Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘symétrie’

Symétrie (Guillaume Siaudeau)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019




    
Symétrie

Et la branche morte
s’est posée
sur la carcasse
de l’oiseau

(Guillaume Siaudeau)

 

Recueil: Inauguration de l’ennui
Traduction:
Editions: Alma

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

PAROLE FAITE CHAIR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
PAROLE FAITE CHAIR

Parole dont le souffle est l’atmosphère qui encercle le monde,
Parole qui profère le monde qui fait tourner le vent,
Parole qui prononce l’oiseau qui s’élance dans les airs,

Parole qui efface la fanfare du soleil,
Dont le silence est le violon des étoiles,
Dont la mélodie est l’aube, et l’harmonie la nuit,

Parole tracée sur l’eau des lacs, et la lumière sur l’eau,
La lumière sur l’eau calme, l’eau mouvante, la cascade
Et les aquarelles du nuage, de la rosée, de la pluie spectrale,

Parole inscrite sur la pierre, ligne de crêtes sur fond de pierre,
Parole qui est feu du soleil et feu à l’intérieur
De l’ordre des atomes, symétrie cristalline,

Grammaire de la rose à cinq pétales et du lys à six pétales,
Spirale des feuilles sur une branche, hélice des coquillages,
Rotation des plantes qui s’enroulent sur des axes d’ombre et de lumière,

Sagesse instinctive du poisson, du lion et du bélier,
Rythme de la génération dans la stolonifère et la fougère,
Éclat d’aileron, battement d’aile, battement du coeur, mesure de la danse,

Hiéroglyphe exact où est dessinée
La plume, ou l’aile de l’insecte, réfraction des yeux multiples,
Les yeux des créatures, oh vision innombrable du monde,

Affirmation du mystère, comment nommer
Un esprit incarné en un monde, un monde fait homme?

***

WORD MADE FLESH

Word Whose breath is the world-circling atmosphere,
Word that utters the world that turns the wind,
Word that articulates the bird that speeds upon the air,

Word that blazes out the trumpet of the sun,
Whose silence is the violin-music of the stars,
Whose melody is the dawn, and harmony the night,

Word traced in water of lakes, and light on water,
Light on still water, moving water, waterfall
And water colours of cloud, of dew, of spectral raie,

Word inscribed on stone, mountain range upon range of stone,
Word that is fire of the sun and fire within
Order of atoms, cristalline simmetry,

Grammar of fave fold rose and six-fold lily,
Spiral of leaves on a bough, helix of shells,
Rotation of twining plants on axes of darkness and light,

Instinctive wisdom of fish and lion and ram,
Rhythm of generation in flagellate and fern,
Flash of fin, beat of wing, heartbeat, beat of the dance,

Hieroglyph in whose exact precision is defined
Feather and insect-wing, refraction of multiple eyes,
Eyes of the creatures, oh myriadfold vision of the world,

Statement of mystery, how shall we name
A spirit clothed in world, a world made man?

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’AI VU, J’AI TOUCHE (André Miguel)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




J’AI VU, J’AI TOUCHE

J’ai vu, j’ai touché une fleur d’artichaut de pelage beige
dans lequel ont poussé quelques poils brillants,
accrus de trois mèches échevelées d’amadou.
L’envers de la fleur et le haut de la tige sont noircis.

J’ai vu, j’ai touché des perches de haricots,
bouffies, langues et filets, les, mamelles pendant bas.

J’ai vu, j’ai touché des marrons d’Inde.
Leur bois ciré est empreint de veinules.
Leur fond est une tache cérusée.

J’ai vu des abricotiers qui forment les physionomies les plus fines,
des pêchers flasques à leurs oreilles de lapin.

J’ai vu, nez de pitre, langue d’arlequin, poivron.

J’ai créé des rapports de distances, de couleurs, de symétrie et d’incohérence
et un être s’en échappe, un insecte, une sauterelle.

(André Miguel)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où le colibri suspend-il (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



Entends-tu des détonations
jaunes au milieu de l’automne ?

Quelle raison ou déraison
fait que la pluie pleure sa joie ?

Quels oiseaux dictent l’ordre à suivre
par la bande au cours de son vol ?

Où le colibri suspend-il
sa symétrie éblouissante ?

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je ressens ce besoin de rembourser une dette (Pascal Quignard)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2016



Je ressens ce besoin de rembourser une dette
qui résulte de la nativité même en nous.
Nous sommes faits par d’autres
et par de plus anciens que nous
[…]
Il est possible qu’un contre-don – même dérisoire,
selon une étrange symétrie naturelle –
soit nécessaire à toutes les données de notre vie.
[…]
rendre quelque chose à la vie,
et même à la terre perdue dans l’univers stellaire.

Une action de grâce (de gratitude) rendue à la lumière,
à cet incroyable hasard d’être –
dont chacun de nous a été, quelques années,
durant les toutes premières années,
un fragment encore dense et presque lumineux.

(Pascal Quignard)

Illustration: Louis Toffoli

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :