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Poésie

Posts Tagged ‘subtil’

Beaucoup s’est passé (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Cesar Santos
    
Beaucoup s’est passé
Et viendra encore,
Mais jamais ne cessera la joie dans mon coeur,
La douce joie
De savoir que vous viendrez

[…]

J’aime votre prénom subtil,
Vos mains et vos épaules
Et votre châle noir.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Odelette (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2017




    
Odelette

Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d’araignée
– Émerveillement –
Lourde de rosée
Dans le matin blanc !

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie,
Ô maison de fil,
Escalier de soie !

Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)

Découvert ici: https://livresdunjourblog.wordpress.com/

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La terrasse des Lilas (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



    

La terrasse des Lilas

Il est des lieux sur cette Terre
Où l’on se sent vraiment chez soi
La vie y semble plus légère
On y est plus heureux qu’un roi
Ce qu’ils offrent à votre vue
Ce n’est pas un vaste horizon
Mais tout simplement une rue
Un peu de ciel sur des maisons
Il en est un qui dans l’espace
Est bien loin maintenant de moi
Un café avec sa terrasse
Et quand je veux je le revois

C’était dans un coin de Paris
Un coin de Paris qui sourit
Un café avec sa terrasse
A Montparnasse
C’est à l’enseigne des Lilas
Des lilas il n’y en avait pas
Mais le nom était resté là
En souvenir, sans tralala
Ce café – vous en souvient-il ?
Avec son arôme subtil
Faisait tenir tout le Brésil
Dans votre tasse
Le patron était alsacien
Le garçon était vénitien
Mais malgré tout ça c’était bien
Un café parisien

J’aimais à l’heure apéritive
M’y asseoir aux premiers beaux jours
Pour embrasser la perspective
De ce merveilleux carrefour
J’y observais l’Observatoire
Et Bullier, souvenir d’un bal
Et le pavé chargé d’histoire
Du boulevard de Port-Royal
Un kiosque à journaux sans mystère
Fleurissait sur le terre-plein
Face à ce temple nécessaire
Hommage au fameux Vespasien

C’était un café de Paris
Entre mille joli, fleuri
Avec son bar et sa terrasse
A Montparnasse
Au coeur de ce beau carrefour
Où Saint-Michel et Luxembourg
Avaient rendez-vous tour à tour
Avec l’étude, avec l’amour
On y rencontrait des acteurs
Des poètes, des percepteurs
Jamais, jamais de dictateur
Ivre d’espace
Et l’on fumait du Caporal
Sous la statue d’un général
Etait-il, je m’en souviens mal
A pied ou à cheval ?

Le crépuscule sur la ville
Traînait sa robe de lilas
Un vieux monsieur lisait Virgile
En dégustant un marsala
De jeunes femmes odorantes
Offraient leur visage cruel
A cette lumière expirante
Un reflet attardé du ciel
Et des hommes avec ces femmes
Echangeaient de subtils propos
Sur l’immortalité de l’âme
Ou le chic exquis d’un chapeau

C’était un café de Paris
Une voix disait : « Mon chéri »
L’amour aussi avait sa place
A la terrasse
On saluait des gens très bien
Que l’autobus des Gobelins
Vous déversait comme un trop plein
Sur ce rond-point si cartésien
Des amis venaient, excellents
Hélas où sont-ils à présent ?
Alors dans le jour finissant
Du Val-de-Grâce
Des frondaisons du Luxembourg
Des vieilles pierres du faubourg
Pour notre Paris de toujours
Montait un chant d’amour

Il est venu de lourds soldats
Qui ont écrasé tout cela
Ah dites-nous qu’il reviendra
Le beau temps des lilas !

(Jean Villard–Gilles)

 

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Extrême-Orient (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




    
Extrême-Orient

I

Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux.
Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre,
Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre,
Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux.

Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau,
Sans savoir où, très lentement. – O charme rare,
Que donne un inconnu fluide où l’on s’égare !…
Par instants, j’arrêtais quelque frêle rameau.

Et je restais, bercé sur un flot d’indolence,
A respirer ton âme, ô beau soir de silence…
Car j’ai l’amour subtil du crépuscule fin ;

L’eau musicale et triste est la soeur de mon rêve
Ma tasse est diaphane, et je porte, sans fin,
Un coeur mélancolique où la lune se lève.

