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Poésie

Posts Tagged ‘sympathie’

La charité à tous (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    
La charité à tous.
La sympathie à presque tous.

L’amitié à quelques un, à beaucoup ou à très peu d’êtres
selon l’ouverture facile ou la profondeur retirée du coeur.

Mais l’Amour unifiant ne se partage pas.
Qui l’a, possède tout. Qui ne le possède pas, n’a rien.
Qui l’avait et l’a perdu, ne l’a jamais eu.

(Marie Noël)

 

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SYMPATHIES ERRANTES (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



SYMPATHIES ERRANTES

D’on ne sait quel azur parties,
Avec des haleines de mai,
De fraternelles sympathies
Voyagent dans l’air parfumé.
Les rêveurs et les jeunes femmes
Sentent parfois, en ces beaux jours,
Aux marches blanches de leurs âmes
Monter d’invisibles amours.
D’on ne sait quel regard venues,
Entre des rires et des pleurs,
Ce sont des lèvres inconnues
S’ouvrant à leurs lèvres en fleurs.
Et le charme en est si vivace,
Si doux, que leurs fronts rajeunis
De cette caresse qui passe
Gardent des rêves infinis.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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Le vent sous les portes (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018




    
Le vent sous les portes

Le vent
sous les portes,
les mots
sont des hôtes.

L’haleine
sur les doigts,
l’horizon
s’allume.

Écorce ou pierre,
toucher
jusqu’à entrer
en sympathie.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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Ma chère petite soeur (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2018



Ma chère petite soeur
J’allumerai l’étoile Polaire jusqu’à l’arc-en-ciel

Je t’appellerai
Draps de neige étendus sur les cordes vocales
Branches nouées dans la gorge

Je te verrai
Pain noir sur la nappe blanche
Raisin qui coule dans nos verres

Tu viendras
Marche jusqu’à mes yeux
Echelle de corde jusqu’au coeur
Coeur qui balance la tête
Ciel qui tombe dans mes mains

Mange jolie fille qui écrase tes pas sur le seuil avant d’entrer
Donne-moi tes yeux cachés dans ton mouchoir

Je te ferai l’amour avec sympathie
Beaucoup de maladresse
Je serai à la douane de tes lèvres
Et je ne dirai rien
Sinon qu’il fera beau

(Yvon Le Men)


Illustration: Vladimir Kush

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Mais le bleu le léger mai (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



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Mais le bleu le léger mai
Il nous faudrait plume de geai
Pour peindre ô sympathies nos joies
Quand toutes les quand toutes les
Les revoici nos amours toutes revenues
Et moi qui n’en peux mais.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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FASTES (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017




    
FASTES

L’été chantait sur son roc préféré quand tu m’es apparue,
l’été chantait à l’écart de nous qui étions silence, sympathie, liberté triste,
mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s’amusait à nos pieds.

L’été chantait et ton cœur nageait loin de lui.
Je baisais ton courage, entendais ton désarroi.
Route par l’absolu des vagues vers ces hauts pics d’écume
où croisent des vertus meurtrières pour les mains qui portent nos maisons.
Nous n’étions pas crédules.
Nous étions entourés.

Les ans passèrent.
Les orages moururent.
Le monde s’en alla.
J’avais mal de sentir que ton cœur justement ne m’apercevait plus.
Je t’aimais.
En mon absence de visage et mon vide de bonheur.
Je t’aimais, changeant en tout, fidèle à toi.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration
    
VOICI S’OUVRIR LES FLEURS DE MAI

Voici s’ouvrir les fleurs de mai,
S’éployer librement les feuilles;
Dans chaque corolle une abeille
Et sur chaque branche un oiseau.

Le ruisseau chante avec bonheur,
Le soleil rayonne avec joie,
Je suis la seule à me languir
Et tout est ténèbre pour moi.

Ô de glace est mon coeur, de glace!
Il ne veut, ne peut s’exalter;
Il est sans sympathie aucune
Pour ce ciel baigné de clarté.

Ô défunte est ma joie, défunte!
Il me tarde d’être en repos
Et que la terre humide couvre
Cette poitrine désolée.

Fussé-je entièrement seule,
Peut-être serait-ee moins sombre :
Une fois tout espoir perdu,
Je n’aurais plus sujet de craindre.

Mais les yeux ravis qui m’entourent
Devront pleurer comme les miens,
Je devrai voir le même orage
Éclipser leur radieux matin.

