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Poésie

Posts Tagged ‘subtil’

Les Provenants (Eugenio De Signoribus)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


Zen Circle

des noeuds les plus encordés
depuis les niches des corps
les convers arrivent dans la cour

naturels ils vont tous à leur place
de sorte que, à les voir toutes occupées,
se forme un cercle de têtes introverties

à l’intérieur il fait signe et prononce,
un fil subtil en noue l’existence
de conscience et de vaste pitié…

alentour on croirait, vif, un torrent…
mais l’air est net et vide,
hors du cercle le néant visible

(Eugenio De Signoribus)

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La Sieste (José Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022




La Sieste

Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d’émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s’allonge et se croise à travers l’ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d’or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves.

(José Maria de Hérédia)

Illustration

 

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Aujourd’hui, le dégel (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022



Illustration: Jill Battaglia
    
Aujourd’hui, le dégel, aujourd’hui,
Debout, près de la fenêtre, de nouveau
Apaisée, regard dégrisé, plus encore,
Et ma poitrine — plus libre.

Je ne sais pourquoi. Peut-être
L’âme simplement fatiguée,
Et sans envie de toucher
Au crayon rebelle.

Debout, ainsi, dans le brouillard —
Au loin du bien et du mal,
Je tambourine d’un doigt léger
Sur la vitre qui vibre à peine.

Ni meilleure ni pire — par l’âme,
Que le premier venu — au hasard —
Ou que les flaques dans lesquelles
Le ciel répand ses perles,

Ou qu’un oiseau qui passe,
Ou qu’un chien qui erre, ou,
Même, qu’une chanteuse pauvre
Qui ne m’a pas fait pleurer.

Déjà, mon âme a retrouvé
L’art subtil de l’oubli.
Dégel, aujourd’hui, dans l’âme,
Pour le vaste sentiment.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’araignée (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021




Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d’araignée
– Emerveillement –
Lourde de rosée
Dans le matin blanc!

Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie,
Ô maison de fil,
Escalier de soie!

Araignée grise,
Araignée d’argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)

Illustration: ArbreaPhotos

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Entrechat (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

chat-tigre  [1280x768]

Entrechat

Longue oreille, des crocs intacts, des vrais ivoires,
Le corps svelte quoique râblu,
Son beau pelage court et gris à barres noires
Lui faisant un maillot velu ;

Des yeux émeraudés, vieil or, mouillant leur flamme
Qui, doux énigmatiquement,
Donnent à son minois le mièvre et le charmant,
D’un joli visage de femme.

Avec cela rôdeur des gouttières, très brave,
Fort et subtil, tel est ce chat,
Pratiquant à loisir le bond et l’entrechat,
Au grenier comme dans la cave.

(Maurice Rollinat)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Transformation (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



    

Transformation

Mon souffle coule en un courant rythmique subtil ;
il emplit mes membres d’une puissance divine :
j’ai bu l’Infini comme un vin de géant.
Le Temps est mon théâtre ou mon spectacle de rêve.
Mes cellules illuminées sont la trame flamboyante de la joie
et les fibres frémissantes de mes nerfs sont devenues
de fins courants d’ivresse, opale et hyaline,
où pénètre l’Inconnu, le Suprême.

Je ne suis plus vassal de la chair,
esclave de la Nature et de sa loi implacable ;
je ne suis plus captif des rets étroits des sens.
Mon âme s’étend par-delà tout horizon en une vision sans borne,
mon corps est l’heureux et vibrant instrument de Dieu,
mon esprit un vaste soleil de lumière immortelle.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’or des bouleaux (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



L’or des bouleaux
Ruisselle irréversiblement
Dans la lumière de novembre

Le vent qui a tari sa source
Frémit hors des feuilles
Avec un bruit très subtil
De petit bois qui allume le ciel

Ta buée sur la vitre
Forme une grande empreinte digitale
Pour le dieu innommable

(Albert Strickler)


Illustration: Gustav klimt

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Ondine (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020


ondine

 

Il taillada les ronces, ramassa la vase grise
Afin de me donner droit de passage dans mes propres drains
Et je me mis à courir pour lui, vive, lavée de ma rouille.
Il fit halte, me vit enfin dévêtue,
Eau claire, insoucieuse en apparence.
Puis il marcha à mes côtés. Là où les fossés se croisent
Près de la rivière, je clapotai et bouillonnai
Jusqu’à ce qu’il enfonce une pelle loin dans mon flanc
Et m’étreigne. J’avalais sa tranchée
Avec gratitude, me répandant par amour
Dans ses racines, remontant dans ses graines cuivrées –
Mais dès qu’il vit la force de mon accueil, moi seule
Pouvais le grandir et lui être miroir subtil.
Il m’explosa si complètement que mon corps perdit
Sa liberté froide. Humaine, touchée par lui.

(Seamus Heaney)

 

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L’éclair n’est-il plus vif que le feu (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



L’éclair n’est-il plus vif que le feu
L’éther n’est-il plus subtil que l’air
Le rêve n’est-il plus fluide que l’eau
Que dire du dieu caché du silence

Angoisse-et-jouissance d’ouvrir les yeux
dans la nuit d’une énigme infinie

(Michel Camus)

 

 

 

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L’immortelle, et l’oeillet de mer (Jean-Paul Toulet)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



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L’immortelle, et l’oeillet de mer
Qui pousse dans le sable,
La pervenche trop périssable,
Ou ce fenouil amer

Qui craquait sous la dent des chèvres,
Ne vous en souvient-il,
Ni de la brise au sel subtil
Qui nous brûlait aux lèvres ?

(Jean-Paul Toulet)

 

 

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