II

La vie est une fleur que je respire à peine,
Car tout parfum terrestre est douloureux au fond.
J’ignore l’heure vaine, et les hommes qui vont,
Et dans 1’Ile d’Émail ma fantaisie est reine.

Mes bonheurs délicats sont faits de porcelaine,
Je n’y touche jamais qu’avec un soin profond ;
Et l’azur fin, qu’exhale en fumant mon thé blond,
En sa fuite odorante emporte au loin ma peine.

J’habite un kiosque rose au fond du merveilleux.
J’y passe tout le jour à voir de ma fenêtre
Les fleuves d’or parmi les paysages bleus ;

Et, poète royal en robe vermillon,
Autour de l’éventail fleuri qui l’a fait naître,
Je regarde voler mon rêve, papillon.

(Albert Samain)

 

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Quand tout désir (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017



Illustration: Josephine Wall
    
Quand tout désir sera-t-il éteint dans ton coeur?
Quand laisseras-Tu dormir au fond de ta substance
tous ces éléments subtils, dont la réunion a produit les êtres?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Désir d’Amour (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Carole Cousseau
    
Désir d’Amour

JE voudrais te dire des choses
Que nulle oreille n’entendit
Et sur ton sein cueillir les roses
Que nul encore ne cueillit

Pour tes yeux pleins de lueurs chaudes
Pour ton corps aux parfums subtils
Je voudrais trouver dans mes rôdes
Parmi la nuit d’autres myrtils

Car je sais qu’aucun homme encore
N’a goûté ton hautain baiser
O ton baiser ! le faire éclore
Sur tes lèvres, ô me griser !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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DÉDICACE (Albert Boissière)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



DÉDICACE

Je t’apportais des fleurs, des roses, de la vie ;
Comme en rêvant, je semais, au long des chemins,
Des fleurs, des roses, de la vie, à pleines mains,
Et je trouvais insignifiante la Vie…
Sous mes doigts prestigieux, et d’un geste allier,
J’effeuillais mon cœur las, au détour du sentier.

Les hypocrites trouvaient ma constance vaine
Et j’épuisais le sang anème de mes veines
A paraître celui que je n’étais pas,
A semer toutes mes roses sous tous les pas.

Mais je t’ai rencontrée, un soir de lilas tendre,
Et j’ai rassemblé sur ma poitrine la gerbe
Eparse des fleurs, des roses et de l’herbe
Mauvaise qu’est la vie, odeur de lilas tendre !

Et, pour complaire à ton subtil enchantement,
O ma très belle, ô ma très bonne au Bois Charmant,
Par le parc idéal où pleurent les fontaines,
En l’égrènement doux de musiques lointaines,
— Loin de les effeuiller, au détour du sentier,
J’ai rangé les fleurs de mon cœur en ton herbier.

(Albert Boissière)

Illustration: Marc Chagall

 

 

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La divine folie (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Alfons Mucha
    
La divine folie

Je veux être celui qui sur sa chevelure
Attache un brin d’ortie avec la grappe mûre,
Qui danse titubant, bestial et divin
Et porte la nature entière dans son sein;
Celui qui sent frémir et couler dans ses moëlles
L’âme errante du vent, des mers et des étoiles,
Accroche à sa ceinture en un même bouquet
La ronce, le chardon, la cigüe et l’oeillet;
Qui, ne distinguant plus son regard de l’aurore,
Sent parmi les couchants sa chair qui s’évapore.
Je veux être celui qui rit dans le soleil
Et savoure le jour ainsi qu’un fruit vermeil;
Le berger ou l’outlaw dormant sur la javelle
Comme un enfant bercé aux genoux de Cybèle.
Je marcherai rêveur, épris de l’inconnu,
Aux sentiers ignorés, froissant de mon pied nu
L’herbe, le laurier rose et l’ingrate bruyère.
Debout sur les sommets, libre dans la lumière,
Mendiant triomphant, je tendrai vers l’éclair
Le geste avide de mes bras à travers l’air.

