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Poésie

Posts Tagged ‘sûr’

Par une nuit blanche (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Paola Billi
    
Par une nuit blanche

Je n’avais pas fermé ma porte,
Allumé les bougies,
Je n’avais même plus la force
D’aller me mettre au lit.

Regarder les lueurs du soir
Que les sapins éteignent,
M’enivrer aux sons d’une voix
Si semblable à la tienne…

Et savoir que tout est perdu,
Que l’enfer de vivre est le pire.
Ô, cependant j’étais si sûre
De te voir revenir !

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Tiens ! Ce baiser sur ton front! (Edgar Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



 

Christian Schloe  382492675_b

Tiens ! Ce baiser sur ton front!
et, à l’heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l’avoue :
tu n’as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve;
et si l’espoir s’est enfui en une nuit ou en un jour
– dans une vision ou aucune, n’en est-il pour cela pas moins PASSÉ ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons, n’est qu’un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d’un rivage par le flot tourmenté
et tiens dans la main des grains du sable d’or – bien peu !
Encore comme ils glissent à travers mes doigts à l’abîme,
pendant- que je pleure – pendant que pleure ! O Dieu !
Ne puis-je les serrer d’une étreinte plus sûre ? O Dieu !
Ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n’est-il qu’un rêve dans un rêve ?

(Edgar Poe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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COMMENT L’HOMME EST VENU (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




    
COMMENT L’HOMME EST VENU

L’inquiétude s’en vint, grosse de l’homme,
Et l’inquiétude contempla le sans-espoir,
Le sans-espoir a soupiré devant le doute,
Le doute l’entendit avec perplexité,
La perplexité fut indécise face au qui-sait,
Le qui-sait discuta avec le peut-être,
Et le peut-être interrogea le si-jamais,
Le si-jamais creusa vers le probable,
Le probable en conclut c’est possible,
Le possible montra le vraisemblable,
Le vraisemblable fit un signe au pourquoi-pas,
Le pourquoi-pas se faufila vers le vraiment
Le vraiment chuchota certainement,
Certainement railla l’indubitable,
L’indubitable tempêta le défini,
Le défini frappa du poing: assurément,
Assurément se jeta sur le vrai,
Et le vrai tomba sur le coeur.
C’est ainsi qu’est advenu l’homme,
C’est ainsi qu’a survécu l’homme
Avec toutes sortes de doutes
Toutes vérités jamais sûres.

(Aron Lutski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Es-tu bien sûre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Es-tu bien sûre
De n’avoir pas dormi
En dehors de ton corps
Pendant ce long moment
Où la mémoire
Parfois s’efface ?

(Guillevic)

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Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ANGE DE REIMS (Jacques-André Saintonge)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



L’ANGE DE REIMS

L’Ange de Reims est mon ami,
Lui qui tient le cadran solaire ;
(Même s’il est ange à demi,
Et si c’est un ange de pierre.)

J’aime qu’il n’ait rien d’autre à faire
Que de mesurer le soleil ;
Il est l’ange de la lumière,
Il est l’ange du bon conseil.

Qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente,
Il est là. Cela me suffit.
Il a ce visage qui chante.
Il est sûr de Dieu. Il sourit.

(Jacques-André Saintonge)

 

 

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LA PETITE SENSATION D’AMOUR (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
LA PETITE SENSATION D’AMOUR

« ainsi absent la mémoire posée
et plus tranquille, et apte… »

dans cette période il est possible une fois
de se livrer à la fragilité cristalline

la brûlure dans la vitre
« venant vers vous »

atomes très petits d’où très peu sûrs
hésitants très petits corps nus

le rire
qui découvre les dents

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Pour naître (Christian Viguié)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2018



Pour naître j’ai posé l’orange sur une grande table de bois
Etant sûr de notre silence
je suis resté autour d’elle à découper l’après-midi.

(Christian Viguié)

 

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Faut-il vraiment tant de danger (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018




    
Faut-il vraiment tant de danger
à nos objets obscurs ?
Le monde serait-il dérangé,
étant un peu plus sûr ?

Petit flacon renversé,
qui t’a donné cette mince base ?
De ton flottant malheur bercé,
l’air est en extase.

(Rainer Maria Rilke)

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Et surtout regarder avec innocence (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Et surtout regarder avec innocence.
Comme s’il ne se passait rien,
ce qui est sûr.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

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