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UN CONTE MAL CENTRÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2019




    
UN CONTE MAL CENTRÉ

Je veux écrire un conte. Mais, — imbécile que je suis! —,
je tombe dans la vie de mes personnages avant le drame qu’il eût été passionnant de raconter.
Tant pis! « Au revoir, leur dis-je, on repassera! »

Mais quand je reviens, — malheur! — c’est après le drame!
Et la petite vie de tous les jours a repris,
à peine changée, à vrai dire, par quelques disparitions suspectes!

Alors, que faire? J’attends. J’attends. J’attends.
J’invite le lecteur à attendre avec moi.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sans visa (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Sans visa
Venus au monde sans visa
aucune excuse
nous autres sommes toujours
suspects
Je hisse un mouchoir blanc
sur le belvédère
en tous sens
espérant
un visa vers l’amour
des germes
dans la foi verte
Il se pourrait même
qu’il y ait un printemps

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Le beau bleu ébloui de la nuit (Éric Allard)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016



Le beau bleu ébloui de la nuit

J’avance, tu remues.
La nuit ne nous voit pas.

Le ciel prend la forme de ton visage.
J’ai tes mains pour longue-vue.
Ta parole à portée de mes lèvres
éloigne le faux bruit de ma vie.

Tout tintement est suspect
de mettre en fuite ton murmure.
L’art de s’empêcher de se nuire.

L’oeil nourri de sens
rassasie nos miroirs.
Nous sommes l’un pour l’autre visibles.

(Éric Allard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

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Faire son jour (Pierre-Albert Jourdan)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2016



lettres

Faire son jour
comme on dit faire son trou.
Mais pas en s’enterrant.
En s’aérant.

Avec des mots, bien sûr,
mais aussi avec ce que le dérapage des mots
peut t’apporter de distance par rapport à eux.

T’éloigner d’une souveraineté suspecte.

(Pierre-Albert Jourdan)

 

 

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Tous nos papiers sont faux (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2016



 

Tous nos papiers sont faux

Nous avançons nus
à la grande frontière

sans même un mot
pour nous justifier

rien que notre fatigue
notre tremblement

notre étrangeté
à nous-mêmes suspecte
Nous ne savons plus notre âge
tout s’est passé en chiffres

nous n’avons pas vu le temps
souffler sur notre front

cette face brouillée n’est pas la nôtre
les photos sont toutes manquées

nous n’avons jamais connu
notre vrai visage

nos vrais yeux
l’expression de notre bouche

tout ce que nous savons
est pour notre confusion

La peau blanche comme un linceul
les cicatrices

nous ignorons le secret
de nos blessures

de notre indignité
nous avons survécu

nulle mission
nulle destinée

mais en nous la vague conscience
de trahir, d’avoir trahi

Ce pays n’est pas le nôtre
nous ne reconnaissons rien

ses chemins nous ont égarés
ses villes nous font peur

nous n’habitons pas ces jours de pluie
ces nuits sans sommeil

il n’est ici pour nous
ni demeure ni repos

Les maisons nous enferment
sans nous abriter

nous avons déserté, renoncé
nous nous souvenons

sans nul souvenir.

(…)

(Gérard Pfister)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

 

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Tu m’appartiens, obscur amour (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2015



 

Dipak Kundu (27) [1280x768] [1280x768]

Tu m’appartiens, obscur amour.
Il n’est pas d’aiguillon plus fort
Que cette satiété. Et la lumière
Promise par l’arbre céleste
Ne peut nous forger d’autre sérénité
Si autour de nous c’est déjà le soir.
Tu couves une nouvelle floraison
Et le ciel est suspect
De cette angoisse qui croît en ton sein.

***

Mi appartieni oscuro amore.
Non c’è stimolo più forte
Di questa sazietà. Né la luce
Promessa dall’albero celeste
Pue)fingerci altra calma
Se a not intorno è già sera.
Tu covi nuova fioritura
E il cielo è sospetto
Di quest’ansia che ti cresce in petto.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Dipak Kundu

 

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Obscur amour (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



Tu m’appartiens, obscur amour.
Il n’est pas d’aiguillon plus fort
Que cette satiété. Et la lumière
Promise par l’arbre céleste
Ne peut nous forger d’autre sérénité
Si autour de nous c’est déjà le soir.
Tu couves une nouvelle floraison
Et le ciel est suspect
De cette angoisse qui croit en ton sein.

(Leonardo Sinisgalli)

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