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Poésie

Posts Tagged ‘surface’

POÈME (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
POÈME

Même si nous sommes tous sérieux
ce n’est pas si facile d’être profond
et de s’en sortir. Eschyle
et Jimmy Schuyler y arrivent pourtant.
Les fleurs de Jimmy plongent dans une version
plus vibrante d’elles-mêmes tout en restant
exactement les mêmes. Comment font-elles?
La surface de cette table
est un blanc doux qui se met à suggérer
autre chose et puis rien. C’est
juste le dessus de la table. Quand je laisse courir mes doigts
dessus, ils font un doux froufrou.
Encore une fois. Doux froufrou.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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CLAIR DE LUNE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2022



CLAIR DE LUNE

Tu es toute claire et certaine
Ouverte et sans quartiers,
Comme la lune quand elle est pleine
Tu brilles en ton entier.

Le soleil frappe au milieu ta face,
Aucune ombre ne ternit
Cette nette et paisible surface
Où tout commence et tout finit.

(Franz Hellens)

Illustration: Leon-Francois Comerre

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Comme un vieux Chinois… (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2022




Comme un vieux Chinois qui peint avec art
Une libellule, un jonc qui s’incline
Vers le double éclat d’un beau nénuphar,
Est-ce toi, crapaud, dont le chant dessine

Sous la lune bleue un monde moins froid?
Un souffle invisible attendrit l’espace.
Les monts embrumés allègent le poids
Qui comprime encor la claire surface.

(Pierre Menanteau)

Illustration

 

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JE NE SUIS (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022



 

JE NE SUIS

Je ne suis que la crête d’une vague
Un peu d’écume née
Des profondeurs de l’âge
Et qui s’éteint soufflée
Au gré du vent,

Une algue flottant à la surface
Détachée de l’épaisseur marine
Et qu’un oiseau plus léger que le vent
Survole
En la frisant,

Je ne suis qu’ombre décalquée
Pâle reflet d’une pensée
Qui fit tourner le monde
Comme l’enfant d’un coup de fouet
Une toupie.

(Franz Hellens)

Illustration

 

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La vibration (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2021




la vibration
me retient

à la surface
d’une note
disparue

(Silvia Baron Supervielle)

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CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

CLAIRE-LUMIÈRE BRILLANTE

gonfle sur son passage terre ridée,
soleils se gorgent d’air et se vident.
Sol fertile —
Surfaces jaunes croisent presque à la verticale un vert saturé,
elles grandissent en se rapprochant et nous montrent ici les atomes jaunes —
de joie, ils prennent part à la vie.

CHAMP D’ÉPIS

***

LEUCHTENDES HELLICHT

durchschwellt runzlige Erde,
Sonnen atmen auf und nieder.
Reichlicher Boden —
gelbe Flächen durchkreuzen steil ein gesättigtes Grün,
sie wachsen näher und zeigen uns hier die gelben Atome —
die spielen vor Lust an dem Leben.

ÄHRENFELD

(Egon Schiele)

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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VERS LE POÈME (Jorge Guillén)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2021



Illustration: Mathieu Levis
    
VERS LE POÈME

… Mon coeur ne peut arrêter de rimer.
(JUAN RUIZ)

Je sens un rythme en moi qui se détache
De ce vacarme où je vais sans chemin
Et m’accordant au charme neuf, soudain
J’accède à la clarté d’une terrasse,
Où quelque main me guide et vient tracer
Limpide un ordre où je puis me déprendre
Du démon murmurant plus malicieux
Que le silence pur sous la menace.
Et se rejoignent maintenant à la surface
Du mauvais songe les paroles résolues
À s’éclairer lucides en un volume.
Le son m’invente une effigie de chair.
La forme redevient ma sauvegarde.
Vers un soleil mes peines se consument.

Cantique, 1950. Trad. : Éditions Gallimard, 1995.

***

HACIA EL POEMA JORGE GUILLÉN

… Mi corazôn de trovar non se quita.
JUAN RUIZ.

Siento que un rimo se me desenlaza
De este barullo en que sin meta vago,
Y entregándome todo al nuevo halago
Doy con la claridad de una terraza,

Donde es mi guía quien ahora traza
Limpido el orden en que me deshago
Del murmullo y su duende, más aciago
Que et gran silencio bajo la amenaza.

Se me juntan a flor de tanto obseso
Mal soñar las palabras decididas
A iluminarse en vivido volumen

El son me da un perfil de carne y hueso.
La forma se me vuelve salvavidas.
Hacia una luz mis penas se consumen.

(Jorge Guillén)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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La surface est là pour qu’on la traverse (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2021



La surface est là
Pour qu’on la traverse –

La traverse vers quoi?
On ne le sait pas.

Une fois la surface traversée,
On se vivra

Epousant un intérieur
Autre que soi-même.

(Guillevic)

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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Tu naîtras à cette lumière (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



quitte la surface
et sa lumière
accueille en toi
la nuit qui règne
au fond des eaux
et tu naîtras
à cette lumière
qui ne connaît
ni haut ni bas

(Charles Juliet)

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