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Poésie

Posts Tagged ‘surnager’

GAIETÉS LYRIQUES (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Elliot Nichol
    
GAIETÉS LYRIQUES

Si vous cherchez bien
Vous verrez
Des visages
L’enfer s’y promène
Si vous cherchez mal
Vous saurez
Où surnagent
Nos âmes sereines
Le caméléon de l’amour
Y change ses couleurs fauves
La tristesse de vivre ici
Ferme l’oeil bête des alcôves
Nous n’irons plus au bois
L’été
Ressemble trop au carnaval
Danse de mort
Squelettes vains
Nous n’irons plus ; le mal lointain
S’est à nouveau pris dans nos pièges
La vie est un bouchon de liège
Elle flotte au gré des humeurs
Mais n’entend plus l’humble rumeur
De l’éternel qui passe vite
A travers nos coeurs désertés.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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Retouche à la tendresse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



l’orage à peau ridée
broie jusqu’au jus le paysage

une violette surnage
étonnée

(Daniel Boulanger)


Illustration

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Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    

Damas accuse Washington de mentir
Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les prochaines élections s’annoncent plus difficiles que les précédentes
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente

Une jeune femme montre ses seins nus à Tunis
Les mois d’été bouillent dans le désespoir
comme des spaghettis ayant perdu leur al dente
dans le noir visqueux de l’encre de seiche

Les mois d’été bouillent dans le désespoir
On recherche la nouvelle Vénus
dans le noir visqueux de l’encre de seiche
où surnage un tentacule

On recherche la nouvelle Vénus
dans les eaux roses du crépuscule
où surnage un tentacule
au large de la baie de Tunis

(Aya Cheddadi)

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu possèdes tous les noms mais n’as qu’un seul visage (Djamal Amrani)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016



Tu possèdes tous les noms mais n’as qu’un seul visage
– un visage à emballer à atterrer le ciel. Tu dépeuples mon coeur. –
Rien ne surnage. Il n’y a plus rien derrière aujourd’hui
plus rien que le long bâillement de mon masque. Tout dort.
Tout baigne dans la nuit. Je suis dépouillé et je vois avec des yeux futurs.
Je regarde le peigne glisser dans tes cheveux.
Ta voix donne sur la mer. Je sors de moi et des miens.
Oh! laisse-moi voir le visage transfiguré de mon adolescence.
Oui tout s’éveille à présent.
Tout s’éclaire dans la nuit que la lumière assiège.

Ma présence s’est précipitée dans une autre présence
notre unité immense franchit le temps.

(Djamal Amrani)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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Or en te voyant beaucoup moins aimante (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Or en te voyant beaucoup moins aimante
Ta parole m’a, soudain, évoqué
La sombre rivière et le sombre quai
Dont le souvenir douloureux me hante.

Ta voix se traînait pareille au canal;
L’amour y dormait sous de mornes toiles,
Et mes cris brûlants comme des étoiles
Sur tes mots glacés se faisaient du mal.

Ta parole était insensible et sombre,
Comme pour cacher ton ancien serment
Qui reposait mort dans l’esseulement
De ton coeur fantasque envahi par l’ombre!

Ta parole était froide comme l’eau…
J’y semblais venir en pèlerinage
Chercher si déjà plus rien ne surnage
De l’amour parti comme un clair bateau.

(Georges Rodenbach)

Illustration

 

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LE JARDIN D’ANTAN (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016



LE JARDIN D’ANTAN

Rien n’est plus doux aussi que de s’en revenir
Comme après de longs ans d’absence,
Que de s’en revenir
Par le chemin du souvenir
Fleuri de lys d’innocence
Au jardin de l’Enfance.

Au jardin clos, scellé, dans le jardin muet
D’où s’enfuirent les gaîtés franches,
Notre jardin muet,
Et la danse du menuet
Qu’autrefois menaient sous branches
Nos soeurs en robes blanches.

Aux soirs d’Avrils anciens, jetant des cris joyeux
Entremêlés de ritournelles,
Avec des lieds joyeux,
Elles passaient, la gloire aux yeux,
Sous le frisson des tonnelles,
Comme en les villanelles.

Cependant que venaient, du fond de la villa,
Des accords de guitare ancienne,
De la vieille villa,
Et qui faisaient deviner là,
Près d’une obscure persienne,
Quelque musicienne.

Mais rien n’est plus amer que de penser aussi
A tant de choses ruinées!
Ah ! de penser aussi,
Lorsque nous revenons ainsi
Par sentes de fleurs fanées,
À nos jeunes années.

Lorsque nous nous sentons névrosés et vieillis,
Froissés, maltraités et sans armes,
Moroses et vieillis,
Et que, surnageant aux oublis,
S’éternise avec ses charmes
Notre jeunesse en larmes!

(Emile Nelligan)


Illustration: Séraphine Louis de Senlis

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Survivre (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2015




Survivre

C’est un toit gris qui surnage
D’une vallée inondée,
C’est le haut d’un peuplier
Dont le reste est coquillage.
C’est quelque chose qui flotte
Très loin et tout près d’ici,
Et qui berce son souci
Dans un flot, puis dans un autre.
C’est l’âme d’un corridor
Entre des murs écroulés,
Une volute enroulée
De l’autre côté du sort,
Une tête renversée
Sur ses intimes pensées.
Le silence perd le nord
Et chantonne dans la mort.

(Jules Supervielle)

Illustration: Henry Cousinou

 

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