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TECTONIQUE DE LA FEMME (Marcel Moreau)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



TECTONIQUE DE LA FEMME
(extraits)

Femme, soeur, amie,
J’ai tourné autour de ton ventre plus de fois que je n’ai couru les bals.

Femme, soeur, amie, amante,
j’ai contemplé ton ventre plus souvent que les arts d’ici-bas, que les constellations là-haut.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
j’ai écouté ton ventre avec tant de croyance que ne m’en restait plus pour la croyance en l’homme.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse,
pécheresse, j’ai appris de ton ventre plus que ne m’enseignèrent les livres.

Femme, soeur, amie, amante, prêtresse, pécheresse,
agnelle, louve, succube, garce, grâce, FOLLE, j’ai noyé dans ton ventre plus de raison que ne s’en vidait mon esprit.

Mais, Femme unique,
jamais, au grand jamais, je ne pourrai jurer, sur ton ventre, à sa source, que je sais où je vais lorsque je vais en lui.

(Marcel Moreau)

 

 

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Le succube (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Le succube

On creuse la nuit
Dans mon crâne un puits
On ouvre une sape
Pour capter la nappe
Fossile des eaux
Douces d’un cerveau.

On perce ma roche
Pour vider la poche
D’or de mes secrets
Un escroc trafique
Le champ magnétique
De mes minerais.

On entaille à vif
À coups d’explosif
Mes filons de rêves
Et le coq hâbleur
Chasse mon voleur
Quand l’aube se lève.

Pour ton œuvre au noir,
Fouilleur de mémoire,
Mineur clandestin,
Pilleur de placers,
Que peux-tu bien faire
De tout ce butin ?

(Bernard Lorraine)


Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Le démoniaque (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Le démoniaque

Ai-je sucé les sucs d’innommés magistères ?
Quel succube au pied bot m’a-t-il donc envoûté ?
Oh ! Ne l’être plus, oh ! Ne l’avoir pas été !
Suc maléfique, ô magistères délétères !

Point d’holocauste offert sur les autels des Tyrs,
Point d’âpres cauchemars, d’affres épileptiques !
Seuls les rêves pareils aux ciels clairs des tryptiques,
Seuls les désirs nimbés du halo des martyrs !

Qui me rendra jamais l’hermine primitive,
Et le lis virginal, et la sainte forêt
Où, dans le chant des luths, Viviane apparaît
Versant les philtres de sa lèvre fugitive !

Hélas ! Hélas ! Au fond de l’Erèbe épaissi,
J’entends râler mon coeur criblé comme une cible.
Viendra-t-on te briser, sortilège invincible ? –
Hâte-toi, hâte-toi, bon Devin, car voici

Que l’automne se met à secouer les roses,
Et que les jours rieurs s’effacent au lointain,
Et qu’il va s’éteignant le suave matin :
Et demain, c’est trop tard pour les métamorphoses !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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