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Poésie

Posts Tagged ‘stupide’

La chatte replète de soleil (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
La chatte
replète de soleil
scandaleusement béate

Le scandale n’est-ce pas
d’être trop stupide
pour en faire autant ?

La bêtise
de ne pas savoir
être animale

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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À la mémoire d’une chatte naine que j’avais (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



À la mémoire d’une chatte naine que j’avais

Ô mon beau chat frileux, quand l’automne morose
Faisait glapir plus fort les mômes dans les cours,
Combien passâmes-nous de ces spleeniques jours
À rêver face à face en ma chambre bien close.

Lissant ton poil soyeux de ta langue âpre et rose
Trop grave pour les jeux d’autrefois et les tours,
Lentement tu venais de ton pas de velours
Devant moi t’allonger en quelque noble pose.

Et je songeais, perdu dans tes prunelles d’or
— Il ne soupçonne rien, non, du globe stupide
Qui l’emporte avec moi tout au travers du Vide,

Rien des Astres lointains, des Dieux ni de la Mort?
Pourtant!… quels yeux profonds !… parfois… il m’intimide
Saurait-il donc le mot? — Non, c’est le Sphinx encor.

(Jules Laforgue)

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Ne sois pas stupide! (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



ne sois pas stupide!
le Temps c’est un obus
qui traverse le vide
et n’atteint pas son but

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Catherine Millet

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AUX SONS D’UNE MUSIQUE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Aux sons d’une musique endormie et molle
Comme le glouglou des marais de la lune,
Enfant au sang d’été, à la bouche de prune Mûre ;

Aux sons de miel de tes chevrotantes paroles
Ici, dans l’ombre humide et chaude du vieux mur
Que s’endorme la bête paresseuse Infortune.

Aux sons de ta chanson de harpe rouillée,
Tiède fille qui luis comme une pomme mouillée,
— (Ma tête est si lourde d’éternité vide,
Les mouches d’or font un bruit doux et stupide
Qui prennent tes grands yeux de vache pour des fenêtres),
Aux sons de ta dormante et rousse voix d’été.
Fais que je rêve à ce qui aurait pu être
Et n’a pas été…

Quels beaux yeux de n’importe quel animal tu as,
Blanche fille de juin, grande dormeuse !
Mon âme, mon âme est pluvieuse.
D’être et de n’être pas je suis tout las.

Tandis que ta voix d’eau coule comme du sable
Que je m’endorme loin de tout et loin de moi
Entre les trois bouteilles vides sous la table.

— Noyé voluptueux du fleuve de ta voix…

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

 

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La belle Luca j’aimai, mais (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Ron Mueck   
    
La belle Luca j’aimai,
Mais Luca ne m’aimait pas.
J’ai les ombres pour meublé,
Les amis ont fui mes pas.

Plus de malheurs désormais,
Ils sont déjà dans mon âme.
Je m’en vais vivre à jamais
Stupide, seul et sans rame.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Après la mélancolie (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Illustration: Edward Hopper
    
Après la mélancolie sublime du désir,
quelle amère et désolante mélancolie que celle de la satiété !
Quel profond vide inattendu, après tout amour satisfait !
Et quel mépris pour ces lèvres de femme,
qui n’ont cependant commis que la faute adorable
d’avoir, les stupides, contenté nos désirs !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Je ne pense pas qu’il y ait rien de stupide (Gilbert Keith Chesterton)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



    

Je ne pense pas qu’il y ait rien de stupide dans le fait de hurler à la lune
ou d’avoir peur des démons dans les ténèbres… ni que ce soit une preuve d’ignorance.
Cela me semble parfaitement philosophique.

Pourquoi un homme serait-il considéré comme une sorte d’idiot
parce qu’il ressent le mystère et le danger de l’existence elle-même ?

(Gilbert Keith Chesterton)

 

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L’homme qui n’y comprend rien (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    
L’homme qui n’y comprend rien

Telle chose vient
telle autre se passe
telle autre s’en va.
Ne trouvez-vous pas
qu’on n’y comprend rien?

Bien souvent les hommes
se trouvent mêlés
à leur propre vie
sans avoir compris
ce qui s’est passé.

Tenez une histoire
pas très compliquée
pourtant quel mystère!
J’étais sur le quai,
elle dans le train;
le train est parti,
et je suis resté
debout sur le quai.
Jamais depuis lors
je ne l’ai revue
je n’ai rien compris
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

Autre phénomène
j’vais vous raconter
Dieu sait où ça mène,
quelle étrangeté!
J’étais endormi,
m’voilà réveillé,
j’étais dans la nuit,
fait jour aujourd’hui,
j’étais immobile,
j’me mets à bouger,
je vais dans la rue
un homme apparaît
un instant après
il a disparu,
c’était le printemps
puis il a neigé,
puis c’était l’automne
puis c’était l’été
j’sais plus dans quel ordre
ça s’est succédé :
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

J’étais jeune et brun
j’avais des cheveux
et beaucoup de dents
j’étais mince et pâle…
Je suis rouge et blanc
je suis blanc et rouge
chauve et empâté
ridé, édenté,
je n’y comprends rien.
Que s’est-il passé?

Mais voici le pire
j’avais une idée
pour vous en parler
et tout en parlant
je l’ai laissé filer
Bon Dieu quelle histoire
me voilà stupide
devant vous Madame
devant vous Monsieur
N’ayant rien à dire
je vais m’en aller.
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

(Jean Tardieu)

 

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Terre-Lune (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



Terre-Lune

Terre Lune, Terre Lune
Ce soir j’ai mis mes ailes d’or
Dans le ciel comme un météore
Je pars

Terre Lune, Terre Lune
J’ai quitté ma vieille atmosphère
J’ai laissé les morts et les guerres
Au revoir

Dans le ciel piqué de planètes
Tout seul sur une lune vide
Je rirai du monde stupide
Et des hommes qui font les bêtes

Terre Lune, Terre Lune
Adieu ma ville, adieu mon cœur
Globe tout perclus de douleurs
Bonsoir.

(Boris Vian)

Illustration: Folon

 

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La pomme et l’escargot (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2016



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La pomme et l’escargot

Il y avait une pomme
A la cime d’un pommier ;
Un grand coup de vent d’automne
La fit tomber sur le pré !

Pomme, pomme,
T’es-tu fait mal ?
J’ai le menton en marmelade
Le nez fendu
Et l’oeil poché !

Elle tomba, quel dommage,
Sur un petit escargot
Qui s’en allait au village
Sa demeure sur le dos

Ah ! stupide créature
Gémit l’animal cornu
T’as défoncé ma toiture
Et me voici faible et nu.

Dans la pomme à demi blette
L’escargot, comme un gros ver
Rongea, creusa sa chambrette
Afin d’y passer l’hiver.

Ah ! mange-moi, dit la pomme,
puisque c’est là mon destin ;
par testament je te nomme
héritier de mes pépins.

Tu les mettras dans la terre
Vers le mois de février,
Il en sortira, j’espère,
De jolis petits pommiers.

(Charles Vildrac)

 

 

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