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Poésie

Posts Tagged ‘supposer’

Suppose que l’étoile (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Le froid me donne des frissons —
Je voudrais perdre l’usage de la parole.
Mais de l’or danse dans le ciel
Et il m’intime l’ordre de chanter.

Consume-toi, musicien angoissé !
Aime, souviens-toi et pleure,
Et saisis le ballon léger
Lancé d’une planète glauque.

Car le voici le véritable
Lien avec l’univers mystérieux !
Quelle inquiétude déchirante
Et quel malheur viennent d’échoir !

Suppose que l’étoile
Qui brille toujours au-dessus du magasin de mode
S’enfonce brusquement
Dans mon cœur, ainsi qu’une longue épingle.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Vincent Van Gogh

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LA LOGIQUE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2020




    
(Recueil Le professeur Froeppel)
LA LOGIQUE
Lorsque vous « supposez le problème résolu », pourquoi
continuez-vous
mieux quand même la démonstration ? Ne feriez-vous pas
d’aller vous coucher ?

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Le monde (John Haldane)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020




    
Le monde est non seulement plus bizarre que nous le supposons,
mais plus bizarre encore que nous sommes capables de le supposer.

(John Haldane)

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Lorsque reviendra le printemps (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




    
Lorsque reviendra le printemps
peut-être ne me trouvera-t-il plus en ce monde.
J’aimerais maintenant pouvoir croire que le printemps est un être humain
afin de pouvoir supposer qu’il pleurerait
en voyant qu’il a perdu son unique ami.
Mais le printemps n’est même pas une chose : c’est une façon de parler.
Ni les fleurs ne reviennent, ni les feuilles vertes.
Il y a de nouvelles fleurs, de nouvelles feuilles vertes.
Il y a d’autres jours suaves.
Rien ne revient, rien ne se répète, parce que tout est réel.

***

Quando tornar a vir a Primavera
Talvez já não me encontre no mundo.
Gostava agora de poder julgar que a Primavera é gente
Para poder supor que ela choraria,
Vendo que perdera o seu único amigo.
Mas a Primavera nem sequer é uma coisa:
É uma maneira de dizer.
Nem mesmo as flores tornam, ou as folhas verdes.
Há novas flores, novas folhas verdes.
Há outros dias suaves.
Nada torna, nada se repete, porque tudo é real.

(Fernando Pessoa)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Gardeur de troupeaux
Traduction: Armand Guibert
Editions: Gallimard

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SUPPOSONS UNE SUPPOSITION (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2019



    

SUPPOSONS UNE SUPPOSITION

Tu me dis baluchon ça veut dire grosse bête.
Fourbi ? C’est un poisson. Lézard ? Saule pleureur.
Les mots ne savent plus où donner de la tête :
friture de fourbis, ou lézard rose en fleurs ?

Suppose et supposons une supposition
que le mot ver luisant se prononce escarcelle,
que le mot chocolat se prononce violon,
que le mot tirelire se prononce hirondelle.

Est-ce escarcelle ou escargot ? Est-ce cargo
ou tire-l’air, ou tire-l’eau, ou tire-d’aile ?
Est-ce chacal ou chocolat ? Est-ce hirondelle ? Est-ce rondeau?
Est-ce vol-au-vent ? Est-ce violoncelle ?

Les dictées tout à coup ont un air bien bizarre.
On regarde voler les tirelires en l’air,
On regarde briller l’escarcelle très tard,
On mange à son goûter du pain et du violon.

Si on commence à faire trop de suppositions
tout s’en va de travers et rien ne va plus droit
personne ne demande aux mots la permission
et je signe Hérisson – qui veut dire Claude Roy.

(Claude Roy)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le poète et son ombre (Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



Le poète et son ombre

Quand je me lève mon ombre se couche
Quand je me couche elle se lève

Supposez que je rie elle pleure
supposez que je pleure elle rit

Parfois lorsque je me réveille
elle est déjà partie

Alors si mon ombre me perd
j’erre en pleine lumière
pâle orphelin de l’ombre
en quête d’un poème
dans les reflets du monde…

(Ménaché)


Illustration

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Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ? (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Jarek Puczel -11

Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ?
Pour commencer sachez-le, je suis sûrement fort différent de ce que vous supposez ;
Supposez-vous que vous trouverez en moi votre idéal ?
Croyez-vous qu’il soit si aisé de me voir devenir votre amant ?
Croyez-vous que l’amitié mienne serait une satisfaction sans mélange ?
Croyez-vous que je sois sûr et fidèle ?
Ne voyez-vous pas plus loin que cette façade, cette manière à moi douce et tolérante ?
Vous supposez-vous en train d’avancer sur un sol véritable vers un véritable homme héroïque ?
N’avez-vous point le soupçon, ô rêveur, que ce peut être tout maya, illusion ?

(Walt Whitman)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Jarek Puczel

 

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Suppose (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Suppose

Que tu sois la gardienne
Du royaume rêvé

Et que je te demande

De me laisser m’asseoir
A l’ombre du portail.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il est des fleurs (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018




    
Il est des fleurs

Il est des fleurs que je ne vois qu’en rêve.
Où vous voyez des mots, je vois des ailes.
Le ciel est plein de fabuleux exploits.

Les feux de joie ont fait tant d’étincelles
que l’horizon en est tout embrasé.
Frottez des mots comme on frotte des pierres.
La flamme vive est langage nouveau
pour allumer les forges de la vie.

Si je suppose une rose, elle éclôt.
J’ai des poissons dans la tête qui nagent,
un arbre en moi, tous les fleuves du monde.
Si je dis fête, il tourne des manèges.
Je suis cheval de bois pour une ronde
où des enfants construisent l’univers.

Mon chant d’été force l’invraisemblable.
On me trahit ? Je suis fidèle aux fables.
Suis-je une fleur dans un livre séchée ?
Je ne sais plus si je ris, si je pleure.
Simple passant, je vous offre mon ombre
pour vous prouver que vous êtes soleils.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Josh Fancher
    
plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire
(bien plus secrète ou que folie ne révéla)
plus profond que perdre est la vie:plus haut qu’avoir
—mais même si vivre est tout,plus chaque est la beauté

à l’infini sans aucun si multipliées
les surpuissantes méditations humaines se trouvent
anéanties par une simplement feuille qui s’ouvre
(après quel à portée il n’est pas d’au-delà)

ou vienne un moindre oiseau que l’oeil n’en peut connaître
contempler le silence et pleinement chanter?
les futurs sont caducs;les passés sont à naître
(un ici moins que rien est bien plus que toute chose)

la mort,comme on l’appelle, achève ce qu’homme on suppose
—mais si mourir est quand:plus à présent la beauté

***

ife is more true than reason will deceive
(more secret or than madness did reveal)
deeper is life than lose:higher than have
—but beauty is more each than living’s

allmultiplied by infinity sans if
the mightiest meditations of mankind
cancelled are by one merely opening leaf
(beyond whose nearness there is no beyond)

or does some littler bird than eyes can learn
look up to silence and completely sing?
futures are obsolete;pasts are unborn
(here less than nothing’s more than everything)

death,as men call him,ends what they call men
—but beauty is more now than dying’s when

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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