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Poésie

Posts Tagged ‘suivre’

Si une lumière marche (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019




    
Si une lumière marche
les lumières immobiles finiront par la suivre.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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LES DEMOISELLES D’AUTREFOIS (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Albert Joseph Moore (2)

LES DEMOISELLES D’AUTREFOIS

Deux demoiselles d’autrefois
Rêvent au fond d’un cadre en bois ;
Elles regardent dans l’espace
Languissamment le temps qui passe
Tandis que leur pastel s’efface
Peu à peu comme un souvenir.
Elles suivent de leurs yeux pâles
Les heures lentes à mourir
Et les roses aux blancs pétales
Fanent dans leurs cheveux poudrés.
Mais je les aime et je voudrais
Soulevant de mes doigts le verre
Qui les abrite de son mieux,
Poser mes lèvres sur leurs yeux,
Car je les aime avec mystère.
Deux demoiselles d’autrefois
Rêvent au fond d’un cadre en bois.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Albert Joseph Moore

 

 

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Je ne sais pas où finit La rue de Lagny (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Je ne sais pas où finit
La rue de Lagny

Elle jaillit d’un coup
Boulevard de Charonne
Et suit son cours
Sans méandres
Canal domestique

Se goinfre de carbone
En sautant le périph

Et va partager ses eaux
Entre Saint-Mandé
Rive droite
Et Montreuil
Rive gauche

Tour à tour elle irrigue
Des immeubles morts
Machines à mouliner
Le fric
Des bâtisses à habiter
En batterie
Des pavillons de banlieue

Avec arbre
Derrière leurs remparts

Je tourne
Dans la rue Robespierre

Aujourd’hui encore
Je ne saurai où finit
La rue de Lagny

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Je suis suivi par une ombre (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Je suis suivi
Par une ombre qui, dans mon enfance,
Partageait mes jeux
Elle a grandi avec moi
Elle a vieilli avec moi
Elle me suit
Jusqu’à
La tombe

(Abbas Kiarostami)

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Tes absences (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Dimitar Voinov Jr  (9)

Tes absences sont souvent revenues tirer ma mémoire de son sommeil.
Une histoire de vieux livres, de tristesses sur commande.
Et ça se remplit à ras bord de mes mains qui te suivent partout.
Tu n’as jusqu’ici regardé la vie que par le bas des marges à remplir.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Dimitar Voinov

 

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JE RENTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
JE RENTRE

Mon chapeau se cabosse
j’entends maintenant les aboiements récents
la fenêtre m’applaudit aussitôt
et ma table sourit

je regarde au loin le bouton de sonnette
et le vent actif agace mes cheveux
l’être innombrablement ailé je le suis aussitôt
je partis oubliant mon cerveau

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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LA VIE COURT (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
LA VIE COURT

Si les hommes demandent des preuves
que veux-tu que je dise d’autre
mon amour

Ton nom

J’invente des miracles
pour que mes amis t’aiment
je fais un soleil fou
de l’ombre de ta voix

Je parle et tu me suis
ma charnelle déserte
mon amour que je ne connais pas.

(Jean Sénac)

 

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Les branches ont le secret (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
Les branches ont le secret
d’une écriture aussi
vivante que celle qui rythma

mon enfance. L’école était
mon château, mon refuge,
ma patrie. Sur le tableau,
se déroulaient, comme

des portées radieuses,
les modèles que je devais
suivre pour conquérir
le coeur du temps et

comprendre qu’il me
faudrait grande prudence
pour ne jamais trahir
l’écriture des branches.

(Richard Rognet)

 

Recueil: Un peu d’ombre sera la réponse
Traduction:
Editions: Gallimard

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Oh, comme je voudrais (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Oh, comme je voudrais,
Insaisissable et lisse,
Suivre en volant le rai
Là-bas où je n’existe.

Le seul bonheur qui t’aille :
Rayonner dans un cercle,
Apprenant chez l’étoile
Le sens de la lumière.

Rayon et clarté pure,
Cela vient seulement
D’un tout-puissant murmure,
D’un chaud balbutiement.

Sache que je murmure,
Et je vais, murmurant,
Au rayon qui perdure
Te confier, mon enfant.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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TOUT chemin est une déviation (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019



Illustration: Ndary Lo
    
TOUT chemin est une déviation.
Qu’importe alors le chemin que l’on suit.
L’idée d’arriver est un virus de la pensée,
l’idée de ne pas arriver
s’harmonise en revanche avec la trame de la terre.

Peut-être serait-il opportun de temps à autre
de faire se retourner les chemins
ou ceux qui cheminent,
simplement pour décompenser les imminences.

Au fond cela revient au même :
le chemin,
plus que le chemin,
c’est un lieu,
Un lieu pour se trouver là,
comme en tout lieu,
un moment seulement.

D’autre part,
tout lieu est aussi un chemin,
bien que nous rêvions de nous arrêter là.

***

TODO camino es una desviación.
No importa entonces qué camino se siga.
La idea de llegar es una contaminación del pensamiento,
la idea de no llegar
hace juego en cambio con la trama de la tierra.

Tal vez fuera oportuno cada tanto
dar vuelta los caminos
o dar vuelta a quienes van por los caminos,
sólo para descompensar las inminencias.

Pero en el fondo es lo mismo :
el camino,
mas que camino,
es un lugar,
un lugar para estar en él,
como en todo lugar,
nada más que un momento.

Por otra parte,
todo lugar es también un camino,
aunque soñemos detenernos allí .

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

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