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Posts Tagged ‘talus’

le chat l’unique élu (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019



    

le chat l’unique élu
du dieu de l’immanence
on le trouve assis
sur le manuscrit perdu

il le quitte la nuit
pour nourrir sa mémoire
en flânant dans les rues
il est maître du temps

il explore les lieux
qui sont toujours nouveaux
et l’herbe des talus
que défroisse la lune

(Jean-Claude Pirotte)

 

Recueil: Autres séjours
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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MATIN (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



MATIN

Ce matin l’herbe est noire et nue
Le vent s’allume, s’éteint
L’air s’ouvre à la pluie d’étain
Les pierres, la terre s’habituent

Ce matin le talus jaunit
Les corbeaux luisent sur le pré
L’agneau saigne à la boucherie
La terre s’y fait

Ce matin la neige est tombée
Le troupeau tousse dans la buée
Un triste coq crie au vent blanc
La terre s’y tait comme avant

Matin de cendre et de bitume
Le gel a mordu dans nos plaies
Des larmes coulent dans la haie
La grasse terre s’accoutume

Matin de ciel et de jais
Si le soleil revenait
L’air a son odeur nocturne
L’aube rougeoie derrière l’averse
La lumière est une herse
Entre maintenant et jamais
Un merle rit du chant qu’il tresse
La terre s’y fait

(Jacques Chessex)

 

 

 

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La musique est une maison de verre (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018



 

Tom Fruin   maison de verre-4

La musique est une maison de verre posée sur un talus
où les pierres volent, les pierres roulent.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Tom Fruin

 

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LES GAS ET LES FILLES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Paul Rubens 
    
LES GAS ET LES FILLES

En leurs cotillons de futaine
Qui flottent et claquent au vent,
Les filles s’en vont, en rêvant,
Laver le linge à la fontaine…
Et, sous les couchants au front d’or,
Les gâs, en chantant leur romance,
Jettent le grain de la semence
Au sein de la glèbe qui dort.

De quoi rêvent les filles ?
— Des gâs !
Et que chantent les gâs ?
— Les filles!

Timides, sous leurs coiffes blanches,
Et prises de vagues espoirs,
Les filles aux lourds chignons noirs
S’en vont danser, les beaux dimanches ;
Et les gâs, entendant gémir
La viole aux voix caressantes,
Au plus profond de leur chair sentent
L’énervant frisson du désir.

Que souhaitent les filles ?
— Les gâs !
Et que veulent les gâs ?
— Les filles !

Les soirs, parmi les landes pleines
De l’encens fauve des genêts,
Les filles jettent leurs bonnets
Par dessus les moulins des plaines.
Et les gâs, en l’ombre des bois
Où tremblotte la lune rose,
S’en vont cueillir la fleur éclose
Qui ne se cueille qu’une fois.

Qui fait fauter les filles ?
— Les gâs !
Et qui pousse les gâs ?
— Les filles !

Par les prés où dorment les songes
Les filles vont à pas dolents,
Portant l’Ennui dans leurs seins blancs
Et sur leurs lèvres des Mensonges ;
Et les gâs vont suivant leur cœur
Qui, dans sa course vagabonde
Leur fait faire, avec brune ou blonde,
Les étapes de la douleur.

Qui délaisse les filles ?
— Les gâs !
Et qui trompe les gâs ?
— Les filles !

Les filles vont ; traînant leurs peines,
Le front morne et les yeux rougis,
Au bas des calvaires où gît
L’amant divin des Madeleines ;
Et les gâs, qui ne veulent plus
De l’amour retenter l’épreuve,
S’en vont se jeter dans le fleuve,
Ou s’étrangler sur les talus…

Qui fait pleurer les filles ?
— Les gâs !
Et trépasser les gâs ?
— Les filles !…

(Gaston Couté)

 

 

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Le chant du départ (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
Le chant du départ

Le vent court sur les talus
de peur de salir les rues
avec ses prémonitions.

Le vent connaît tout d’avance,
la tristesse et les douleurs,
la guerre et les pénuries.

Et ces lettres déchirantes
laissées contre un mur de ferme
le jour du dernier assaut.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les vasistas
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA PIE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Marion Rose
    
LA PIE

L’ombre des frondaisons sur les prés bouge.
Le foin reste accroché aux haies par touffes.
Un églantier sur le talus s’étale.
La brise emporte en passant ses pétales.

La vapeur pâle erre au fond de l’azur.
Le soleil jette aux chemins ses dorures.
Un portail s’ouvre au passant sous un saule.
Le courant d’air va d’une arcade à l’autre.

Ainsi la pie d’arbre en arbre au verger,
ainsi la vie d’heure en heure, au juger.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Plus ouverts que le chêne (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Illustration
    
Plus ouverts que le chêne
Ouvert sur le talus,

Écoutant s’espacer,
Comme une eau dans la grotte,

Les mots qu’il faut garder
Pour se refaire un mur.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Terraqué suivi de Exécutoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les coquelicots (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Illustration
    

Les coquelicots font
de tout l’air un talus léger
et de toute la légèreté
une terre de feu

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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CHANSON DU VAGABOND (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



 

vagabond  _p

CHANSON DU VAGABOND
HYÓHAKUSHA NO UTA

Le jour est monté sur le talus
Et la tristesse rôde sous le pont.
Jusqu’au ciel infini
Les rails s’étirent, et derrière les barrières
Une ombre solitaire erre.

Oh, toi, le vagabond!
Tu viens du passé, et passes l’avenir,
Et poursuis une nostalgie éternelle.
Pourquoi vacilles-tu,
Marche triste des aiguilles du temps?
Comme on tue un serpent avec une pierre
Brise donc ce cercle de renaissance
Et foule et coupe cette lâche désolation.

Ah, plus solitaire que le diable
Tu as supporté l’hiver des frimas!
Sans jamais rien croire
Tu as connu l’exaspération de croire.
Sans jamais le nier
Tu as accusé ton désir.
Aussi pourquoi épuisé de tristesse
Rentrerais-tu là où tendrement enlacé t’embrasserait quelqu’un?
Jamais tu n’as rien aimé
Et on ne doit jamais t’aimer.

Oh, toi, désolation,
Tu montes la côte d’un morne couchant
Et vas errant sur un talus sans volonté
Mais nulle part il ne doit y avoir de pays.
Pour toi, il ne doit y avoir de pays!

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration: Théophile Alexandre Steinlen

 

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Tu avances toujours la tête pleine de rêves (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2018



Tu avances toujours la tête pleine de rêves
L’haleine du soleil efface les fantômes
Mais quand l’air n’aura plus son goût d’air
Quand la terre n’aura plus son poids de terre
Quand l’encre ni le sang ni les larmes
Ne laisseront de trace sur tes mains
Quand ton coeur immobile au fond de ta poitrine
Sera devenu une fleur transparente
Quand il n’y aura plus d’aurore ni de nuit
De jour ni d’étoile de ciel ni de champs
Quand l’hiver et l’été cesseront d’exister
Et de couvrir la terre de neige et de blé
Quand le temps roulera comme une armure vide
Sur le talus aveugle de l’espace
Tu sauras ce qu’on voit du côté de la mort.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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