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Poésie

Posts Tagged ‘suc’

Qui dira la richesse du merveilleux (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Qui dira la richesse du merveilleux
le suc infini qui coule dans ses veines
Qui dira le sang
le saint sang
du silence

(Michel Camus)

Illustration

 

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Il est si beau (Marcabru)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Marcio Melo 19

Il est si beau que la rainette chante,
que le suc perce sous l’écorce,
qu’après fleurs, feuillage et ramure,
vienne le fruit sur l’arbre,
que le rossignol siffle et appelle
celle qu’il a conquise par la force de sa joie.
Il est si fier de lui, qu’il ne sent plus
ni froid, ni gel, ni glace, ni bise.

(Marcabru)

Illustration: Marcio Melo

 

 

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Contempler le lever du jour! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Contempler le lever du jour!
La petite lueur fait s’évanouir les ombres immenses et diaphanes,
Le goût de l’air est bon à mon palais.

Poussées du monde en marche, ébats ingénus,
lever en silence, fraîcheur exhalée,
Effleurements obliques en haut et en bas.

Quelque chose que je ne puis voir dresse en l’air d’impudiques pointes,
Des mers éclatantes de suc inondent le ciel.

(Walt Whitman)

Illustration

 

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Euphorbe (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2019



Illustration 
    
Euphorbe

Un papillon
se gorge
du suc toxique
de la pulpe viride.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

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Coquelicots en juillet (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018




    
Coquelicots en juillet

Petits coquelicots, petites flammes d’enfer,
Vous ne faites pas mal ?

Vous tremblez. Je ne sais pas vous toucher.
Je mets les mains dans les flammes. Rien ne brûle.

Et cela m’épuise de vous regarder
Trembler comme ça, rouge vif et froissés comme une bouche.

Une bouche que l’on vient d’ensanglanter.
Oh petites jupes sanglantes !

Il y a des vapeurs que je ne peux toucher.
Où est votre opium, où sont vos capsules écoeurantes ?

Si je pouvais saigner, ou dormir! —
Si ma bouche pouvait épouser une blessure pareille !

Ou vos sucs distiller pour moi, dans cette capsule de verre,
Une stupeur, un apaisement.

Mais pas de couleur. Pas de couleur.

(Sylvia Plath)

 

Recueil: Ariel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Indifférence (Marybé)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



L’ombre d’une indifférence gît au creux de tes yeux,
Heurte l’âme de mon visage défait
Et se perd dans les remous de mon sang qui se glace.
Ton indifférence cogne de plein fouet aux portes de ma chair
Qui n’ose plus rien que l’immobilité des silences.
Mon corps nu, abandonné dans le lit de l’attente
Risque des gestes inutiles, ridicules pantins
Qui s’agitent saccadés par une sourde douleur.
Mes mains furieusement caressent les débris de ton désir disparu,
Tendu vers un ailleurs sans regrets de tout ce qui fut nous.
Des éclats d’une lassitude pas à pas installée
Luisent au ciel des sentiers de nos nuits.
Sur ma bouche, les traces de nos baisers s’évaporent,
Sur mes lèvres muettes glisse le suc amer
D’un amour éclaté.

(Marybé)

Illustration

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LA LUNE DES PREMIERS JOURS (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



Illustration: Leon-Francois Comerre
    
LA LUNE DES PREMIERS JOURS

Exister au loin. Peut-être n’existes-tu pas sur terre,
En pensant à toi comme Si tu étais en vie,
je te prends pleinement dans mes bras,
Le vide semble un suc.
Tu es une absente imprégnée de la chaleur du corps.
À vrai dire quand je t’ai prise dans mes bras, je voyais
Derrière toi le ciel d’un éternel au-delà.
Tu étais le vide «plein» dans une forme.
Que la forme est fragile et poignante.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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UN SOIR D’HIVER (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

UN SOIR D’HIVER

Lorsque la neige aux vitres frappe,
Que l’angélus longuement sonne,
La table est mise pour beaucoup
Et la maison est bien garnie.

Maint compagnon en cours d’errance
Arrive par d’obscurs chemins.
L’arbre de grâce a des fleurs d’or
Puisés au suc frais de la terre.

Le voyageur entre en silence ;
La douleur pétrifia le seuil.
Et l’on voit luire sur la table
Clair et pur le pain et le vin.

(Georg Trakl)

Illustration: Edouard Léon Cortès

 

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Le retour dans la montagne (Gao Shi)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018




    
Le retour dans la montagne

On respire un air vif et pur,
et voilà que le soleil disparaît
dans les froides profondeurs de ces rochers immenses.

Je veux vous reconduire jusqu’à votre montagne ;
ami, je connais maintenant votre cœur.

Quand l’âge mûr succède à l’active jeunesse,
le temps est venu de cesser la lutte
et de s’appartenir à soi-même ;

Vous avez su, je le vois, comprendre la vie,
et régler la vôtre comme il faut.
Qu’il vous plaise de marcher ou de vous reposer,
rien ne vous poursuit ni ne vous arrête ;

Sans entendre d’autre murmure que celui des sources,
d’autres bruits que ceux du vent ou de la pluie,
Vous foulez un sol toujours jonché
des fruits du song ou des fleurs du cannelier.

Les simples que vous vendez vous procurent largement
de quoi subvenir à vos faibles dépenses ;
Vous recueillez enfin ces herbes précieuses,
dont les sucs puissants donnent la longévité.

Les nuages blancs sont de gracieux compagnons
qui vous exhortent à boire ;

En quelque endroit que vous vous retiriez pour dormir,
la lune brillante n’est-elle point près de vous ?

J’emporte, moi, de cette journée,
des souvenirs que ne peut effacer le sommeil ;
Nous allons donc nous revoir en songe,
car mon esprit, cherchant le vôtre,
saura bien revenir ici.

(Gao Shi)

 

 

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