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Poésie

Posts Tagged ‘surnaturel’

Cet hivernage de la pensée (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



Cet hivernage de la pensée
occupée d’un seul être
que l’absence s’efforce de placer à mi-longueur
du factice et du surnaturel.

(René Char)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

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Le coeur me brûle (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Christian Schloe    
    
Le coeur me brûle.
Je suis perdu comme chaque fois.
Quels sont ces fleuves croisés qui s’éveillent
et ont le pouvoir de faire s’accélérer l’être
et de le mettre à la torture dans cette confusion surnaturelle ?

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Lumière lumineuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Hommage aux anges
[25]

… du n’a que faire
de la lune pour luire,

car minute après minute il cliquait
(le réveil à la tête de mon lit,

avec son disque terne, lumineux)
quand la Dame a frappé ;

Je parlais, bavardais
avec des amis dans l’autre pièce,

quand nous avons vu le vestibule
s’éclairer — alors nous avons vu où était la porte,

il n’y avait pas de porte
(c’était un rêve, évidemment),

et elle se tenait là,
en fait, sur le palier de l’escalier.

[26]

L’un de nous a dit, c’est étrange,
elle est vraiment là-bas,

je me demande ce qui l’a fait venir ?
un autre d’entre nous a dit,

avons-nous un pouvoir en groupe,
nous trois ensemble,

qui agisse comme une sorte d’aimant,
qui attire le surnaturel ?

(et pourtant c’était tout à fait naturel,
nous en convenions) ;

j’ignore ce que j’ai dit
ou si j’ai dit quelque chose,

car avant d’avoir le temps de parler,
j’ai compris que j’avais rêvé,

que j’étais alors couchée sur mon lit,
que la lumière lumineuse

était le cadran phosphorescent
de mon petit réveil

et les coups légers à la porte
étaient le tictac du réveil.

[27]

Et pourtant de façon très subtile,
elle était là plus que jamais,

comme si elle s’était miraculeusement
rattachée au temps d’ici,

ce qui n’est pas une chose facile, difficile
même pour un étranger plein d’expérience,

à propos desquels n’oubliez pas
car il y en a eu qui ont logé des Anges sans le savoir.

***

… of the no need
of the moon to shine in it,

for it was ticking minute by minute
(the clock at my bed-head,

with its dim, luminous disc)
when the Lady knocked;

I was talking casually
with friends in the other room,

when we saw the outer hall
grow lighter—then we saw where the door was,

there was no door
(this was a dream of course),

and she was standing there,
actually, at the turn of the stair.

One of us said, how odd,
she is actually standing there,

I wonder what brought her?
another of us said,

have we some power between us,
we three together,

that acts as a sort of magnet,
that attracts the super-natural?

(yet it was all natural enough,
we agreed) ;

I do not know what I said
or if I said anything,

for before I had time to speak,
I realized I had been dreaming,

that I lay awake now on my bed,
that the luminous light

was the phosphorescent face
of my little clock

and the faint knocking
was the clock ticking.

And yet in some very subtle way,
she was there more than ever,

as if she had miraculously
related herself to time here,

which is no easy trick, difficult
even for the experienced stranger,

of whom we must be not forgetful
for some have entertained angels unawares.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Marc Chagall

 

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Dans certains états de l’âme (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Illustration: Raipun
    
Dans certains états de l’âme presque surnaturels,
la profondeur de la vie se révèle tout entière
dans le spectacle, si ordinaire qu’il soit,
qu’on a sous les yeux.

Il en devient le Symbole.

