais-tu ce que nous dit le fleuve ?

Il nous dit : Craignez la forêt
Dont au carrefour des doutes
On ne connaît plus les routes.
Il nous dit : « Craignez la forêt ! »

Mais nous n’avons pas peur des arbres
Lourds du tumulte des vols
Et des chants des rossignols ;
Mais nous n’avons pas peur des arbres.

O paix de ce pays d’ici,
La voix des eaux est mensonge,
Et tu ne peux être un songe,
O paix de ce pays d’ici.

(Stuart Merrill)

Illustration: Graham Gercken

 

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Vers vagues (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Alexandru Darida c4 [1280x768]

Vers vagues

Le fébrile frisson des murmures d’amour
M’émeut ce soir les nerfs et vieillit ma mémoire.
La voix d’un violon sous la soie et la moire
Me miaule des mots d’inéluctable amour.

La verveine se pâme en les vases de jade :
Un fantôme de femme en l’alcôve circule.
Mais ma mémoire est morte avec le crépuscule,
Et j’ai perdu mon âme en les vases de jade.

Oh ! mol est mon amour, vague est le violon !
Un arôme d’horreur rôde en l’air délétère,
Et je rêve de rêve en l’ombre du mystère

Mais oh ! la volupté veule du violon !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alexandru Darida

 

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Une nuit, sous la terrible lune (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Yuri Dubinin - (13)

Une nuit, sous la terrible lune
Qui saignait parmi les brumes roses,
Tu parlais, ô soeur, de tristes choses
Comme une enfant prise de rancune.

Au loin les appels des mauvais hommes
Nous montaient des vergers de la plaine
Où les arbres tordus par la haine
Tendaient, fruits du mal amour, leurs pommes.

Tu n’entendis pas le bruit des roues
Rapportant vers les petits villages
La récolte des moissonneurs sages
Qui peinent le temps où tu te joues.

Tu cueillais les pavots de la route
Pour en festonner, plein tes mains molles,
Notre maison où l’on voit les folles
Mendier, soeurs du deuil et du doute.

Comme devant une étrange auberge
Tu fis, vocatrice de désastres,
Le signe qui flétrit les bons astres
Dans le jardin d’azur de la Vierge.

Puis effeuillant au seuil de la porte
Les fleurs de l’ombre l’une après l’une,
Tu chantas quelque chose à la Lune,
Quelque chose dont mon âme est morte.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

 

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La flûte (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

La flûte

A STEPHANE MALLARME

Au temps du gazouillis des feuilles, en avril,
La voix du divin Pan s’avive de folie,
Et son souffle qui siffle en la flûte polie
Eveille les désirs du renouveau viril.

Comme un appel strident de naïade en péril
L’hymne vibre en le vert de la forêt pâlie
D’où répond, note à note, écho qui se délie,
L’ironique pipeau d’un sylvain puéril.

Le fol effroi des vents avec des frous-frous frêles
Se propage en remous criblés de rayons grêles
Du smaragdin de l’herbe au plus glauque des bois :

Et de tes trous, Syrinx, jaillissent les surprises
Du grave et de l’aigu, du fifre et du hautbois,
Et le rire et le rire et le rire des brises.

(Stuart Merrill)

 

 

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Oubli (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Alex Alemany-38

Oubli

I

Mon coeur, ô ma Chimère, est une cathédrale
Où mes chastes pensers, idolâtres du Beau,
S’en viennent à minuit sous la flamme lustrale
Râler leur requiem au pied de ton tombeau.

J’ai dressé sous le ciel du dôme un sarcophage
Dont la grave épitaphe en strophes de granit
Proclamera de l’aube à l’ombre et d’âge en âge
L’amen et l’hosanna de notre amour bénit.

II

Mon coeur est une crypte où parmi les pilastres
S’enroulent les remous de l’encens des oublis,
Et par l’heure qui luit de la lueur des astres
La paix des nuits se mire en les pavés polis.

Sur le carrare froid des marches sépulcrales
Déjà mes vieux pensers sont pâmés de sommeil :
Les lampadaires d’or s’endorment en spirales,
Et, ô la glauque aurore en le vitrail vermeil !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alex Alemany

 

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Tu vins vers moi par les vallées (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2015



 

Yuri Dubinin - (3)

Tu vins vers moi par les vallées
Où s’effeuillaient les azalées,
O soeur des heures en allées !

Ta toison était de couleur
Rousse, et ta bouche de douleur
Pareille à la mort d’une fleur.

Tes yeux semblaient des cieux d’automme
Où le dernier orage tonne,
Mélancolique et monotone.

Ta voix chantant la mort d’un roi
Fut toute la femme pour moi,
Fol alors en quête de foi.

Et ces lèvres d’enfant mauvaise
Que seul le sang d’Amour apaise
Qu’ont-elles dit qu’il faut qu’on taise ?

Ah ! rien, sinon qu’Amour est mort
Sur notre seuil de mal abord
Où sourit le masque du Sort :

Je me souviens qu’en les vallées
Tombaient les fleurs des azalées,
Au cours des heures en allées.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

 

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A l’ombre des lauriers (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2015



Yuri Dubinin - (18) 

A l’ombre des lauriers et des cerisiers roses
Les tourtereaux rêveurs qu’endort le lourd midi
Roucoulent leur amour aux corolles mi-closes.

Et le long des degrés de porphyre des cours
Tintent les cordes d’or des lentes mandolines
Sous les doigts indolents d’un choeur de troubadours.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

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Hantise (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2015



 

Charles Guilloux  1_500

Hantise

A EPHRAÏM MIKHAËL.

Par les vastes forêts, à l’heure vespérale,
Les ruisseaux endormeurs modulent leurs sanglots :
Mon âme s’alanguit d’une horreur sépulcrale
A l’heure vespérale où murmurent les flots.

Les ruisseaux endormeurs modulent leurs sanglots
Sous les feuilles que frôle un vent crépusculaire :
A l’heure vespérale où murmurent les flots
Un fantôme s’effare en l’ombre funéraire.

Sous les feuilles que frôle un vent crépusculaire
La lueur de la lune illumine le soir :
Un fantôme s’effare en l’ombre funéraire
Et l’âme de l’air râle en brumes d’encensoir.

La lueur de la lune illumine le soir,
Impalpable remous de la marée astrale,
Et l’âme de l’air râle en brumes d’encensoir
Par les vastes forêts, à l’heure vespérale.

(Stuart Merrill)

Illustration: Charles Guilloux

 

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Eté (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2015



 

Albert Pinkham Ryder  6 [1280x768]

Eté

Le clair soleil d’avril ruisselle au long des bois.
Sous les blancs cerisiers et sous les lilas roses
C’est l’heure de courir au rire des hautbois.

Vos lèvres et vos seins, ô les vierges moroses,
Vont éclore aux baisers zézayants du zéphyr
Comme aux rosiers en fleur les corolles des roses.

Déjà par les sentiers où s’étouffe un soupir,
Au profond des taillis où l’eau pure murmure,
Dans le soir où l’on sent le sommeil s’assoupir,

Les couples d’amoureux dont la jeunesse mûre
Tressaille de désir sous la sève d’été
S’arrêtent en oyant remuer la ramure

Et hument dans l’air lourd la langueur du Léthé.

(Stuart Merrill)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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