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Poésie

Posts Tagged ‘tain’

FACÉTIE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018




FACÉTIE

La glace où je me regarde ? et quel est ce personnage ?
Il escamote mes jambes, mes bras.

Faut-il en rire ?

Il ôte maintenant mes cheveux. Ma tête s’isole.

Qu’est-ce que cette facétie ? Moi qui ne suis plus moi !

Un ongle long et strié est venu gratter le tain du miroir.
La blanche poudre dessine un profil.

Figure de rien !

(Jules Tordjman)

Illustration

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FIGURES DE WIDMANSTATTEN (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



FIGURES DE WIDMANSTATTEN

Du plus profond du ciel sur le froid de ton fer,
météore (mémoire du zénith, moire éraflée du
temps)
tu dis ces griffes d’ange, ces paraphes d’espace,
ces trajets d’astres entés sur le tain du zodiaque.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

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La sieste (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



 

Ernest Biéler , Les Feuilles mortes (detail) 1899 [1280x768]

La sieste

Cent mille années dans mon sommeil d’après-midi
Ont duré moins longtemps qu’une exacte seconde.
Je reparais du fond d’un rêve incontredit
Dans la réalité de ma chair et du monde.

Je retrouve en ma bouche une ancienne saveur
Et des noms de jadis et des baisers si tendres
Que je ne sais plus qui je suis ni si mon coeur
Bat dans le sûr présent ou le passé de cendres.

Éclatez! Ô volcans! du fond des souvenirs,
Noyez sous votre lave un esprit qui se lasse,
Brûlez les vieux billets et puissiez-vous ternir
À jamais le miroir dont le tain mord la glace.

(Robert Desnos)

Illustration: Ernest Biéler

 

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2017



La main touche une jupe

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin,

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

 

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Quelqu’un (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



Quelqu’un

De l’autre côté du miroir
Quelqu’un nous épie
Quelqu’un compte nos fils d’argent
un à un.
Quelqu’un regarde se serrer
l’épervier des rides
Quelqu’un nous garde
Quelqu’un nous emporte
Quelqu’un ouvre et ferme des portes
à l’envers.
Quelqu’un nous oublie
Quelqu’un vend de l’espoir
Quelqu’un au visage vert
ou gris
de l’autre côté du miroir
sur le tain de la nuit.
Quelqu’un quelqu’un quelqu’un mais qui ?

(Armand Lanoux)


Illustration

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TERRE (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2017



TERRE

Nous marchons
sur un miroir
sans tain,
sur une glace
sans nuages.
Si les iris naissaient
à l’envers,
si les roses naissaient
à l’envers,
si toutes les racines
regardaient les étoiles,
et si le mort ne fermait pas
les yeux,
nous serions comme des cygnes.

(Federico García Lorca)

Illustration: Patricia Blondel

 

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FEU L’ÉTÉ (Gaston Puel)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



FEU L’ÉTÉ

Atre chaud des amants quand les serments y brûlent,
Bouche où germe la langue d’un autre que je suis,
Bouche qui m’attendra d’aussi loin que je vienne,
Et que j’habiterais, l’instant de naître, si j’étais…

Bouche close. Le soir a dressé ses murailles,
La plaie de ton visage, lézarde de mon être,
C’est le château de nuit que ton cri démantèle,
C’est la dalle abattue sur celui que je fus.

Ciseaux du froid, ouvrez la bouche qui s’est tue,
Qu’elle crache l’horreur du baiser qui la scelle,
Qu’elle parle à nouveau, qu’elle boive la neige !
Voici les jours sans tain et les miroirs fanés.

(Gaston Puel)

Illustration: Man Ray

 

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Retouche à l’avenir (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2015


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tu souris de mes larmes
mémoire
derrière ton miroir sans tain

(Daniel Boulanger)

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