Je serai le glaneur idéal qui recueille
La rosée au matin,le rayon, le reflet
Du fleuve et s’en nourrit: le gueux dans la forêt
Elevant son palais frissonnant sous les feuilles.
Possesseur des trésors qu’on dédaigne, j’irai
Boire aux lèvres du vent quelque nectar sacré;
Frôler à l’eau qui fuit par les mousses humides
Le torse transparent des pâles néréides;
Et jouissant des odeurs, des sons, voluptueux,
Avec les sens aigus d’un sauvage et d’un dieu,
Je glisserai subtil à l’herbe où le vent joue
Et je serai le bond du dix-cors qui s’ébroue.

Etoiles qui brillez au bord du ciel serein,
Tendresse de la nuit qui monte et qui m’étreint,
Mystérieux baisers, soupirs sur le rivage
Du flot diamanté où se mire un nuage,
Fantômes devinés de blanches déités,
Accordez à mes voeux votre complicité,
Accordez à mon coeur la grâce qu’il implore,
La divine folie! Et toi, morne ellébore,
Que ton rameau flétri se dessèche infécond
Qui guérit de l’ivresse et nous rend la raison.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’AMOUR MAITRE (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



L’AMOUR MAITRE

Il court en liberté dans le sillon, agite ses ailes au vent,
palpite vivant au soleil, se pose sur les pins.
Ne cherche pas à l’oublier comme une mauvaise pensée :
tu devras l’écouter !

Il parle la langue du bronze et celle de l’oiseau,
Il te supplie timide et comme la mer te commande.
Ne cherche pas à le regarder défiante ou sourcil froncé :
tu devras l’héberger !

Ses gestes sont d’un maitre que l’excuse n’attendrit.
Il fêle les vases de fleurs, fend le glacier profond.
Ne cherche pas en lui parlant à refuser de l’abriter :
tu devras l’héberger !

Subtil il te réplique avec d’ingénieuses raisons,
arguties d’un savant empruntant une voix de femme.
Ta science humaine sera vaine, plus encor celle du ciel :
et tu devras le croire !

D’un bandeau de lin il t’aveugle et tu supportes le bandeau.
Il t’offre son bras chaud et tu ne sais le refuser.
Il se met à marcher et tu le suis, ensorcelée, sachant
qu’il t’emmène à la mort !

***

AMO AMOR

Anda libre en el surco, bate el ala en el viento,
late vivo en el sol y se prende al pinar.
No te vale olvidarlo como al mal pensamiento :
¡tendrás que escuchar!

Habla lengua de bronce y habla lengua de ave,
ruegos timidos, imperativos de mar.
No te vale ponerle gesto audaz, ceño grave:
¡lo tendres que hospedar!

Gasta trazas de dueño; no le ablandan excusas.
Rasga vasos de flor, hiende el hondo glaciar.
No te vale el decirle que albergarlo rehúsas:
¡lo tendrás que hospedar!

Tiene argucias sutiles en la réplica fina,
argumentos de sabio, pero en voz de mujer.
Ciencia humana te salva, menos ciencia divina:
¡le tendrás que creer!

Te echa venda de lino; tú la venda toleras.
Te ofrece el brazo cálido, no lek sabes huir.
Echa a andar, tú le sigues hechizada aunque vieras
¡que eso para en morir!

(Gabriela Mistral)


Illustration: René Magritte

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Vestiges (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2017



 

Vestiges

L’hémisphère austral. Et sous son algèbre
d’étoiles toutes ignorées par Ulysse,
un homme cherche et cherchera toujours
les vestiges de cette épiphanie
qu’il a connue, il y a tant d’années,
derrière le numéro d’une porte
d’hôtel, près de l’incessante Tamise
qui coule comme coule l’autre fleuve,
celui du temps, subtil, élémentaire.
La chair oublie ses chagrins et ses joies.
L’homme attend, puis il rêve. Vaguement
il retrouve des situations banales.
Le prénom d’une femme, une blancheur,
un corps maintenant sans visage, l’ombre
d’une soirée sans date, la pluie fine,
quelques fleurs de cire sur du marbre
avec les murs, leur couleur rose pâle.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Jean Luc Lebourdier

 

 

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