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Poésie

Posts Tagged ‘tablier’

Tout ce qui était sera (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019




    
Tout ce qui était sera
Même ce coq et ce rat

Qui criaient au petit jour
Dans le piège et dans la cour,

Quoi ? Même l’amour premier
La fillette au tablier

Noire et blanche dans les blés
Un des soirs d’un vieil été ?

Passé toujours dans l’avenir
Présent qui tourne au souvenir,

Enfant, jeune homme sur la plage
Où le vieil homme écrit sa page.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Qui rêve à qui? (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Qui rêve à qui?

Si je dors longtemps à l’ombre
du grand saule droit au bord de l’étang
le rêve de l’arbre entrera dans mon rêve
Mon corps feuillu frémira pour chasser
un pic-vert en train de marteler mon écorce
pendant que je retourne à l’école
en tablier noir afin d’apprendre à lire
et que la maîtresse ressemble à l’infirmière
dont je ne vois que les yeux
derrière le masque bleu
Est-ce le saule qui se rêve écolier dans la classe enfantine?
Est-ce moi qui me fais tronc branches feuilles agitées?
Ou bien la vie vivante qui mélange nos rêves?

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’œuf (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018


oeuf

 

la vieille dame essuie un œuf
avec son tablier d’usage
œuf couleur d’ivoire et lourd
que nul ne lui revendique
puis elle regarde l’automne
par la petite lucarne
et c’est comme un tableau fin
aux dimensions d’une image
rien n’y est
hors de saison
et l’œuf fragile
que dans sa paume elle tient
reste le seul objet neuf.

(Jean Follain)

 

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Une chose naturelle (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




Et à la lecture de mes vers puissent-ils penser
Que je suis une chose, une chose naturelle,
Par exemple, l’arbre ancien
À l’ombre duquel encore enfants
Ils s’asseyaient dans un grand bruit, fatigués de jouer,
Pour y essuyer la sueur de leur front brûlant
Sur la manche de leur tablier à rayures.

(Fernando Pessoa)

Illustration

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LA POMME VERTE (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Christian Otte
    
LA POMME VERTE

Oubliée au jardin
dans la brume
le gel

frileuse elle se clôt
sur le secret de
son parfum.

L’enfant la voit
et la porte
à l’aïeule

qui dans son tablier
mauve la fait
briller

puis sur la maie la
pose près de la
planche à pain.

De son mystère
elle illumine la maison
la pomme verte.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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La ferme (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



La ferme

Le tas de fumier fume dans la cour
Et le purin coule sur les pierres
Jusque sur la route
Les canards s’ébattent dans la mare
Pensive la vache rumine dans l’étable
Le porc me salue d’un grognement
Pendant que le coq parade
Comme un pacha au milieu de son harem

La fille de la fermière passe
Portant des œufs frais dans son tablier
Elle me sourit avec un air coquin.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Alfred Roll

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Ma Mère (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Ma Mère

Je la vois, tenant son bol à deux mains.
Le soir tombait, c’était dimanche.
Elle souriait en silence,
Assise un peu dans la pénombre.

Elle apportait, de chez Son Excellence,
Une assiettée, tout son dîner.
Nous nous couchions et je songeais
Qu’eux en mangeaient une marmite.

C’était ma mère, mince et bientôt morte,
Car les laveuses meurent jeunes.
Leur corps tremble sous les fardeaux,
Le repassage use la tête.

La vapeur semble un nuage apaisant
Sur le linge sale en montagnes.
Pour ce qui est de changer d’air
Les laveuses ont le grenier.

Je la vois finir, le fer à la main.
Sa taille, toujours plus fragile,
A été brisée par le capital.
Pensez-y bien, ô prolétaires!

Courbée par sa tâche, elle était pourtant
Une jeune femme et je l’ignorais.
En rêve, elle avait un tablier propre,
Parfois, le facteur lui disait bonjour.

(Attila Jozsef)


Illustration: Edgar Degas

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La valise (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018


Hilaire est à la foire.
Il pense à sa femme
qui garde la ferme.
Alors il achète un cadeau.
Une valise blanche
garnie de linge fin.
Il rentre tôt.
Il pose le présent sur la table.
Sa jeune femme est médusée.
Jamais elle n’a vu de valise blanche.
Elle a une idée.
Vite elle dénoue son tablier,
elle met son manteau
et prend la valise.
Elle se regarde
dans le grand miroir,
elle est élégante,
elle marche,
elle arrive à la ville,
elle monte dans le train pour Paris.
Paris, Hilaire!
Le paysan se tait.
Il attend patiemment
qu’elle revienne.
C’est son premier voyage.

(Georges-L. Godeau)

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SOIR DE VILLAGE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Illustration: Igor Marceau
    
SOIR DE VILLAGE

Des vieux ont bu
la jeunesse reste près d’eux
sous l’arbre tous attendent
chaque veine en place
ils regardent
personne ne pense
l’odeur de seringa triomphe
et la moins pourvue
se sent femme par la poitrine.
Le tablier de cuir
du maréchal est suspendu
il va chanter
d’anciens couplets
à mots d’amour et de vengeance.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je partis Tôt – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Je partis Tôt – Pris mon Chien –
Rendis visite à la Mer –
Les Sirènes du Sous-sol
Montèrent pour me voir –

Et les Frégates – à l’Étage
Tendirent des Mains de Chanvre –
Me prenant pour une Souris –
Échouée – sur les Sables –

Mais nul Homme ne Me héla – et le Flot
Dépassa ma Chaussure –
Puis mon Tablier – et ma Ceinture
Puis mon Corsage – aussi –

Il menaçait de m’avaler toute –
Comme la Rosée
Sur le Gilet d’un Pissenlit –
Alors – je courus moi aussi –

Et Lui – Il me serrait – de près –
Je sentis sur ma Cheville
Son Talon d’Argent – Mes Souliers allaient
Déborder de Perles –

Enfin ce fut la Cité Ferme –
Nul, semblait-il, qu’Il connût là –
Et m’adressant un Impérieux – salut –
L’Océan se retira –

***
I started Early – Took my Dog-
And visited the Sea –
The Mermaids in the Basement
Came out to look at me –

And Frigates – in the Upper Floor
Extended Hempen Hands –
Presuming Me to be a Mouse –
Aground – opon the Sands –

But no Man moved Me – till the Tide
Went past my simple Shoe –
And past my Apron – and my Belt
And past my Boddice – too –

And made as He would eat me up –
As wholly as a Dew
Opon a Dandelion’s Sleeve –
And then – I started – too –

And He – He followed – close behind
felt His His Silver Heel
Opon my Ancle – Then My Shoes
Would overflow with Pearl –

Until We met the Solid Town —
No One He seemed to know —
And bowing – with a Mighty look —
At me – The Sea withdrew –

(Emily Dickinson)


Illustration

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