Si le ciel déversait sur moi
Cette pluie de futurs malheurs
En épargnant leurs tendres âmes,
Je la souffrirais de bon coeur.

Hélas, comme l’éclair dessèche
Tant le vieil arbre que le jeune,
Eux et moi nous devrons subir
Un inéluctable destin.

***

MAY FLOWERS ARE OPENING

May flowers are opening
And leaves opening free;
There are bees in every blossom
And birds on every tree.

The sun is gladly shining,
The stream sings merrily,
And I only am pining
And all is dark to me.

D cold, cold is my heart!
It will not, cannot rise;
It feels no sympathy
With those refulgent skies.

Dead, dead is my joy,
I long to be at rest;
I wish the damp earth covered
This desolate breast.

If I were quite alone,
It might not be so drear,
When all hope was gone,
At least I could not fear.

But the glad eyes around me
Must weep as mine have done,
And I must see the same gloom
Eclipse their morning sun.

If heaven would rain on me
That future storm of care,
So their fond hearts were free
1’d be content to bear.

Alas! as lightning withers
The young and agèd tree,
Both they and 1 shall fall beneath
The fate we cannot flee.

(Emily Brontë)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Gallimard

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Pitié des choses (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



 

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Pitié des choses

La douleur aiguise les sens ;
– Hélas ! ma mignonne est partie ! –
Et dans la nature je sens
Une secrète sympathie.

Je sens que les nids querelleurs
Par égard pour moi se contraignent,
Que je fais de la peine aux fleurs
Et que les étoiles me plaignent.

La fauvette semble en effet
De son chant joyeux avoir honte,
Le lys sait le mal qu’il me fait,
Et l’étoile aussi s’en rend compte.

En eux j’entends, respire et vois
La chère absente, et je regrette
Ses yeux, son haleine et sa voix,
Qui sont astres, lys et fauvette.

(François Coppée)

Illustration: Octavio Ocampo

 

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Raton-Laveur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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Raton-Laveur

Il est bien tard pour faire ta connaissance.
J’ai parlé de toi souvent,
fallait que je te voie en chair et en os !

J’en avais jamais vu, de raton laveur.
Lui, m’avait jamais vu non plus.

C’est un animal composé d’une âme et d’un corps.
Non, c’est moi. Je me suis trompé de définition.
C’est un animal… un animal.
Tandis que moi, je suis un animal supérieur.
C’est pour ça que j’ai l’air de ne lui faire aucun plaisir.
Et je le regrette.

On t’a appelé «raton laveur».
Paraît que tu laves tout ce que tu manges.
C’est des histoires qu’on a racontées sur toi, peut-être.
Et toi tu es là. T’es en cage, en cabane.

Mais je suis venu tout de même pour te dire bonjour.
Je t’avais jamais vu.
Maintenant je te regarde.
Toi, tu ne me regardes pas,
t’as raison, tu t’en fous.

Moi, je suis un humain
— toi, t’es un raton laveur.
Il y a une différence.
De quoi on est faits tous les deux ?

Dis-moi ce que tu penses, raton laveur.
Ce que tu penses des cages, ce que tu penses d’un tas de choses.
Qu’est-ce que tu penses de la guerre du Viêt-nam, raton laveur, toi qui es en cage ?
Qu’est-ce que tu penses de toutes les prisons, hein, toi qu’on a appelé raton laveur ?

Ben, je te salue.
J’ai de la sympathie pour toi.
Je ne t’avais jamais vu, je t’ai vu aujourd’hui, mais j’avais parlé de toi.
À tort et à raison. Tu n’as pas l’air heureux, raton laveur.

Tu cherches la liberté ?
Tu sais ce que c’est, mais t‘as pas de mots pour l’expliquer.
Les hommes l’expliquent, et l’enferment.

(Jacques Prévert)

 

 

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Sympathie (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2016



Sympathie

Abreuvés aux mêmes rivages
Et nourris aux mêmes festins,
Victimes des mêmes breuvages
Nous eûmes les mêmes destins.

Maintenant meurtris seuls et sages
Assis au bord des longs chemins
Nous cherchons les jeunes visages
Qui charmèrent nos beaux matins.

Les pas traînants et lents des heures
Qui hantent le soir nos demeures
Bercent parfois l’atroce ennui;

Et les silences de la nuit
Sur la rumeur des jours enfuis
Tissent un linceul à nos leurres.

(Birago Diop)


Illustration: Gilbert Garcin

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