Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘taillis’

SONNET A MADAME S. DE F. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

Cayetano de Arquer 0_n

SONNET A MADAME S. DE F.

A travers la forêt des spontanéités.
Écartant les taillis, courant par les clairières.
Et cherchant dans l’émoi des soifs aventurières
L’oubli des paradis pour un instant quittés,

Inquiète, cheveux flottants, yeux agités,
Vous allez et cueillez des plantes singulières,
Pour parfumer l’air fade et pour cacher les pierres
De la prison terrestre où nous sommes jetés.

Et puis, quand vous avez groupé les fleurs coupées.
Vous vous ressouvenez de l’idéal lointain.
Et leur éclat, devant ce souvenir, s’éteint.

Alors l’ennui vous prend.
Vos mains inoccupées
Brisent les pâles fleurs et les jettent au vent.
Et vous recommencez ainsi, le jour suivant.

(Charles Cros)

Illustration: Cayetano de Arquer

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

QUI PARLE ? (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018



Illustration: Frederick McCubbin
    
QUI PARLE ?

Qui parle ?
Voix venue de quelle enfance au fond de l’enfance
(tel un jardin abandonné tout au fond des taillis noirs où nul
jamais ne se hasarde).
Quel est ce récit où l’oubli, le mensonge et les paroles folles
se mêlent selon l’ennui, la chance ou le regret ?

Où commence ce qui fut, où s’achève ce qui jamais n’advint ?
La vérité pourtant, la vérité peut-être,
éclat furtif, parfois,
promesse ou défi.

Qui murmurait ? qui écoute ?
Cortège de souvenirs, fables dans le futur,
silence toujours trop vide ou trop lourd,
jadis et demain échangent leurs couleurs.

Du sang, des mots, du temps :
énigme
familière, décevante, et sacrée.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si seulement (Bronisława Ostrowska)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



 

Molène  Verbascum_virgatum

 

Si seulement elle pouvait pousser, comme
Les buissons d’aubépine, dans l’or du soleil,
Ou bien fleurir comme une pâquerette,
Au milieu des champs déserts et vides.

Si seulement elle pouvait, comme l’arbre au tronc blanc,
Le bouleau, disperser ses feuilles à terre,
Ou bien se colorer de rouge, et pousser comme les viornes,
Dans les taillis enchevêtrés de la forêt.

Si seulement elle pouvait, comme la molène à fleurs d’or,
Être la caresse du soleil, ou bien si seulement,
Si seulement elle pouvait fleurir comme la nielle des blés,
Et pousser à l’air libre, dans un champ nu.

(Bronisława Ostrowska)

Découvert ici : poetespolonais

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Les feuilles, les taillis (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018



Illustration    
    
Les feuilles, les taillis
N’ont pas besoin de vous, oiseaux,
A crier tant,

Pour apprécier le goût du ciel
Au petit jour.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Coin de rue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


 


 

-Coin-de-rue [1280x768]

Coin de rue

J’ me souviens d´un coin de rue
Aujourd´hui disparu
Mon enfance jouait par là
Je me souviens de cela
Il y avait une palissade
Un taillis d´embuscades
Les voyous de mon quartier
V’naient s´y batailler

A présent, il y a un café,
Un comptoir flambant qui fait d’ l´effet
Une fleuriste qui vend ses fleurs aux amants
Et même aux enterrements

Je revois mon coin de rue
Aujourd´hui disparu
Je me souviens d´un triste soir
Où le cœur sans espoir
Je pleurais en attendant
Un amour de quinze ans
Un amour qui fut perdu
Juste à ce coin de rue

Et depuis, j´ai beaucoup voyagé
Trop souvent en pays étrangers
Mondes neufs, constructions ou démolitions
Vous m’ donnez des visions

Je crois voir mon coin de rue
Et soudain apparus
Je retrouve ma palissade
Mes copains, mes glissades
Mon muguet d’deux sous d’printemps
Mes quinze ans… mes vingt ans
Tout c’ qui fut et qui n´est plus
Tout mon vieux coin de rue.

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Cette étroite cachette (Tshanyang Gyatsho)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Cette étroite cachette sous un taillis de saules
où nous sommes dit trois mots doux,
personne, sinon la grive musicienne,
ne la saura jamais !

(Tshanyang Gyatsho)


Illustration: Fabienne Contat

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 1 Comment »

Autrefois autrefois (Edouard Glissant)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration
    
Autrefois autrefois
Ah! mémoire rocailleuse insurge-toi en taillis.
Chaque buisson de mémoire cache un tireur.

Sur nos têtes le battement du moulin
Dans nos nuits toussent les boucans
L’homme a beau faire le cri prend racines.

(Edouard Glissant)

 

Recueil: Le sel noir
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Aquarelle… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


 


 

ruines [1280x768]

Aquarelle…

Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine,
Qui, triomphant du temps, de la foudre et de l’eau,
D’un long passé restaient une preuve certaine.
Leurs débris maintenant détournent le ruisseau…
Monuments de tristesse et de guerre et de haine.
Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine…

L’oiseau ne chante plus à l’ombre du rameau,
Le cerf ne vient plus boire à la fraîche fontaine,
Le lièvre a déserté le sinueux réseau
Des taillis épineux dont il fit son domaine…
Les soldats ont brûlé la ferme et le château,
Abattu le donjon, la ruine romaine…

(Robert Desnos)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sous les saules (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

oiseau de feu [1280x768]

Sous les saules

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes
Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier
que les martes et les loutres sont des jamais connues
l’étrange oiseau qui tord ses ailes et s’illumine
Un feu de Bengale inattendu a charmé ta parole
Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour
Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain
étire ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre
A la date voulue tout arrivera en transparence
plus fameux que la volière où les plumes se dispersent
Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde avec des
pendus en ses racines profondes vers la terre
c’est ce jour que je choisis
Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage
de flamme et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par
le feu des mortes giroflées
Dans le taillis je t’ai cachée dans le taillis qui se proclame roi des plaines.

(Robert Desnos)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: François Boucher    
    
À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
AU BRUIT DES SOURCES, SOUS LE CIEL,
RÊVANT AU RYTHME PLANÉTAIRE,
ON PLONGE, GISANT, DANS LA TERRE
ET SI JAMAIS RÊVE AU RÉEL
RÉVÉLA SECRET OU MYSTÈRE
C’EST EN DORMANT AU BRUIT DES EAUX
ET DU VENT FERMANT SES CISEAUX.

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
SUR LA TERRE, DANS QUEL FOUILLIS,
TERRIENS, SOMBREZ-VOUS ? LA FOUGÈRE
S’ÉCROULE EN PANIERS DE LINGÈRE
DANS UNE ARMOIRE DE TAILLIS
BRODÉS DE SOIE OÙ S’EXAGÈRE
LA LUMIÈRE, HORS DU MANTEAU,
DE TA CHAIR, NYMPHE CALIXTO.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :