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Poésie

Posts Tagged ‘succès’

Le Bonheur (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



L’erreur est de croire qu’il faut choisir,
qu’il faut faire ce qu’on veut,
qu’il y a des conditions du bonheur.

Le Bonheur est ou il n’est pas.

C’est la volonté du bonheur qui compte,
une sorte d’énorme conscience toujours présente.
Le reste, femmes, oeuvre d’art, succès mondains,
ne sont que prétextes.

Un canevas qui attend nos broderies.

(Albert Camus)

 

 

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Le succès (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018



Le succès semble le plus doux
A qui ne réussit jamais.
Comprendre le Nectar requiert
Le plus cruel besoin…

(Emily Dickinson)

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UN PAR DEUX (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Illustration: Robert Auer
    
UN PAR DEUX

J’ai maintenant deux corps,
le mien et le tien,
miroir où se fait beau
celui que je n’aimais pas.
Qui ne me portait pas chance.
Des succès qui ne m’accordaient rien.
L’amour que nous nous rendons
nous a délivrés des rencontres,
aussi des vertus inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’INTERDICTION (John Donne)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Isabelle Zimmermann
    
L’INTERDICTION

Garde-toi de m’aimer,
Ou ma défense, au moins, songe à te rappeler!
Non que je me paierais de ma folle dépense
De salive et de sang sur tes pleurs et soupirs
En te rendant les coups dont tu me sus férir.
Mais, comme un tel Bonheur passe notre existence,
De peur que ton amour par ma mort soit frustré
Si tu m’aimes un jour, garde-toi de m’aimer.

Garde de me haïr,
Ou bien de ce succès de trop t’enorgueillir
Non point qu’en répondant par ma haine à la tienne
Je voudrais de mes torts m’instituer vengeur;
Mais tu t’aliénerais le style du vainqueur
Si je devais, vaincu, succomber à ta haine.
Donc, pour que mon néant ne te vienne amoindrir
Si tu me hais un jour, garde de me haïr.

Joins la haine à l’amour :
Ces extrêmes, ainsi, s’annuleront toujours.
Aime-moi, que je souffre une mort allégée;
Hais-moi, car ton amour pour moi serait trop grand;
Ou qu’ils me laissent vivre en s’entre-déchirant :
Je vivrai ton Théâtre, et non pas ton Trophée.
Pour ne m’anéantir avec eux même jour.
Pour ma vie épargner, joins la haine à l’amour.

***

THE PROHIBITION

Take heed of loving mee,
At least remember, I forbade it thee;
Not that I shall repaire my’unthrífty vast
Of Breath and Blood, upon thy sighes, and tearer,
By being to thee then what to me thou wart;
But, so great Joy, our life at once outweares,
Then, least thy love, by my death, frustrate bee,
If thou love mee, take heed of loving mee.

Take heed of hating mee,
Or too much triumph in the Victorie.
Not that I shall be mine owne officer,
And hate with hate againe retaliate;
But thou wilt lose the stile of conquerour,
If I, thy conquest, perish by thy hate.
Then, least my being nothing lessen thee,
If thou hate mee, take heed of hating mee.

Yet, love and hate mee too,
So, these extremes shall neithers office doe;
Love mee, that I may die the gentler way;
Hate mee, because thy love’is too great for mee;
Or let these two, themselves, not me decay;
So shall I, live, thy Stage, not triumph bee;
Lest thou thy love and hate and mee undoe,
To let mee live, O love and hate mee too.

(John Donne)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: J.Fuzier et Y. Denis
Editions: Gallimard

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Jalousie (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Jalousie

Jeunes femmes, parfois, quand je vais me mêler
A vos jeux… si je sens mon âme se troubler,
Si soudain sur mon front une ride se creuse,
Si ma pensée empreint sa trace douloureuse
Sur mes traits, que l’on voit se couvrir de pâleur,
Ce n’est point jalousie, ô femmes ! c’est douleur !

Du bonheur passager de la nouvelle épouse,
De ses illusions je ne suis pas jalouse.
Quand elle apparaît, j’aime à l’entendre applaudir,
A voir sous l’oranger son front pur resplendir,
Sa parure éblouir la foule qui l’entoure,
J’aime à la croire heureuse alors qu’elle savoure
Cet encens que le monde aux femmes jette un jour,
Encens de vanité parfumé par l’amour !…

Mais ce qui me torture et fait fléchir mon âme,
C’est de voir auprès d’elle assise une autre femme,
Jeune de son bonheur dont elle prend sa part,
Fière de ses succès, l’adorant du regard,
Et la nommant tout haut sa fille, ô peine amère !
Je suis jalouse alors, car je n’ai plus de mère !

(Louise Colet)

 

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La tension vers le succès (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

La tension vers le succès

Quand je faisais tous mes efforts pour réussir,
Pour marquer le monde de mon empreinte,
Je commettais beaucoup de péchés.
J’exploitais beaucoup de gens
Afin d’atteindre mes buts.
Quand j’avais mauvaise conscience, je disais :
« Tout se justifiera quand ma tâche sera accomplie. »

Maintenant que j’ai fini de faire des efforts
Et ne désire plus marquer le monde de nouvelles empreintes,
Je désire seulement être pur
Et vivre en harmonie avec le monde.
Je ne vois aucune différence entre l’acte et le but :
L’acte est le but, le but l’acte.
« Tout doit se justifier ici et maintenant. »

(Pensées celtiques)

 

 

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La beauté des ruines (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2015



Il y a du sublime à gaspiller une vie qui pourrait être utile,
à ne jamais réaliser une oeuvre qui serait forcément belle,
à abandonner à mi-chemin la route assurée du succès ! …

Pourquoi l’art est-il beau? Parce qu’il est inutile.

Pourquoi la vie est-elle si laide ?
Parce qu’elle est un tissu de buts, de desseins et d’intentions ?
Tous ses chemins sont tracés pour aller d’un point à un autre.

Je donnerais beaucoup pour un chemin conduisant d’un lieu d’où personne ne vient,
vers un lieu où personne ne va…

La beauté des ruines ?
Celle de ne plus servir à rien.

(Fernando Pessoa)

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Avec la baguette des mots (Nicolas Dieterlé)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2015



 

Avec la baguette des mots je tiens le monde à distance afin de l’aimer mieux

Les mots sont l’affleurement sur le papier,
hors du silence de la page blanche, d’une eau qui me baigne de toutes parts
et que je ne perçois pas directement.
Les mots me la rendent visible, mais avec quelle déperdition !

Il faut que je vise moins le succès, la puissance,
et de plus en plus le consentement et l’accord.
Les arbres me l’apprendront.
L’amour aussi.
L’espace entre les collines.
La minuscule proue sculptée d’un bourgeon

(Nicolas Dieterlé)

Illustration: ArbreaPhotos

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