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Poésie

Posts Tagged ‘taille’

La vieille (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



La vieille aux souliers de paille
Hisse un fagot sur ses reins
Et dans une ombre à sa taille
Porte la lune à la main

(Joë Bousquet)


Illustration

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Enfance, obéissante enfance (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Enfance, obéissante enfance,
Jamais je ne retrouverai
Le poids trébuchant des larmes
Taillées dans la substance noire
De la vieillissante mémoire.

Le plus vieux pays de soleil,
Ces fables, ces clefs, ces jardins,
Les bruits timides des chemins,
Tous ces trésors, je te les donne.

(Albert Ayguesparse)

 

 

 

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Vérité du coeur (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018


 

Vérité du coeur : des gouffres
Taillés par le poids de la douleur
Émerge aveugle,
Tourmentée par le soleil, en pleurs,
La forme monstrueuse de l’amour.

***

Heart’s truth: from shelving depths
Shaped by the weight of sorrow where it broods,
Sightless surfaces,
Tormented by the sun,
Love’s monster weeping form.

(Kathleen Raine)

Illustration: Eugène Médard

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Les bijoux (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



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Les bijoux

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !

(Charles Baudelaire)

Illustration

 

 

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Relier (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



Manier l’outil et les mots
Tendre le filet des lignes
Encocher les paroles
Ajuster l’image

Elargir le sens
Fouiller la taille
Affranchir ou retenir
Perdre de vue ou cibler

Enfin accoster l’autre
Relier

(Andrée Chedid)


Illustration: Vladimir Kush

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L’unité ou la déchirure (Françoise Hàn)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



L’unité ou la déchirure

Depuis qu’ils ne comprennent
plus le langage des bêtes
il leur faut articuler
des mots sur la pierre
taillée
sur la cassure
d’avec les éléments
sur la blessure

des mots qui contiennent
assez de terre et d’eau
d’air et de feu
interstitiels
pour refaire un monde

articulé sur la faille
que ne combleront jamais
les sédiments
les forêts ensevelies
les civilisations

un monde seulement humain
exclu de la résonance
première
mais rempli d’images de lueurs
qui bougent sur la paroi

parfois elle vacille

(Françoise Hàn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Franck Gervaise

 

 

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Je t’ai faite à la taille de ma solitude (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018


Je n’ai envie que de t’aimer
Un orage emplit la vallée
Un poisson la rivière

Je t’ai faite à la taille de ma solitude
Le monde entier pour se cacher
Des jours et des nuits pour se comprendre

Pour ne plus rien voir dans tes yeux
Que ce que je pense de toi
Et d’un monde à ton image

Et des jours et des nuits réglés par tes paupières.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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Mais toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



 

Jean Delville 0070

Mais toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout
tu es le mendiant qui se cache la face;
tu es la grande lumière de la pauvreté
auprès de qui l’or semble terne.
Tu es en exil, tu n’as pas de patrie
aucune place ici-bas n’est la tienne.
Ta taille nous écrase, tu es trop grand pour nous.
Tu hurles dans le vent,
tu es comme une harpe que briserait
toute main qui touche ses cordes.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Jean Delville

 

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PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
PRENEZ GARDE A LA JOLIE ANNE

illustres galants, je vous donne un bon conseil,

Prenez garde à la jolie Anne ;
Sa figure avenante est si pleine de grâce,

Qu’elle vous attrapera le cœur.
Son œil si brillant est comme les étoiles dans la nuit ,

Sa peau est comme le cygne ;
Sa taille élégante est si mince dans son corsage,

Qu’aisément elle tiendrait dans vos deux mains.

La jeunesse, la grâce et l’amour marchent à sa suite,

Et le plaisir mène l’avant-garde ;
Dans tous leurs charmes, et sous leurs larmes victorieuses,

ils accompagnent la jolie Anne.
Les liens du captif peuvent enchaîner les mains ,

Mais l’amour asservit l’homme ;
Beaux galants, je vous avertis tous ,

Prenez garde à la jolie Anne.

[…]

Quel homme ne doit céder à la beauté

Dans son armure d’oeillades, et de rougeurs, et de soupirs

Et quand l’esprit et l’élégance ont poli ses dards,

Ils éblouissent nos yeux, en volant à nos cœurs

Mais la bienveillance , la douce bienveillance dans l’œil étincelant
A un éclat qui pour moi surpasse le diamant ; [de tendresse,]

Et le cœur palpitant d’amour, quand elle me serre dans ses bras,
Oh ! Voilà les charmes irrésistibles de ma chère belle !

(Robert Burns)

 

 

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Tes pieds (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Tes pieds

Quand je ne peux regarder ton visage
je regarde tes pieds.
Tes pieds. Leur os cambré.
Tes deux petits pieds durs.

Je sais bien qu’ils te portent
et que sur eux se dresse
le doux poids de ton corps.

Et ta taille et tes seins,
le pourpre jumelé
de leurs pointes dressées
et l’écrin de tes yeux
envolés depuis peu,
le grand fruit de ta bouche,
ta rousse chevelure,
petite et mienne tour.

Mais je n’aime tes pieds
que pour avoir marché
sur la terre et aussi
sur le vent et sur l’eau
jusqu’à me rencontrer.

(Pablo Neruda)


Illustration

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