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Posts Tagged ‘sûr’

Voici que chancelle le ciel (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Voici que chancelle le ciel avec ses étoiles
Vives comme des chèvres parmi les buissons.
Le printemps secoue la mauvaise odeur
Tenace des fondrières. Toutes les choses
Sont tellement sûres d’exister
Cette nuit, dans ce chant
De vieille grenouille à Abbasanta.

***

Ecco vacilla il cielo

Ecco vacilla il cielo, le stelle
Vive come capte tra i cespugli.
La primavera scuote il lezzo
Pungente dei pantani. Ogni cosa
E talmente sicura di esistere
Questa notte, in questo canto
Di vecchia rana ad Abbasanta.

(Leonardo Sinisgalli)

 

 

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PIERRE PONCE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
PIERRE PONCE

Ouvrez donc les mains
Regardez vos mains
Du sang sur vos mains
Fermez bien vos mains

On verra tout de même vos mains
on coupera sûrement vos mains
on enterrera bientôt vos mains
on n’oubliera jamais vos mains

Le destin est encore en vos mains
l’avenir est aussi en vos mains
ouvrez donc toutes grandes vos mains
vos mains propres vos propres mains

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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J’ai cent vies… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Sri Aurobindo
    
J’ai cent vies…

J’ai cent vies encore devant moi
pour m’emparer de toi, ô esprit éthéré,
sois sûr que d’un coeur insatiable
à travers elles toutes comme un chasseur je te poursuivrai.
Tu te retourneras pourtant sur la route éternelle
et, ta vision s’éveillant, tu me verras venir,
souriant un peu des erreurs passées, et tu mettras
ta main en hâte dans la mienne, sa vraie demeure.
Rendu heureux par ton bonheur
je m’approcherai de toi dans les choses et les êtres chers,
en partie te posséderai dans les mouvements de ton esprit,
aimant ce que tu as aimé je te sentirai proche,
jusqu’à ce que je pose mes mains sur toi
quelque part parmi les étoiles, comme il fut décrété.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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ON VOUS DEMANDE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020




    
ON VOUS DEMANDE

Depuis que je suis né
et ce n’est pas d’hier
mes jours sont comptés

par qui
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

Vivons puisqu’il faut vivre
et vivre pour mourir
un jour ou l’autre

quel jour
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

C’est l’heure de dormir
et c’est une façon de parler
c’est peut-être celle de mourir

qui le sait
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Les sources (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Les sources –
Es-tu sûr que la nuit

Elles coulent aussi froides?

(Guillevic)

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LES MALICES DU VENT (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020




    
LES MALICES DU VENT

Le vent n’arrête pas de me faire des malices
Il pose sur la page un tout petit insecte
dessiné si fin avec des yeux si microscopiques
des couleurs si pâles dans les verts étouffés
et des gris si transparents que je perds dix minutes
à le regarder Il reste d’abord immobile comme médusé
puis se met en route pour traverser la feuille
et je ne sais plus du tout comment commençait le poème
que je m’étais décidé à me mettre à écrire
Je vais chercher le manuel d’entomologie
pour essayer de percer à jour l’identité de mon insecte
qui est probablement un hétéroptère le berytines minor
Je n’en suis pas sûr cependant Il faudrait vérifier
mais le vent embrouille les pages et je n’arrive pas
à trouver son portrait dans les planches en couleurs
J’essaie de me souvenir de l’amorce du poème
Il y avait au début l’odeur du seringa
et le goût que doit avoir une certaine couleur
laiteuse et vive couleur du jour juste avant le soleil couchant
(un goût d’amande amère et de sorbet au citron)
Mais le vent fait tomber de l’arbre au-dessus de ma tête
les premières feuilles mortes de l’année
des feuilles de cerisier roussies par la canicule
Les feuilles bousculent le poème qui reprenait forme
et voilà mon poème éparpillé et défeuillé qui s’en va
Il faut se résigner et changer de sujet
Je vais écrire un poème qui commencera ainsi
Le vent n’arrête pas de me faire des niches

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Par une nuit blanche (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Paola Billi
    
Par une nuit blanche

Je n’avais pas fermé ma porte,
Allumé les bougies,
Je n’avais même plus la force
D’aller me mettre au lit.

Regarder les lueurs du soir
Que les sapins éteignent,
M’enivrer aux sons d’une voix
Si semblable à la tienne…

Et savoir que tout est perdu,
Que l’enfer de vivre est le pire.
Ô, cependant j’étais si sûre
De te voir revenir !

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Tiens ! Ce baiser sur ton front! (Edgar Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



 

Christian Schloe  382492675_b

Tiens ! Ce baiser sur ton front!
et, à l’heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l’avoue :
tu n’as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve;
et si l’espoir s’est enfui en une nuit ou en un jour
– dans une vision ou aucune, n’en est-il pour cela pas moins PASSÉ ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons, n’est qu’un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d’un rivage par le flot tourmenté
et tiens dans la main des grains du sable d’or – bien peu !
Encore comme ils glissent à travers mes doigts à l’abîme,
pendant- que je pleure – pendant que pleure ! O Dieu !
Ne puis-je les serrer d’une étreinte plus sûre ? O Dieu !
Ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n’est-il qu’un rêve dans un rêve ?

(Edgar Poe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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COMMENT L’HOMME EST VENU (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




    
COMMENT L’HOMME EST VENU

L’inquiétude s’en vint, grosse de l’homme,
Et l’inquiétude contempla le sans-espoir,
Le sans-espoir a soupiré devant le doute,
Le doute l’entendit avec perplexité,
La perplexité fut indécise face au qui-sait,
Le qui-sait discuta avec le peut-être,
Et le peut-être interrogea le si-jamais,
Le si-jamais creusa vers le probable,
Le probable en conclut c’est possible,
Le possible montra le vraisemblable,
Le vraisemblable fit un signe au pourquoi-pas,
Le pourquoi-pas se faufila vers le vraiment
Le vraiment chuchota certainement,
Certainement railla l’indubitable,
L’indubitable tempêta le défini,
Le défini frappa du poing: assurément,
Assurément se jeta sur le vrai,
Et le vrai tomba sur le coeur.
C’est ainsi qu’est advenu l’homme,
C’est ainsi qu’a survécu l’homme
Avec toutes sortes de doutes
Toutes vérités jamais sûres.

(Aron Lutski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Es-tu bien sûre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Es-tu bien sûre
De n’avoir pas dormi
En dehors de ton corps
Pendant ce long moment
Où la mémoire
Parfois s’efface ?

(Guillevic)

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