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Il y a dans le fond quelque chose qui beugle (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017




Il y a dans le fond quelque chose qui beugle

Que chacun s’observe ou que chacun s’ignore
que chacun se regarde ou que chacun s’aveugle
que chacun se refuse ou que chacun se subodore
il y a dans le fond quelque chose qui beugle

Que l’homme s’envole ou que la femme s’enceinte
que l’enfant pleurniche ou que le vieillard s’aveugle
que le curé fornique ou que la bonne soeur se croie sainte
il y a dans le fond quelque chose qui beugle

(Raymond Queneau)

 

 

 

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Le jour s’éteint dans les vitraux d’or endurci (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016



 

Le jour s’éteint dans les vitraux d’or endurci
Et de bleu clair auquel l’air du ciel collabore.
L’église est grise; elle devient tout incolore;
Et déjà les vitraux ont un aspect transi,
Eux qui tantôt encor blasonnaient le silence.
Nul bruit. Devant l’autel, la lampe se balance
Du mouvement lassé d’une tête d’enfant
Qui, très blonde, voulant dormir, se dodeline.
L’église, contre l’ombre, à peine se défend;
Un reste d’encens plane en pâle mousseline
Qui fil à fil se désagrège dans les nefs;
Quelques cierges ont par instants des éclats brefs
De flamme horizontale et dont l’ombre s’évente.
Dans les vitraux foncés, s’est amarré le soir;
Translucide tantôt, leur verre est presque noir,
Bassins d’une eau froidie et qui se désargente !
Volupté de cette ombre et de subodorer
La maladive odeur des églises : bougies,
Encens fané, nappes du culte défraîchies,
Et les cires qui sont mortes de se pleurer !

(Georges Rodenbach)

 

 

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