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Poésie

Posts Tagged ‘surplomber’

Je suis au-delà de toute contingence (Valérie Canat de Chizy)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Illustration
    
Je suis au-delà
de toute contingence
appliquée à vivre
sur la pointe des pieds
sans faire de bruit
j’étais dans un lieu
suspendu dans le temps
j’ai marché sur une vipère
dans l’herbe jaunie
elle s’est enfuie en zigzagant
le long des remparts
la vue surplombait
le bleu roi du fleuve

(Valérie Canat de Chizy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Anthologie de la poésie française 100 ans après Apollinaire
Traduction:
Editions: Maison de Poésie- Fondation Emile Blémont

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Au loin (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




Au loin

Au loin, au loin
Luisent les étoiles de ma vie,
Et je contemple avec tristesse,
Mon bonheur de jadis,
Regardant si volontiers, si volontiers
Avec un frisson de plaisir en arrière.
Comme un voyageur sur les hauteurs se tient
Et surplombe du regard les lointains,
Les prés fleuris
Où passent en murmurant les douces, tièdes
Brises, et prête l’oreille
Avec un effroi secret :
Ainsi s’étendent devant moi
De vastes époques heureuses et arrachent
Mon esprit aux misérables bornes
De négatives pensées
pour l’élever jusqu’aux joies éternelles de là-bas.
Je vois osciller la barque de Charon :
Je rappelle aux accents de la lyre d’or
Celles qui ont sombré
Et elles s’approchent et m’enserrent
De leur lumière magique.
Je m’efforce de les saisir — elles pâlissent
Et je dois les laisser s’évanouir :
Mon espérance est anéantie !

(Friedrich Nietsche)

Illustration: Jose Benlliure Gil

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Fleurs (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Fleurs

Éblouissement devant la beauté des montagnes.
Finalité d’une clarté grandiose, l’immensité verte que
surplombe le blanc immaculé de l’origine : hautes
montagnes très visibles dans la nostalgie du jour qui s’éteint.

Et puis, au bord de la route, ces fleurs du quotidien,
sauvages, généralement dans les tons de mauve, hautes.
Et là, au ras du sol, du jaune, du blanc, un peu de bleu vif aussi.

C’est l’heure où l’on «rentre au foyer».

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le jeune mari (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018




    
Le jeune mari

assis sous ce tilleul
des milliers de fois
j’ai contemplé le val
et ma chère enfant
la nuit venait les étoiles
surplombaient son toit
une à une les lumières
s’éteignaient dans la campagne

et je suis assis à l’ombre
aujourd’hui près d’elle
elle berce un garçonnet
le val brille et chauffe
à peine une brise
passe dans les blés
le tilleul murmure
mon rêve est intact

***

Der junge Ehemann

Hier unter dieser Linde
Saß ich vieltausendmal
Und schaut nach meinem Kinde
Hinunter in das Tal,
Bis dag die Sterne standen
Hell über ihrem Haus,
Und weit in den stillen Landen
Alle Lichter löschten aus.

Jetzt neben meinem Liebchen
Sitz ich im Schatten kühl,
Sie wiegt ein muntres Bübchen,
Die Täler schimmern schwül,
Und unten im leisen Winde
Regt sich das Kornfeld kaum,
Und über uns säuselt die Linde —
Es ist mir noch wie im Traum.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Ouvrant l’incertitude (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

    

ouvrant l’incertitude d’où naissent tous les chants
légères tes mains cherchent un clavier enfui
ou peut-être conjurent l’impérieux
éboulis du passé qui surplombe
si je les prends les calme et leur dis la terre
nos regards brûlent de tant d’oiseaux qui naissent

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Il arrive qu’à paupières closes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017


 

 

 

Il arrive qu’à paupières closes
je surplombe ce corps sans volume
s’élevant dans l’air fertile

glissant à ras du sol
dans le toucher des choses.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

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Entre deux rochers (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2017



Illustration: ArbreaPhotos
    
Entre deux rochers
Surplombant le vide
Le pin ivre d’écoute
Dira nos secrets

Oiseaux du matin
Ni brumes du soir
Jamais ne rompront
Le fil de nos voix

Voix échangées là
Au hasard d’un jour
Un jour par-dessus
Les années —

lumière

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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DU CYCLE DES NUITS (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



DU CYCLE DES NUITS

Les astres de la nuit que j’aperçois à mon réveil
surplombent-ils seulement mon visage, celui d’aujourd’hui,
ou bien en même temps le visage tout entier de mes années,
eux, ces ponts qui reposent sur leurs piliers de lumière ?

Qui là-bas veut poursuivre sa route ? Pour qui suis-je
abîme, lit de rivière,
lui qui passe au-dessus de moi ainsi, décrivant le plus vaste des cercles —,
qui saute au-dessus de moi et me prend, comme sur
l’échiquier le fou,
et marque avec insistance sa victoire ?

***

AUS DEM UMKREIS: NACHTE

Gestirne der Nacht, die ich erwachter gewahre,
überspannen sie nur das heutige, meine Gesicht,
oder zugleich das ganze Gesicht meiner Jahre,
diese Brücken, die ruhen auf Pfeilern von Licht?

Wer will dort wandeln? Für wen bin ich Abgrund und
Bachbett,
daß er mich so im weitesten Kreis übergeht —,
mich überspringt und mich nimmt wie den Làufer im
Schachbrett
und auf seinem Siege besteht?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Patrick Rogelet

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Rondel sur la neige (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2017



mendiant-neige

Rondel sur la neige

La neige fine, fine, tombe
Du ciel hier profond et bleu,
Et dans la rue enflée un peu,
La neige par endroit surplombe.

La neige fine tombe. Il pleut
Comme un fin duvet de colombe.
La neige fine, fine, tombe
Du ciel hier profond et bleu.

Le teint du mendiant se plombe ;
Il gèle. Ah ! qu’on fasse du feu
Et qu’on héberge, au nom de Dieu,
Le pauvre, de peur qu’il succombe !
La neige fine, fine, tombe…

(Albert Lozeau)

 

 

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ÂGE DE FEMME ET DE SAISON (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2016




ÂGE DE FEMME ET DE SAISON

Comme la fleur d’Avril, le teint est lumineux,
Toute la joie de vivre se lit dans ses yeux bleus.
Pas encore une femme mais bien plus qu’une enfant.
Le bel âge que voilà, le Printemps a seize ans.

Elle émerge de l’eau, rieuse et éclatante,
Inondée de soleil, hâlée et ruisselante,
Elle rejoint sur la plage ses enfants déjà grands,
Le fruit est épanoui, l’Été a quarante ans.

Elle choisit au parterre les dernières passeroses,
Chasse la nostalgie et les pensées moroses.
Elle se rit de ses rides, laissant couler les ans.
La vie est encore belle, l’Automne a soixante ans.

Elle serre sur ses épaules son vieux châle de laine,
Contemple le jardin qui surplombe la plaine,
Tout est couvert de neige, même ses cheveux blancs.
L’hiver vêtu d’hermine a quatre fois vingt ans.

(Jane Deny)

Illustration: Baldung Grien Hans

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