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Poésie

Posts Tagged ‘s’unir’

Ainsi allais-je (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




Illustration: Paul Delvaux
    
ainsi allais-je dévorant des ténèbres
une fleur dans ma main de somnambule
un sourire d’autre cloué à mes lèvres
mon corps nu comme un mot
mes désirs enlacés à son image
si seulement ils faisaient un brasier sur mes lèvres
pour brûler les syllabes qui ne s’unissent pas

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Accolés l’un à l’autre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
À l’attention de ceux qui se croient unis et de ceux qui ne croient pas pouvoir s’unir.

Accolés l’un à l’autre
soudés par tant de glus
hasardeuses
que figea l’ombre entre leurs chairs
calleuses

des abîmes
ignorés
les séparent

Mais ailleurs
l’un de l’autre si loin
séparés par de telles distances
visibles

un flux les noue
à l’impalpable corps
de l’espace
partagé

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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BATTANTS DE PORTE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (57)

BATTANTS DE PORTE

Nous sommes différents, tellement différents
Dans le rapprochement, comme
Des battants de porte, qui tendent l’un vers l’autre,
S’unissent, s’embrassent mutuellement, se ferment,
Se partagent le sommeil, le baiser en deux,
Séparant leurs os,
Dans un grincement déchirant, dans le silence.

Nous sommes tellement divers dans le rapprochement

Deux tâches noires unies dans la lumière.
Deux points, deux battants, deux corps.

(Au-dehors dans les couloirs hurle la solitude.)

(Georges Themelis)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Ne sois pas un seul jour loin de moi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Margarita Sikorskaia -  (32)

Ne sois pas un seul jour loin de moi, il est long
si long le jour, je n’arrive pas à le dire.
ou bien je t’attendrai comme on fait dans les gares
lorsque les trains se sont endormis quelque part.
Ne t’en va même pas pour une heure : en elle
alors s’unissent les gouttes de l’insomnie
et toute la fumée qui cherche une maison
pour tuer mon coeur perdu viendra peut-être encore.
Que ne se brise pas ton portrait sur le sable,
que ne s’envolent pas tes paupières sans moi :
ne t’en va pas une minute, bien-aimée,
un instant suffirait, tu t’en irais si loin
que je traverserais la terre en demandant
si tu vas revenir ou me laisser mourant.

***

No estés lejos de mí un solo día, porque cómo,
porque, no sé decirlo, es largo el día,
y te estaré esperando como en las estaciones
cuando en alguna parte se durmieron los trenes.
No te vayas por una hora porque entonces
en esa hora se juntan las gotas del desvelo
y tal vez todo el humo que anda buscando casa
venga a matar aún mi corazón perdido.
Ay que no se quebrante tu silueta en la arena,
ay que no vuelen tus párpados en la ausencia :
no te vayas por un minuto, bienamada,
porque en ese minuto te habrás ido tan lejos
que yo cruzaré toda la tierra preguntando
si volverás o si me dejarás muriendo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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Ce soir mon coeur fait chanter des anges qui se souviennent (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



Ce soir mon coeur fait chanter
des anges qui se souviennent…
Une voix, presque mienne,
par trop de silence tentée,

monte et se décide
ne plus revenir;
tendre et intrépide,
à quoi va-t-elle s’unir?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Calirezo

 

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Mon apaisement (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Aaron Westerberg    (7) [1280x768]

Mon apaisement, ô mes frères, est dans l’isolement
Car mon Aimé pour moi se fait Toute-Présence

A mon amour pour Lui je ne vois pas de substitut,
Vécu au sein de la multitude cet amour est ma dure épreuve

Où que je sois, Sa beauté m’est lieu de contemplation
Il est ma chaire d’enseignement, la niche de mon oraison

Si de cet excès je meurs et qu’Il n’en soit guère content
Mon séjour parmi les vivants ne m’aura été que malheur

Ô Toi, Médecin du coeur et Cime de mon désir,
Accorde-moi l’union en Toi, celle en qui l’âme cicatrise

Ô ma Fête, ô ma Vie, profuse éternité :
En Toi ma source ; en Toi, mon ivre ressource !

J’ai délaissé tout le créé par espérance
De m’unir à Toi, c’est la pointe de mon voeu !

(Râbi’a)

Illustration: Aaron Westerberg 

 

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LA FLUTE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Françis Saint-Genies
    
LA FLUTE

Pour le jour des Hyacinthies, il m’a donné une syrinx faite de roseaux bien taillés,
unis avec la blanche cire qui est douce à mes lèvres comme du miel.

ll m’apprend à jouer, assise sur ses genoux; mais je suis un peu tremblante.
Il en joue après moi, si doucement que je l’entends à peine.

Nous n’avons rien à nous dire, tant nous sommes près l’un de l’autre;
mais nos chansons veulent se répondre,
et tour à tour nos bouches s’unissent sur la flûte.

Il est tard, voici le chant des grenouilles vertes qui commence avec la nuit.
Ma mère ne croira jamais que je suis restée si longtemps à chercher ma ceinture perdue.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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TENDRESSES (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Kimberly Dow

    

TENDRESSES

Ferme doucement tes bras, comme une ceinture, sur moi.
O touche, ô touche ma peau ainsi !
Ni l’eau ni la brise de midi ne sont plus douces que ta main.

Aujourd’hui chéris-moi, petite soeur, c’est ton tour.
Souviens-toi des tendresses que je t’ai apprises la nuit dernière,
et près de moi qui suis lasse agenouille-toi sans parler.

Tes lèvres descendent de mes lèvres.
Tous tes cheveux défaits les suivent, comme la caresse suit le baiser.
Ils glissent sur mon sein gauche ; ils me cachent tes yeux.

Donne-moi ta main, elle est chaude !
Serre la mienne, ne la quitte pas.
Les mains mieux que les bouches s’unissent,
et leur passion ne s’égale à rien.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Psyché, ma soeur (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux.
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor… Personne
N’est plus heureux, ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour,
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche, à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE
Sao-Nan

La lune monte vers le cœur du ciel nocturne et s’y repose amoureusement.
Sur le lac lentement remué, la brise du soir passe, passe, repasse, en baisant l’eau heureuse.
Oh ! quel accord serein résulte de l’union des choses qui sont faites pour s’unir !
Mais les choses qui sont faites pour s’unir s’unissent rarement.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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