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Poésie

Posts Tagged ‘suspendue’

Je te dirai ma chambre (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Tranquillo Cremona jjurl 

Je te dirai ma chambre,
mon nom d’herbe et de paille,
le poids de mes cheveux sur l’oreiller,
la brise entre les mailles du rideau.
Je t’offrirai la coupe de mes mains
pour que tu boives le lait de l’été.
Je te dirai la naissance du verbe
dans l’impatience des draps.
je te dirai aussi mon lit
où se consume sans trêve le poème,
la nuque des draps immolés,
la chair des mots, leur lutte
pour mêler sang et chanson.
J’entre dans cette chambre
comme on va au bûcher,
je fonds dans sa fiévreuse blessure,
j’existe par sa lumière suspendue
au plafond qui se dérobe.

(Kettly Mars)

Illustration: Tranquillo Cremona

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Une forêt un cerf-volant et une femme légère qui danse (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Dans l’obscur
il y a une faille
dans la fumée
du bleu
dans l’éclair
le désir
une forêt
un cerf-volant
et une femme légère qui danse
dans une chambre d’amour suspendue
entre deux chênes.

(Tahar Ben Jelloun)


Illustration: Lore

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La pluie (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



 

La pluie

Suspendue à ses fils en chemise de nuit
La pluie lit le journal au soleil de midi.

Elle lit, et bientôt les nouvelles l’ennuient.
Quelle Terre à soucis! Que de mélancolie!
Et l’on croit qu’elle pleure alors qu’elle, la pluie,
Ne cesse dans son coeur de rire à la folie!

– Si je tenais ici l’animal qui a dit:
« Triste comme la pluie », il verrait du pays!

En s’étirant, la pluie reprend le journal gris
– Que dit la Météo? « Aujourd’hui: de la pluie ».

Alors elle soupire et s’en va dans Paris
Arroser les jardins, les chats et les souris.

(Marc Alyn)

Illustration

 

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Danaé (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



Danae by Klimt

Danaé attentive
Sur le radeau du lit
D’or lentement envahie
Tend la main vers celui
Dont la venue
Reste une absence

Seule richesse
Ce soleil qui peint
Les miroirs de la nuit
D’une poussière d’or
Suspendue en chemin

(Heather Dohollau)

Illustration: Gustav Klimt

 

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Il y a un secret au fond de la vie (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016




Il y a un secret au fond de la vie,
qu’on dirait parfois qu’une voix va nous dire.
Et puis elle se tait tandis que notre âme suspendue vibre encore
au milieu des choses muettes.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Ademaro Bardelli

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Des dentelles de musique (Pascal Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016




Des dentelles de musique

Parmi les esclaves de statues
et le commerce strict
il voit des dentelles de musique
suspendues dans la lumière.

(Pascal Boulanger)

Illustration: Emilie Druet

 

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Transparence hantée (Bernard Neau)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2016



La couleur est une transparence hantée,
suspendue, frileuse, désertée,

un fil de jour caché,
ajustant le regard qui voit
avec le regard qui ne voit pas

(Bernard Neau)

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Un enfant dans son lit a peur (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2016




Une clarté rose reste sur la crête
suspendue au-delà des sapins noirs
— reprendre souffle quand les jours nous lâchent —
toujours j’ai été vieux comme l’écorce
le rocher, forgé de la matière même
de douleur, nouée, renouée d’obscures ravines
sur quelle aube — demain sera ma jeunesse
au corps d’éther — un homme devant sa maison
me guette, un enfant dans son lit a peur

(Gérard Pfister)

Illustration: Yuko Shimizu

 

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Les adieux du coq (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016




Les adieux du coq

Que le coq agite sa crête
(Où l’entendent les girouettes ;
Adieu, maisons aux tuiles rouges,
Il y a des hommes qui bougent.

Ame ni mon corps n’étaient nés
Pour devenir cette momie
Bûche devant la cheminée
Dont la flamme est ma seule amie.

Vénus aurait mieux fait de naître
Sur le monotone bûcher
Devant lequel je suis couché,
La guettant comme á la fenêtre.

Nous ne sommes pas en décembre ;
Je ne serais guère étonné
Pourtant, si dans la cheminée,
Un beau matin je vois descendre

Vénus en pleurs du ciel chassée,
Vénus dans ses petits sabots.
(De Noël les moindres cadeaux
Sont luxueusement chaussés.)

Mais, Echo ! je sais que tu mens.
Par le chemin du ramoneur,
Comme en un miroir déformant,
Divers fantômes du bonheur,

A pas de loup vers moi venus,
Surprirent corps et âme nus,
– Bonheur, je ne t’ai reconnu
Qu’au bruit que tu fis en partant.

Reste étendue, il n’est plus temps,
Car il vole, âme, et toi tu cours,
Et déjà mon oreille avide,
Suspendue au-dessous du vide,

Ne perçoit que la basse-cour.
Coq, dans la gorge le couteau
Du criminel, chantez encor :
Je veux croire qu’il est trop tôt.

(Raymond Radiguet)

Illustration: Pablo Picasso

 

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Dans une solitude (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Rob Gonzalves 5c

Dans une solitude entre toutes choisies
parfois l’instant sacré d’une aile suspendue
Sur nous l’aile couleur des lointains
un ange une grande Victoire inattendue
Une force sereine l’Espérance
dans son halo fragile apporte l’aromate
Qui nous élève au-dessus des charniers
preuve d’azur d’un temps plus beau tableau qu’aucun démon ne gratte

(Ernest Delève)

Illustration: Rob Gonzalves

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