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Poésie

Posts Tagged ‘suspens’

Astrolarme (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Astrolarme

Larme
en suspens
rosée
des yeux
goutte de
lait
nectar
du sein
oeil
d’OEdipe
lavé
du sang
galet
transparent
roulé
dans la mer

***

Astrolâgrima

Lagrima
suspensa
orvalho
dos olhos
gota de
leite
néctar do
peito
olho de
Édipo
lavado
do sangue
seixo
transparente
rolado
no mar

(Teresa Rita Lopes)

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Genêt (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2019



Illustration

    
Genêt

Gouttes d’or
en suspens
entre le ciel
et le pelage
des garrigues.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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La Crise est un Cheveu (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Crise est un Cheveu
Vers quoi les forces rampent
Après quoi – les forces reculent
Si elle advient dans le sommeil

Suspendre son Souffle
Est le mieux qu’on puisse faire
Ne sachant si c’est la Vie ou la Mort
Qui sont en subtil suspens –

La poussée d’un instant
La pression d’un Atome
L’hésitation d’un Cercle
Sur sa Circonférence

Peut faire trembler la Main
Ajustant le Cheveu
Qui empêche l’Éternité
De se présenter – Ici –

***

Crisis is a Hair
Toward which forces creep
Past which – forces retrograde
If it come in sleep

To suspend the Breath
Is the most we can
Ignorant is it Life or Death
Nicely balancing –

Let an instant push
Or an Atom press
Or a Circle hesitate
In Circumference

It may jolt the Hand
That adjusts the Hair
That secures Eternity
From presenting? Here –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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NOCTURNE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2018




    
NOCTURNE

La nuit vient, un ange est là
qui mesure le temps des étoiles,
les vents sont immobiles, immobiles les heures.

La paix serait d’être étendu
immobile à travers les heures immobiles, aux pieds de l’ange,
sur une étoile en suspens dans le ciel étoilé
— mais le coeur bat à un autre rythme.

Chaque corps étendu, même dépourvu d’ailes,
fait naître et s’envoler un papillon de nuit
aux ailes délicates, aux yeux de pierrerie.

Certains sont jetés sur les rives du jour
et d’autres se perdent dans l’obscurité,
sous les vagues, au-delà du monde, là où affleurent
très loin les îles des élus.

***

NOCTURNE

Night tomes, an angel stands
measuring out the lime of stars,
stil/ are the winds, and still the hours.

It would be peace to lie
still in the still bours ai the angel’s feet,
upon a star bang in a starry sky,
but hearts another measure beat.

Each body, wingless as it lies,
sends out ils butter!!, of night
with delicate wings and jewelled eyes.

And some upon day’s shores are cast,
and some in darkness loti
in waves beyond the world, where float
somewhere the islands of the blest.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Alors (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors
est un suspens

élan
qu’ne lenteur soutient

(enlevante douceur)

(Florence Pazzottu)

 

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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Je vis partagé (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Je vis partagé : je n’ose
Tout nier, car je sais que tu es ;
Mais je n’ose affirmer mon droit
Car je sais que tu n’es chair de femme.
Je vis donc en suspens, titubant.

Passée la tempête,
Chassée l’espérance,
Tu sembles effacée ; et moi,
Je tremble, car
Aucune femme n’est toi.

***

Vivo tra due : non oso
Tutto negare, poiché so che sei ;
Ma non oso affermare il mio diritto,
Poiché so che non sei carne di donna.
Vivo dunque in sospeso e titubante.

Passata la tempesta
E rintuzzata la speranza,
Tu pari spenta : ed io,
Io tremo, ché
Nessuna donna è te.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: Gérald Dareau

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Suspens (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Suspens

Ce prix quasi mortel
ne devais-je pas le payer
et ce grain de folie
n’était-il pas requis
pour que la sève recommence à circuler
et que l’arbre cendreux se couronne
d’une riche floraison de grandes vacances ?

(Michel Leiris)

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Ne reste que le fil (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018


olbinski
Je ne sais plus.
Si je continue, si je recommence.
Je perds les choses au fur et à mesure,
l’arbre, ses feuilles, la montagne, le jour, la brume, les mains…
Je les perds, je les retrouve, je les reperds.
Oui, comment m’y reconnaître?
Parfois, l’une ou l’autre s’arrête.
Elle me regarde.
Je la regarde.
Entre nous, un fil se tend,
et c’est là qu’il faut marcher.
En équilibre.
Prendre conscience de chaque pas,
de chaque geste.
Pour ne pas tomber.
Avancer encore.
encore un peu.
Vers ce qui recule à mesure que j’avance.
Ou qui s’avance, et c’est moi qui recule,
qui me rétrécis, qui m’efface.
Ne reste que le fil.
Il ne porte plus rien:
il vibre …
Ou il casse.
Mais je ne tombe pas.
Je reste dans la stupeur d’être et de n’être pas.
En suspens.
A écouter l’inaudible.
Une circulation souterraine, ou aérienne,
un voyage silencieux:
des corps y flottent, se heurtent, se défont.
Je les reconnais à peine.
Un nom, parfois s’en détache.
« Déjà? dit une voix
– Tout est si court. »
Je vois un visage.
Je ne le vois plus.
Je cherche.
« Reste encore », dit la voix.
Pas de réponse.
Le jour est gris.
Les choses semblent attendre,
mais c’est moi qui attends.

(Jacques Ancet)

Illustration

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À certains moments, une joie (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
À certains moments, une joie. Quand, écrivant ou
lisant, on se trouve en suspens dans les remous et les
mouvements contraires. Peau vive, tendue entre
dedans et dehors battant synchrones, vibrante d’être
exactement où il faut, sans comprendre, sans plus
désirer maîtriser.

(Antoine Emaz)

 

Recueil: Caisse claire
Traduction:
Editions: Points

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Reprendre goût à la vie (Daniel Deleuze)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Illustration
    
Reprendre goût à la vie
avec ou sans excès
avec ou sans alcool.
Nudité subtile
du cours de la vie.
Casser les flûtes comme Pan,
tirer les nymphes
à sa façon,
dans les roseaux,
ou quelque pastourelle
dans un grenier soyeux.
Du roulis vivant
en veux-tu, en voilà !
Un rai de lumière
éclaire la poussière
en suspens
dans la sous-pente
aux joyeux ébats.

(Daniel Deleuze)

 

Recueil: Courtoises frimousses avec fleurs précédé de Troubadour de service
Traduction:
Editions: Tarabuste

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