(Charles Baudelaire)

 

Recueil: Fusées
Traduction:
Editions:

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Pavots (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Pavots vous ne serez pas la fleur vaine
Elle a trop aimé les yeux ouverts
La voici aujourd’hui plus blanche que sa mort
La nuit l’accable de pierres
Les yeux restent deux fleurs surnaturelles

(Georges Schehadé)

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LA ROUE DANS LA ROUE (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



    

LA ROUE DANS LA ROUE

Première prise sur le monde :
L’art de faire tourner à la main
Les pédales d’un vélo renversé, imprimant
À la roue arrière une vitesse surnaturelle.
J’aimais en voir disparaître les rayons,
Et le bourdon translucide de l’espace
Entre la jante et le moyeu. Quand on y lançait
Une pomme de terre, le tournoiement de l’air
Vous renvoyait au visage une purée vaporeuse ;
Quand on la frôlait avec une paille,
La paille se mettait à vibrer.
Les pédales avaient une manière de résister
D’abord de façon très tangible
Avant d’entraîner la main
Dans un nouvel élan — et je m’en absorbais
Comme d’un pouvoir soudain absolu: la certitude
Avait rattrapé, relancé l’objet de ma certitude
Dans l’orbite même où tournait le désir.

***

WHEELS WITHIN WHEELS

The first real grip I ever got on things
Was when I learned the art of pedalling
(By hand) a bike turned upside down, and drove
Its back wheel preternaturally fast.
I loved the disappearance of the spokes,
The way the space between the hub and rim
Hummed with transparency. If you threw
A potato into it, the hooped air
Spun mush and drizzle back into your face;
If you touched it with a straw, the straw frittered.
Something about the way those pedal treads
Worked very palpably at first against you
And then began to sweep your hand ahead
Into a new momentum — that all entered me
Like an access of free power, as if belief
Caught up and spun the objects of belief
In an orbit coterminous with longing.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018


 


 

Alexander Maranov (18)

SONNET
À Madame Fanny A. P.

Pour le surnaturel éclat des cheveux blonds,
Pour la neige du cou, l’aurore de la bouche,
Je rêve une peinture où, frêle, chaque touche
Soit un sourire, prix d’efforts fervents et longs.

Le fond, ciel de septembre où le soleil se couche,
Serait de saphirs bleus, de rubis vermillons.
Ma palette serait l’aile des papillons
Et mes pinceaux des brins de huppe d’oiseau mouche.

Je graverais d’abord avec un diamant,
En traits fins, le sourcil, l’oeil, la joue et l’oreille,
Conque rose écoutant mes vers malignement.

Puis la poussière d’or et de nacre, pareille
Aux éclairs de l’émail, au velours du pastel,
Teinterait ce portrait, pâle auprès du réel.

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Maranov

 

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Je t’ai aimée rien qu’à ton nom (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



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Mais toi, enfin, je te salue, toi dont l’existence
doue mes jours d’une joie surnaturelle.
Je t’ai aimée rien qu’à ton nom.
J’ai suivi le chemin que traçait ton ombre
dans un désert mélancolique.

(Robert Desnos)

 

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A toi mon Arbre (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



A toi mon Arbre

merci, de par ta magie de me montrer que tu m’aimes bien
de ta présence en ma vie, au hasard de mes chemins
de ta patience entourant mon âme quand vers toi je viens

merci, de ton écoute lorsque je te confie tous mes chagrins
de ta générosité m’offrant ton écorce, tes fruits, aux creux de mes mains
de ta puissance surnaturelle, me donnant la force d’aller vers demain

merci, de me partager tes secrets alliant force et sortilèges de grand magicien

(Anonyme)

Illustration: Karen L’Hemeury

 

 

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Roseaux (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Roseaux

Si je t’écris, enfant de ma poitrine,
C’est pour te dire amour à perdre haleine.

Pour éclairer la neige ton sourire
Et pour printemps le fruit de tes yeux noirs.

J’entends la nuit des voix qui me caressent
Et je m’éveille en embrassant ton nom.

Pour toi je plane au-dessus de la ville
Et je te vois parmi tous les herbages.

L’encre du jour sur la page nocturne
Trace un poème et tu dors dans mon livre.

Les jours d’été je quitte le poème
Pour mieux entrer dans la grâce des mots.

Désaltéré par l’aube, j’entends vivre
Ton coeur, bijou parmi la nuit des coffres.

Tel un roseau devenu flûte ou flèche,
Je me fais plume et danse dans ton sang,

Et nous mourons de mort surnaturelle.

(Robert Sabatier)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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