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Poésie

Posts Tagged ‘symphonie’

Nous sommes d’une source (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



Illustration
    
Nous sommes d’une source
Qu’aucune pluie n’abreuve
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d’une origine
Sans étoiles certaines

Nous sommes d’un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu’un désert

Nous sommes d’une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d’une symphonie
L’instrument et l’archet
Et la main qui relève

Nous sommes d’un silence
Que nul chant nul feuillage
Ne sauraient contenter

Nous sommes d’un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l’Ouvert

Nous sommes d’une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d’une forêt
Dont nous sommes l’aubier
La racine et la cime

Nous sommes d’une mélodie
Que chaque chant d’oiseau
Consent à imiter

Nous sommes des moissons
Le couvert et le pain
La table partagée

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l’on n’arrive jamais

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Élargit nos foyers

Nous sommes d’une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter

Nous sommes pour chacun
L’eau du puits et le seau
La margelle où puiser

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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MÉLODIES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Stefan Blöndal
    
MÉLODIES

Au clavier des jardins je joue des symphonies,
Où le chant du rossignol grisé par la pluie,
A la couleur de ces lointaines et pures folies,
Qui tourbillonnent en grappes et ont le goût des fruits.

Au clavier de la vie j’invente des mélodies,
Où le ciel dévoile son lamento aux aurores,
Aux vagues du silencieux, au marbre de la nuit,
Qui, tel un velours sombre cache aux yeux mille trésors.

Au clavier des étangs je pleure assez souvent,
Quand mes mains engourdies brassant des gerbes folles,
Jouent encore et toujours le leitmotiv du vent,
Et que jaillit de l’aube un rire creux et frivole.

Au clavier de l’amour, passion et frénésie,
Cristal et jade purs d’un merveilleux tableau,
Je m’envole avec toi vers un bleu paradis,
Et j’en oublie mes doigts torturant le piano.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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MUSIQUE (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018




    
MUSIQUE

Dans l’ombre de Moi, Musique,
Tu vis, nichée au creux de ma nostalgie.
Mon ciel était si bleu, Musique,
Et ma mer si limpide, toute en symphonies,

QUE LEUR SOUVENIR EST DEVENU : MUSIQUE

Dans la solitude de Moi, Musique,
Tu vis et tourbillonnes, jour et nuit.
Mon enfance était si belle, Musique,
Et ma mère si tendre, si jolie,

QUE LEUR SOUVENIR EST DEVENU : MUSIQUE

Dans la richesse de Moi, Musique,
Tu vis, jaillis toute en parade.
Le jardin était si fleuri, Musique,
Et son parfum si fou, si en cascade,

QUE LEUR SOUVENIR EST DEVENU : MUSIQUE

Dans l’ombre de Moi, Musique,
Dans la solitude de Moi, Musique,
Dans la richesse de Moi, Musique,
Tu vis et tourbillonnes, toujours fantastique.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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Un poème (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018


 


 

Jeanie Tomanek-escapevelocity

Un poème n’est bien portant que si son dernier mot
est aussi le premier mot de dix poèmes à écrire,
le premier coup de pinceau de cent poèmes à peindre,
la première note de mille symphonies à composer.

(Alain Bosquet)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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SYMPHONIE PASTORALE (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



SYMPHONIE PASTORALE

Aux deux tiers de la hauteur du volet gauche de la fenêtre,
un nid de chants d’oiseaux, une pelote de cris d’oiseaux,
une pelote de pépiements, une glande gargouillante cridoisogène,
Tandis qu’un lamellibranche la barre en travers,
(Le tout enveloppé du floconnement adipeux d’un ciel nuageux)
Et que le borborygme fait le bruit des entrailles,
Le coucou bat régulièrement comme le bruit du cœur dans le lointain.

(Francis Ponge)

 

 

 

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Ensemble (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2018



il n’y a pas de MOT pour ça
ils sont là elles aussi

je suis là avec eux avec elles
et le tout forme un NOUS où chacun est lui-même
et les autres à la fois

copains dit-on c’est beaucoup plus

ensemble
nos rires et nos silences
comme une symphonie
explosent l’hostilité du monde

(Bernard Friot)

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SOIR DU TROPIQUE (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



 


    
SOIR DU TROPIQUE

Gris et triste est le soir.
La mer se pare de lin
et le ciel profond se pare
de chagrin.

De l’abîme ascend
la plainte amère et sonore.
L’onde, quand chante le vent,
s’éplore.

Les violons de la brume
saluent le soleil au coucher.
Psalmodie la blanche écume :
Miserere.

Comme si c’était l’invisible…
comme si c’était le rude son
donné au vent par un terrible
lion.

Des trompettes de l’horizon
s’échappe une symphonie aux rares effets
comme si la voix des monts
vibrait.

Le ciel que l’harmonie inonde
voit emportée par les airs
la chanson triste et profonde
de la mer.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Marco (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Mikhaïl Vroubel
    
Marco

Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d’Amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié ;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l’âme, en pleurant, s’anéantissait.
Sur ses cheveux roux un charme glissait ;
Sa robe rendait d’étranges musiques
Quand Marco passait.

Quand Marco chantait, ses mains, sur l’ivoire
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n’a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l’enthousiasme alors transportait
Vers des cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d’argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.

Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l’éclat des plus belles armes ;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n’avait rien d’humain ;
Pareil au foyer que l’huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l’on aurait
Dit d’une lionne à l’âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.

Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
Et, tel qu’un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc ;
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.

Quand Marco dormait, oh ! quels parfums d’ambre
Et de chair mêlés opprimaient la chambre !
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l’ombre des rideaux
L’haleine montait, rhythmique et légère ;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l’étagère,
Quand Marco dormait.

Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d’une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout :
Le torrent rompait les digues de l’âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.

(Paul Verlaine)

 
Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: Poèmes saturniens
Traduction:
Editions:

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Mon âme est comme un orchestre caché (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



 

orchestre

Mon âme est comme un orchestre caché ;
Je ne sais pas quels instruments
résonnent et jouent en moi,
cordes et harpes,
timbales et tambourins.
Je ne peux me connaître
que comme une symphonie.

(Fernando Pessoa)

Illustration

 

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Le sillage d’un navire (Shô Hayashi)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017


 


OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Le sillage d’un navire,
les vagues, le soleil d’automne…
Grande symphonie

(Shô Hayashi)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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