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Poésie

Posts Tagged ‘susurrer’

Ils comprennent que je suis vieux (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2019



 

Ils comprennent que je suis vieux
ces moustiques
qui susurrent à mes oreilles

(Kobayashi Issa)

 

 

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LA MÉSANGE (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

LA MÉSANGE

Les soldats s’en vont lentement
Dans la nuit trouble de la ville.
Entends battre mon cœur d’amant.
Ce cœur en vaut bien plus de milles
Puisque je t’aime éperdument.

Je t’aime éperdument, ma chère,
J’ai perdu le sens de la vie
Je ne connais plus la lumière,
Puisque l’Amour est mon envie,
Mon soleil et ma vie entière.

Écoute-le battre mon cœur !
Un régiment d’artillerie
En marche, mon cœur d’Artilleur
Pour toi se met en batterie,
Écoute-le, petite sœur.

Petite sœur je te prends toute
Tu m’appartiens, je t’appartiens,
Ensemble nous faisons la route,
Et dis-moi de ces petits riens
Qui consolent qui les écoute

Un tramway descend vitement
Trouant la nuit, la nuit de verre
Où va mon cœur en régiment
Tes beaux yeux m’envoient leur lumière
Entends battre mon cœur d’amant.

Ce matin vint une mésange
Voleter près de mon cheval.
C’était peut-être un petit ange
Exilé dans le joli val
Où j’eus sa vision étrange.

Ses yeux c’était tes jolis yeux,
Son plumage ta chevelure,
Son chant les mots mystérieux
Qu’à mes oreilles on susurre
Quand nous sommes bien seuls, tous deux

Dans le vallon j’étais tout blême
D’avoir chevauché jusque-là.
Le vent criait un long poème
Au soleil dans tout son éclat.
Au bel oiseau j’ai dit « Je t’aime ! »

(Guillaume Apollinaire)

 

 

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Susurre le vent (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Shen Zhou  
    
Susurre le vent : ombres, fraîcheurs
Purifiant pour moi vallons et bois
Il fouille, près du torrent, la fumée d’un logis
Et porte la brume hors des piliers de montagne

Allant, venant, sans jamais laisser de traces
S’élève, s’apaise, comme mû par un désir
Face au couchant, fleuve et mont se calment :
Pour vous, il éveille le chant des pins

(Wang Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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CHANSON DE L’AMOUR (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




CHANSON DE L’AMOUR

Je chante : « Je t’aime, je t’aime »,
et commence la déraison.

Je t’aime, je t’aime, ô mon souffle!
Je t’aime, je t’aime, ô ma treille!
Et si l’amour au vin ressemble,
tu es, toi, ma prédilection,
des mains à la plante des pieds :
tu es la coupe de l’après
et la bouteille du destin.

Je t’aime à l’endroit, à l’envers,
et je n’ai ni ton ni mesure
pour te susurrer ma chanson,
ma chanson qui n’a pas de fin.

Sur mon violon qui extravague
mon violon, lui, te le déclare :
je t’aime et t’aime, ma violone,

mon petit jupon sombre et clair,
mon coeur, les dents de mes gencives,
ma clarté et ma loucherette,
le sel de ma semaine obscure,
ma lune de fenêtre,claire.

(Pablo Neruda)

Illustration: Eugène Blaas

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La beauté (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017




La beauté, laissons-la danser
avec ses courtisans les plus inacceptables,
entre le plein jour et la nuit:
ne la contraignons pas à avaler
comme un médicament la pilule de vérité.

Et le réel ? Il nous le faut, sans aucun doute,
mais que ce soit pour nous grandir,
pour nous rendre plus vastes, pour nous faire frémi
pour rédiger ce qui pour nous doit être
l’ordre du pain tout autant que l’ordre de l’âme.

Susurrez! tel est mon ordre
aux forêts pures,
qu’elles disent en secret ce qui est leur secret,
et à la vérité : Cesse donc de stagner,
tu te durcis jusqu’au mensonge.
Je ne suis pas recteur, je ne dirige rien,
et voilà pourquoi j’accumule
les erreurs de mon chant.

(Pablo Neruda)


Illustration: Edgar Degas

 

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Incinération (Henri Lachèze)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2016



incinération

Incinération…
« Il a toujours trop fumé »,
Susurre un ami

(Henri Lachèze)

 

 

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Ô ami, ton souffle est si proche (Paroles Soufies)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2016



 

Ô ami, ton souffle est si proche
Que je crois qu’en mon âme c’est toi qui respires,
Mais lorsque je veux me tourner vers toi
Mon ombre me devance, une voix douce
s’introduit et susurre :
Tout ce que tu verras dans ce miroir de lumière
N’est autre que toi-même.
Efface toutes tes traces
si tu veux devenir toi-même le miroir de l’Ami.

Tous les regards en un seul
Tout mon être en un soupir
J’ai fait de la nuit noire mon linceul
Et de l’aube qui point un sourire.

(Paroles Soufies)

 

 

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Conte d’amour X (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2015



Conte d’amour X

Ce jour-là, les flots bleus susurreront plus bleus
Le long des côtes blanches,
Et du soleil frileux, les rayons plus frileux
Se joueront dans les branches.

Malgré le rude hiver, les fleurs de l’églantier
Souriront grand’ouvertes,
Et l’on verra changer les cailloux du sentier
En émeraudes vertes.

Les loups pour les agneaux auront des soins exquis,
Et sous l’oeil bon des aigles,
Les grands vautours feront la cour, en fins marquis,
Aux colombes espiègles.

Les dames, aux propos galants des séducteurs,
Ne seront pas rebelles,
Et les Almavivas, malgré les vieux tuteurs,
Enlèveront leurs belles.

Car ce jour-là, jour saint, vaillamment attendu,
Dans tes chastes prunelles,
Mes yeux retrouveront le paradis perdu
Des amours éternelles.

Car ce jour-là, les coeurs par le bonheur brisés,
Mes lèvres dans les tiennes,
Nous nous rappellerons en de nouveaux baisers
Nos caresses anciennes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Comme une chorale (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2015



L’accompagnement
Proche et lointain

De quelque chose
Comme une chorale

Qui susurre
La fragilité.

(Guillevic)


Illustration

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